Politique

Adoption du Budget 2016: Christian Mwando évoque une formalité constitutionnelle

«L’Opposition est fatiguée de ce qui est fait par le gouvernement. A chaque fois, il y a des budgets qui sont votés mais lorsqu’on regarde l’exécution, par rapport à ce qui a été voté, on constate que le gouvernement fait fi de la Loi de finances et exécute autre chose», déplore Christian Mwando
Le Premier ministre Augustin Matata Ponyo a été lundi 26 octobre à la chambre basse du Parlement pour présenter le projet de Budget 2016, puis le mercredi 28 octobre dernier pour répondre aux préoccupations des députés en rapport avec ledit projet, qui a connu par la suite son adoption par l’Assemblée nationale. L’Opposition qui a invité les députés nationaux à barrer la route à la moindre adoption de ce projet de Budget 2016, reste dubitative quant à sa bonne mise en œuvre pour l’exercice 2016, soulignant qu’aucun budget voté, n’avait été exécuté par le gouvernement conformément aux besoins pressentis par chaque secteur. Selon Christian Mwando de l’Union nationale des démocrates fédéralistes -UNADEF-, rangé du côté de G7, le gouvernement «s’est attelé à remplir juste une formalité constitutionnelle en adoptant ce budget qui connait chaque année de sérieux problèmes d’exécution».  
Le projet de Budget 2016 a été adopté, mercredi 28 octobre à l’Assemblée nationale. Ce, en dépit de beaucoup de critiques des élus tant de l’Opposition que de la Majorité. Si, lors de son intervention devant ses collègues, le député Mbatshi Batshia du PPRD a étalé les mauvaises performances du Premier ministre dans la mise en œuvre du programme d’action de son gouvernement, chiffré à USD 48 milliards sur une période de 5 ans mais nettement en dessous de ses propres prévisions, c’est un autre élu de l’ex-Katanga et Ancien ministre de finances sous le règne de Moïse Katumbi, qui a fustigé l’adoption de ce projet de budget 2016. Passé à l’obédience de G7, l’UNADEF Christian Mwando parle d’une formalité constitutionnelle. «L’opposition est fatiguée de ce qui est fait par le gouvernement. A chaque fois, il y a des budgets qui sont votés mais lorsqu’on regarde l’exécution, par rapport à ce qui a été voté, on constate que le gouvernement fait fi de la loi de finances et exécute autre chose», déplore Christian Mwando.
Il démontre à titre d’exemple qu’en ce qui concerne les investissements en provinces, FC 1.103.000 .000 soit USD 1.192.423 ont été budgétisés pour 2015, mais il se dit surpris que le gouvernement ait décaissé beaucoup moins que prévu. L’élu de l’ex-Katanga estime que les provinces sont délaissées et les crédits détournés. Il fait savoir aussi que certaines lignes budgétaires ne sont pas claires.
« Il y a des choses, tel que l’appui au processus de prise de position publique qui est un truc tout à fait vague, sur lesquelles le gouvernement nous dit qu’il a dépensé FC 226 milliards soit USD244.322.447, c’est-à-dire qu’il y a un problème réel de priorité et de respect », fustige le député Mwando.
De leur côté, les députés de la Majorité présidentielle-PM- ont fait chorus pour soutenir ce projet de budget qu’ils  qualifient de « réaliste », dans la mesure où, affirment-ils, il inclut le financement des élections. Dans cette optique, le PPRD Fidèle Likinda justifie son soutien porté à ce projet de budget en ces termes : «L’opinion là crie tout haut que 2016 est une année électorale. Si nous rejetons la loi de finances de 2016, cela veut dire que nous ne voulons pas aller aux élections». Et de poursuivre : «la Commission électorale nationale indépendante-CENI- a toujours déclaré qu’elle n’a pas les moyens pour organiser les élections et par conséquent, on va aller à un mandat élastique. Et aujourd’hui, le gouvernement, dans ce projet de loi, a mis des moyens à la disposition de la CENI».
Le projet de budget 2016 est chiffré à environ USD 9.121.011.021 contre USD 9.184.794.315 en 2015. Un peu plus de 80% de ce budget seront mobilisés localement et 19,6% d’apports extérieurs.
Pour sa part, défendant à tout prix son projet de budget peu avant son adoption, le Premier ministre a indiqué que ce projet est plutôt réaliste, étant donné qu’il s’élabore dans un environnement international difficile caractérisé par la baisse du prix des matières premières importantes et des préparatifs des élections et du découpage territorial dans le pays. A l’en croire, il est prévu des ressources suffisantes pour le financement des élections, soit FC 537,8 milliards soit USD 580.536.081.
Olitho KAHUNGU
 

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