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Suminwa anticipe la tempête pétrolière et verrouille l’approvisionnement national

Face à la flambée des cours et aux perturbations des marchés mondiaux, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a choisi la prévention. Jeudi soir, elle a réuni autour d’elle le vice‑Premier ministre et ministre de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, ainsi que la ministre d’État en charge des Hydrocarbures, Acacia Bandubola, pour évaluer la disponibilité des produits pétroliers et préparer des ripostes calibrées. «Gouverner, c’est d’abord prévenir», a résumé Daniel Mukoko Samba en sortie de réunion. Le message est facile à comprendre: la guerre dans le Golfe Persique et ses répercussions sur les marchés obligent l’exécutif national à anticiper plutôt qu’à subir.

Les prix s’ajustent à la hausse ailleurs, et le gouvernement veut éviter que la République Démocratique du Congo ne soit prise au dépourvu. A la suite de la guerre Iran-États-Unis, 95 pays enregistrent une hausse des prix de l’essence à la pompe depuis le 28 février 2026. Cambodge +68 % contre +50 % au Vietnam. Aux États-Unis, le gallon d’essence ordinaire est passé de 2,94 dollars à 3,58 dollars, soit +20%. La Californie dépasse les 5 dollars. La fermeture du détroit d’Ormuz fragilise l’Asie: le Japon couvre 95 % de ses besoins pétroliers depuis le Golfe, la Corée du Sud 70 %.

Le spectre d’une stagflation mondiale ressurgit, à l’image des chocs pétroliers de 1973, 1978 et 2008. La République Démocratique du Congo n’est donc pas à l’abri. Assurance de disponibilité, mais vigilance accrue: telle est la ligne adoptée par l’équipe Suminwa. Les autorités affirment que les flux de carburants vers le pays restent assurés, tout en multipliant les mesures de prévention pour empêcher toute rupture. La ministre d’État en charge des Hydrocarbures avait déjà, ces dernières semaines, rassuré l’opinion publique; la réunion de jeudi visait à transformer ces assurances en dispositifs concrets et durables.

Sur la question des prix, l’Exécutif ne ferme pas la porte à des ajustements. Daniel Mukoko Samba l’a dit sans détour: il faudra peut‑être aligner certains tarifs sur la tendance mondiale, mais sans compromettre la stabilité macro‑économique ni le pouvoir d’achat des ménages. 

«Et cela passe bien sûr par l’ajustement probable de prix des produits pétroliers pour que nous ne soyons pas en déphasage par rapport à ce qui se passe dans le reste du monde. Le Gouvernement prend toutes les mesures nécessaires de manière à ce que, même s’il y a ajustement des prix des produits pétroliers, que cela ne se fasse pas au détriment de la stabilité générale sur les différents marchés dans le pays», a rassuré le VPM.

Pas besoin d’un dessin: ajustement possible, hausse maîtrisée et graduelle, mesures compensatoires à l’étude pour limiter l’impact social. Le gouvernement a déjà pris des initiatives pratiques: suspension temporaire de certaines redevances et réduction des taxes aux frontières sur les produits pétroliers, afin de fluidifier les importations et contenir les tensions sur le marché intérieur. Ces décisions visent aussi à envoyer un signal aux opérateurs afin de décourager la spéculation. Consciente du contexte régional, où plusieurs pays ont déjà connu des hausses sensibles des prix du carburant, la Primature affiche une posture proactive. L’objectif est double: protéger l’économie nationale et rassurer les consommateurs comme les acteurs du secteur.

En agissant en amont, Kinshasa entend ne pas subir les chocs externes mais les amortir.Pour l’instant, la stratégie est simple et volontariste: garantir l’approvisionnement, préparer des ajustements tarifaires contrôlés, et maintenir un dialogue avec les opérateurs et les partenaires pour éviter toute panique sur le marché. Des mesures complémentaires pourront être prises au fil de l’évolution des cours internationaux.

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