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400 minibus «Esprit de Vie» abandonnés au port de Matadi

Dans un nouveau rebondissement troublant, le programme gouvernemental «Esprit de Vie» animé initialement par un souffle d’optimisme en 2014 pour transformer le paysage du transport urbain à Kinshasa, semble aujourd’hui au bord du naufrage. Un impressionnant lot de 400 bus, censés moderniser la mobilité de la capitale, moisit depuis des années au port de Matadi, piégé par des complications de dédouanement ainsi que le non paiement des frais d’entreposage et de manutention. 

Les retards dans le paiement de la facture de dédouanement mêlent un parfum de désillusion à cette initiative autrefois prometteuse. Selon des sources bien informées, un opérateur privé de Kinshasa avec des sièges à Barumbu et à Limete a été désigné pour faire aboutir ce dossier. Malheureusement, ce dernier s’est confronté à un problème de financement, laissant ces bus à l’ombre du port.  Les dernières rumeurs laissent entrevoir un regain d’intérêt du gouvernement Bumba, qui envisage de réaffecter ces véhicules au sein de la régie de transport de Kinshasa -RETRANSKIN.

Cependant, la réponse du ministère national des Transports a été claire: le dossier est pour le moment mis de côté. Ce nouvel embêtement ne fait qu’accroître les inquiétudes autour du programme «Esprit de Vie».  Conçu pour éradiquer les flottes de vieux bus défectueux, ce projet s’est transformé en un échec retentissant. Une étude révèle avec amertume que la majorité des transporteurs privés bénéficiaires des «mini-bus à crédit» ont disparu, engloutis par l’insolvabilité.

«Sur les 649 entreprises censées profiter de cette initiative, une seule a réussi à honorer ses engagements… plus d’une décennie après le lancement», ont récemment dénoncé les gestionnaires du projet. Face à ce scénario catastrophique, les responsables envisagent désormais des mesures de recouvrement pour ces véhicules. Mais la question demeure: ces bus, souvent égarés ou usés, seront-ils encore en état d’être sauvés?

En somme, le projet «Esprit de Vie» traverse une tempête sans précédent, et l’horizon semble sombre pour un avenir où le transport urbain à Kinshasa pourrait enfin respirer la modernité.  Le ministère national des Transports a organisé des ateliers en 2023 pour réviser les contrats et relancer le programme, en améliorant les mécanismes de recouvrement et en envisageant son extension. Rien n’y a fait jusqu’à maintenant. Une route semée d’embûches s’annonce encore avant que ce programme ne trouve un second souffle.

Natine K.

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