
Face à la montée des maladies cancéreuses en RD-Congo, la docteure Kessy Ndungi a lancé un appel fort à la prévention et au dépistage précoce, le 30 mars 2026, lors d’une conférence tenue à la Paroisse protestante de l’Université de Kinshasa -PPUKIN. Devant un public majoritairement jeune, la conférencière a centré son intervention sur un message clair: mieux comprendre pour mieux prévenir. Au cœur des échanges, le cancer du sein et les affections de la prostate, deux pathologies encore entourées de tabous dans la société RD-congolaise.
Dans une approche pédagogique, Kessy Ndungi a passé en revue les principaux facteurs favorisant le cancer du sein, notamment la puberté précoce, la ménopause tardive, l’obésité, les grossesses tardives, l’absence d’allaitement prolongé, l’hérédité, ainsi que le tabagisme et l’alcoolisme. Elle a également insisté sur les signes d’alerte: modification de la peau, déformation du mamelon ou encore écoulements inhabituels.
Chez l’homme, la prostatite et les troubles de la prostate se manifestent généralement par des douleurs pelviennes ou lombaires, des brûlures urinaires et des envies fréquentes d’uriner. Pour la spécialiste, un diagnostic précoce reste l’arme la plus efficace. «Le dépistage permet d’identifier la maladie à un stade où elle peut être prise en charge efficacement», a-t-elle martelé. Elle a ainsi encouragé les jeunes à adopter des réflexes simples, notamment la pratique de l’autopalpation dès l’âge adulte, tout en rappelant que celle-ci ne remplace pas les examens médicaux réguliers.
Briser les tabous pour sauver des vies
Au-delà de l’aspect médical, la docteure Ndungi a pointé un obstacle majeur: le silence. «En République démocratique du Congo, le plus grand frein à la guérison reste le poids des tabous», a-t-elle déploré. Et d’ajouter: «le secret est un poison qui tue en silence».
Dans un message direct, elle a interpellé les femmes et les hommes. Aux femmes, elle rappelle que l’autopalpation est «un acte d’amour». Aux hommes, elle souligne que le dépistage, dès 45 ans, est «une preuve de responsabilité, et non une atteinte à la virilité».
Médecin, auteure de «Everything Hidden» et cheffe d’entreprise, Kessy Ndungi s’impose progressivement comme une figure engagée dans la lutte contre les maladies silencieuses. Son credo: faire de l’information et du dépistage précoce les premiers remparts contre des pathologies encore trop souvent diagnostiquées tardivement. «Choisir de savoir, c’est choisir de vivre», a-t-elle conclu.
Deborah MATEYI
