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Les travailleurs de LAC-Sarl prêts à en découdre avec le comité de liquidation

Le gouvernement Matata a usé de la manière forte et recouru à des méthodes propres à la liquidation judiciaire pour étouffer la première compagnie aérienne nationale de la RD-Congo. Et pourtant, les signaux en trompe-l’œil envoyés au départ laissaient croire à une liquidation à l’amiable. L’Exécutif a montré son incapacité et son refus de prendre en amont les dispositions légales et règlementaires exigées en cette matière pour honorer toutes les dettes, et prioritairement les créances des travailleurs en leur qualité de créanciers privilégiés. Or, ces derniers se battent d’abord contre l’illégalité de la dissolution de leur compagnie par ceux-là mêmes qui sont censés prêcher par l’exemple à travers le strict respect des lois nationales, traités et accords internationaux ratifiés par la RD-Congo. Tout est là.
Lorsqu’en août 2011, Chérubin Okende Senga a posé les jalons du plan Marshall devant extraire le «Léopard volant» des zones de fortes turbulences dans lesquelles le maintiennent à dessein plusieurs décideurs tapis dans l’ombre, de sérieux passages ont été défrichés pour faire le lit de la relance durable et définitive de LAC. Et tous les espoirs étaient alors permis. Les négociations sociales réunissant autour du tapis vert l’employeur, la délégation syndicale nationale, l’intersyndicale et le gouvernement -ministères du Portefeuille, des Transports et Voies de communication, de l’Emploi, Travail et Prévoyance sociale- ont balisé la voie de la stabilisation et de la relance à travers la signature d’un protocole d’accord auquel tous les travailleurs ont spontanément adhéré.
Résolution de l’épineuse question de la dette sociale
La grande victoire de ce protocole d’accord réside dans la résolution de l’épineuse question de la dette sociale qui plombait l’entreprise. Pour rendre la première compagnie aérienne nationale de la RD-Congo attractive aux investisseurs potentiels et aux partenaires crédibles qui pullulent dans le secteur et qui ont manifesté leurs diligences à l’accompagner dans cette phase cruciale de l’arrêt de l’hémorragie, de la stabilisation et de la relance effective, les agents et cadres de LAC ont accepté une décote de 85% de leurs arriérés de salaires évalués à près d’USD 120 millions. La condition majeure et primordiale de l’effacement de cette ardoise salée a toujours été la relance du «Léopard volant». Ceci constitue une exception de taille à nulle autre pareille dans le monde du travail tant en RD-Congo que sous d’autres cieux. D’ailleurs, le Comité de pilotage de la réforme des entreprises du Portefeuille, COPIREP ravi par l’issue heureuse de cette crise lancinante, s’apprêtait à prescrire la même cure aux autres entreprises publiques. La mise en œuvre de ce protocole Okende a commencé par induire des effets positifs significatifs avec l’acquittement de 10% des 15% résiduels des arriérés du personnel décotés. D’autres actions de grande envergure ont été enclenchées, augurant des lendemains enchanteurs. C’est à ce moment que l’Exécutif des surdoués est monté sur ses grands chevaux pour donner un grand coup de frein à cet élan avec des injonctions irrationnelles, des interventions intempestives et cette volonté de nuire aux antipodes de la vision managériale des dirigeants aux commandes de LAC.
Mise à l’écart sans ménagement des mandataires nommés par décret présidentiel par une simple lettre ministérielle
Comme ils apparaissaient tels des obstacles insurmontables à la concrétisation des agendas cachés de certains membres du gouvernement des surdoués, Benjamin Bangala Basila, Paul Kyambale kya Muhandiru, Chérubin Okende Senga et Vincent de Paul Kibwe Kasongo nommés pourtant par décret présidentiel, ont été relevés de leurs fonctions sans ménagement par une simple lettre administrative ministérielle. Aujourd’hui, leurs noms restent suspendus sur toutes les lèvres des travailleurs de LAC-Sarl avec un goût amer de leur départ. Tous les observateurs avisés répètent en chœur que l’application sans faille de la feuille de route de cette gestion aurait réglé toutes les questions pendantes endéans les trois ans. Certains fils-maison qui ont pris la relève, se sont comportés comme des Brutus. Notamment les adeptes du monde astral accrochés aux sacrifices de tout genre et pour lesquels la vie des travailleurs de LAC-Sarl n’a aucune valeur significative. La voie ainsi dégagée avec la présence des affidés, la hiérarchie a eu les coudées franches pour exécuter son plan machiavélique de dissolution illégale et liquidation subséquente de l’entreprise. Les travailleurs de LAC-Sarl chassés comme de vulgaires malfrats par une escouade de policiers armés jusqu’aux dents, n’ont jamais accepté que leurs droits fondamentaux et socioéconomiques soient bafoués de la sorte. Avec le concours de leur avocat conseil, le bâtonnier national Me Mbu ne Letang, les agents et cadres de LAC-Sarl ont saisi les instances judiciaires ainsi que toutes les institutions du pays sur l’illégalité de la dissolution de leur compagnie, et partant de tous les actes qui en découlent. Cette action citoyenne est tombée à point, mettant à nu toutes les facettes de ce vaste complot.
12 septembre 2016, expiration du mandat du comité illégal de liquidation
L’Exécutif a usé de la manière forte en choisissant les méthodes propres à la liquidation judiciaire pour tordre le cou au «Léopard volant». Et pourtant, les signaux en trompe-l’œil donnés au départ laissaient croire à une liquidation à l’amiable. Le gouvernement Matata a montré son incapacité et son refus de prendre en amont les dispositions légales et réglementaires exigées en la matière pour honorer toutes les dettes, et prioritairement les créances des travailleurs en leur qualité de créanciers privilégiés. Or, le combat de ces derniers porte avant tout sur l’illégalité de la dissolution et la liquidation de leur entreprise et tous les actes subséquents. Tout est là. Le comité de liquidation de LAC-Sarl mis en place en violation de la loi, se trouve au crépuscule de son mandat de douze mois renouvelable une seule fois. Son mandat expire le 12 septembre 2016 sans qu’il ne soit parvenu à atteindre les sinistres objectifs lui assignés. Mme le ministre du Portefeuille qui s’est longtemps battu pour préserver cette entreprise des appétits gloutons des fossoyeurs de tout bord, attend stoïquement le rapport final pour en tirer toutes les conséquences. Faisant suite à la correspondance musclée du 14 juillet 2016 adressée à la patronne du Portefeuille par le conseiller spécial du Chef de l’Etat en matière de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption, le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, pour éviter la vente simulée des biens du patrimoine de LAC-Sarl à cause du conflit d’intérêts, l’administrateur délégué de LAC-Sarl, liquidateur et directeur commercial de Congo Airways s’est résolu à balancer une invitation à tous les travailleurs de LAC-Sarl pour le retrait des bulletins reprenant le décompte final de chaque agent et cadre. Une opération de routine qui aurait dû être exécutée 48 heures après l’arrêt présumé de toute activité professionnelle.
Soustraction frauduleuse des arriérés de salaires du personnel
Une campagne insidieuse de sensibilisation a été orchestrée à cet effet, faisant croire aux travailleurs, veuves et orphelins l’imminence du paiement des arriérés de salaires et décomptes finals. Après le retrait des bulletins cachetés et non signés, les travailleurs n’ont eu que le temps matériel nécessaire pour le constat des dégâts. Outre l’absence criante des documents officiels attitrés remis obligatoirement en pareille circonstance aux personnes éligibles, les agents et cadres ne se retrouvent nullement dans les calculs opérés sur leurs décomptes. Ils incriminent le comité de liquidation d’avoir procédé à la soustraction frauduleuse de 85% des arriérés consentis dans l’unique but d’assurer la relance de LAC-Sarl. Or, ceci n’est un secret pour personne, en lieu et place de la relance du «Léopard volant», les surdoués du gouvernement ont opté pour la dissolution somme toute illégale de ce joyau de l’aviation civile en Afrique subsaharienne. Conséquence logique: remboursement des créances des travailleurs y affectées. Dans cet imbroglio, un délégué syndical autoproclamé président de la délégation syndicale nationale ad intérim, en remplacement du représentant des travailleurs devenu liquidateur (?) et un autre cadre d’une obscure structure de suivi ont eu le toupet d’inviter les travailleurs à un meeting vendredi 5 juillet 2016, non pas dans les installations de LAC-Sarl, mais plutôt dans les installations foraines de la FIKIN.
L’épée de Damoclès de Luzolo Bambi sur la tête des téméraires
Cette réunion a drainé bon nombre de veuves, d’orphelins et de travailleurs désabusés et s’est terminée en queue de poisson, suite aux insuffisances notoires des orateurs du jour à apporter des réponses concrètes aux préoccupations de leurs invités. A la question principale portant sur la date d’un utopique paiement des décomptes finals, les participants à cette assemblée irrégulière n’ont eu droit qu’à des propos incohérents, flous et indigestes, démontrant la totale irresponsabilité des orateurs dans la gestion de ce dossier. Or, les caisses de LAC ne disposent pas de liquidités. Conséquence, renvoi des orateurs à leurs études. Faisant leur les prescrits des articles 79 et 110 du Code du Travail, les travailleurs présents à cette assemblée foraine ont promis d’user de leurs droits et sont prêts à en découdre avec le comité de liquidation, auteur de toutes ces tribulations. Quant aux soumissionnaires qui ont pris le risque de délier leur bourse malgré tous les avertissements leur lancés, il y a fort à craindre qu’ils n’obtiennent pas gain de cause. A ce jour, aucun contrat de vente n’a été signé par la direction de LAC-Sarl pour des raisons évidentes. L’épée de Damoclès d’Emmanuel Luzolo Bambi Lessa reste suspendue sur la tête des téméraires. Curieusement, des avocats proches d’Air terminus très au fait de la pente glissante sur laquelle se trouve le comité illégal de liquidation, proposeraient déjà leurs services à certains soumissionnaires au cas où… Suivez mon regard. S’agissant du Collectif de défense des droits des agents et cadres de LAC-Sarl, DAC-ONG, ses dirigeants ont eu vent à temps de la supercherie visant à faire croire à l’opinion que les travailleurs auraient adhéré au schéma du comité illégal de liquidation. Par la voix de leur secrétaire général Léonard Kinsembe Tchungu, ils félicitent et remercient de tout cœur le conseiller spécial du Chef de l’Etat en matière de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption, le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, pour son implication personnelle dans la recherche des solutions idoines à cet épineux dossier. Leurs remerciements s’adressent également au Président de la République.
«Mort subite» de deux fils de «Maniema Union» pour conflit d’intérêts
Les agents et cadres de DAC-ONG se félicitent des effets induits par la correspondance du conseiller spécial Emmanuel Luzolo Bambi Lessa avec la mise hors course du ministre des Transports et Voies de communication ainsi que de son affidé à la triple casquette dans la course à la spoliation des biens du patrimoine de LAC-Sarl. Or, tout ne s’arrête pas à cette «mort subite»  propre aux sportifs. Rappel est fait de l’essence même du combat de DAC-ONG qui vise d’abord l’annulation de l’illégalité de la dissolution de leur compagnie et de tous les actes qui en découlent ainsi que le retour diligent des surdoués du gouvernement au strict respect des lois nationales, accords et traités internationaux ratifiés par la RD-Congo en matière d’emploi. L’exemple ne vient-il pas d’en haut? Les travailleurs de LAC-Sarl encouragent l’éminent juriste et homme d’Etat en charge de l’opération «mains propres» qui détient plusieurs cartes dans sa manche, d’aller jusqu’au bout dans ce dossier. Les aviateurs demeurent persuadés qu’en ce moment où la patrie amorce un important virage de son histoire, toutes les batteries seront mises en marche pour assurer le triomphe de l’Etat de droit. Celui qui prend en compte les recommandations pertinentes des concertations nationales en faveur de la réhabilitation, modernisation et relance de la compagnie aérienne nationale et d’où l’actuelle équipe gouvernementale tire sa légitimité. Celui qui tient à la concrétisation des recommandations du Sénat en faveur du maintien à flots de LAC-Sarl. Celui qui veille au respect des décisions de la justice, notamment le jugement avant dire droit rendu par le Tribunal de Commerce de Kinshasa/Gombe interdisant toute vente des biens du patrimoine de LAC-Sarl par le comité de liquidation. Les yeux sont maintenant tournés vers la Cour suprême de justice agissant comme Cour de cassation sur le renvoi de juridiction pour suspicion de la composition du tribunal.
Relance inévitable et incontournable de LAC-Sarl
Quant à la relance de LAC-Sarl, elle est non seulement inévitable, mais aussi incontournable. Le premier ministre honoraire Adolphe Muzito Mfumu Nsi n’a pas mâché ses mots en qualifiant de criminelle l’action de l’actuel gouvernement visant à clouer LAC-Sarl au pilori. Les experts de la firme Boeing de passage à Kinshasa ont confirmé au ministre Justin Kalumba Mwana Ngongo des Transports et Voies de communication les bonnes dispositions du constructeur américain à sortir du gouffre la compagnie aérienne existante avec laquelle elle entretient du reste de fructueuses relations d’affaires depuis la décennie 1970. A ce jour, LAC-Sarl détient des créances de plus de 850.000 dollars Us chez Boeing. Les dirigeants de l’Autorité de l’aviation civile, AAC ne cessent de recommander aux décideurs de faire fi de leurs états d’âme en vue d’œuvrer pour la remise à flots de ce fleuron de l’aviation civile en Afrique subsaharienne. Antoine Miltoni Bangu, une des rares icônes du département technique en Afrique centrale, estime qu’avec ses immenses atouts matériels et immatériels, ses ressources humaines, son patrimoine mobilier et immobilier, LAC-Sarl peut être relancée à tout moment moyennant des fonds relativement modestes autour d’USD 30 millions. Partant d’un management crédible, responsable et avisé doublé d’une volonté politique clairement affichée avec l’élimination de toutes les entraves, les opportunités peuvent être mises à profit dans le secteur pour re-propulser le «Léopard violant» qui a encore toute sa place dans l’activité aérienne tant en RD-Congo qu’en Afrique et au-delà.
Tino MABADA

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