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SOKIMO: vers la production d’un premier lingot d’or

Métamorphose et relance. Depuis presque deux ans, c’est le ressenti au sein de la Société minière de Kilo-Moto -SOKIMO. Sous la houlette du Directeur général Bonongo Tokole Pistis, nommé en septembre 2022, la société d’État dans le secteur aurifère semble renaitre de ses cendres. Loin est cette période des critiques dus au manque de transparence avec, désormais, une gestion axée sur la production. Symbole de cette régénération, l’usine de Nizi, siège d’exploitation de l’entreprise, à 30 kilomètres de Bunia en Ituri, inauguré en 2017, qui s’apprête à livrer son premier lingot d’or.

Cette nouvelle usine, construite sur fonds propres à hauteur de 5,3 millions de dollars, dispose d’une capacité de production estimée à 257 kilos d’or par an. Le mois passé, le DG Bonongo Tokole Pistis, à la tête d’une petite délégation, a effectué une descente sur le site pour réceptionner le premier lot d’engins miniers mais aussi visiter le laboratoire chimique moderne doté des matériels de la nouvelle technologie. Sur place, le n°1 du comité de gestion de la SOKIMO s’est réjoui des résultats des travaux de réhabilitation et modernisation du site entamés il y a peu. Parmi les engins réceptionnés, une excavatrice et un camion-benne.

Le DG Pistis Bonongo Tokole à l’usine pour assister au concassage et pulvérisation des minerais

A la SOKIMO, la renaissance fait surtout le bonheur des agents qui n’avaient plus vu, depuis une dizaine d’années, un lingot d’or sortir de leurs usines, réduisant ainsi l’entreprise à un statut d’éléphant blanc. Ce temps sera désormais révolu, rassure-t-on dans l’entourage du DG Bonongo Tokole qui s’était fixé l’objectif de reprendre avec la production. «Pour relancer cette société, la condition est basée sur la production de l’or. Nous devons chercher des moyens, des énergies pour que la société devienne un opérateur minier, comme cela est le souhait du Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi, de tous les agents et de la nouvelle équipe», confiait-il en décembre 2022. «Dix-huit mois après l’arrivée de ce jeune loup, du chemin a été parcouru et ce rêve longtemps caressé est en train de prendre corps», se réjouit un syndicaliste.

Artisan de cette résurrection, Bonongo Tokole Pistis, fier de son œuvre, exécutée selon lui à 95%, met le cap vers cette production pour parachever le retour au premier-plan de cette société d’Etat. Comme pour donner l’élan, il a lui-même inauguré la nouvelle excavatrice en donnant les premiers coups de pelle. Déterminé, il ne compte cependant pas s’arrêter en chemin et espère mener à bon port cette relance. Raison d’annoncer d’autres projets déjà enclenchés pour redonner à la SOKIMO son rang d’un des fleurons de l’économie nationale.

Le DG au laboratoire, dans la salle de verrerie où se trouve les matériels pour analyse chimique

«Il y a un projet pour l’acquisition des engins miniers. C’est que nous avons fait jusque-là, c’était des solutions palliatives pour la relance. Un autre projet a déjà obtenu l’aval du Conseil -d’administration, NDLR- et attend d’être signé», a annoncé le DG de la SOKIMO.

Ce lot d’engins sera constitué des chargeuses, des camions-bennes, des niveleuses et autres outils d’exploitation minière. Si la partie mines est suffisamment avancée, la partie usine est déjà fin prête. «Nous attendons juste certains intrants chimiques qui arrivent dans les prochains jours», a poursuivi le DG Bonongo, tourné désormais vers l’assainissement de la route des minerais pour acheminer les productions vers les points de sortie.

Le DG Pistis Bonongo Tokole devant le four à fonte qui sert à la préparation du lingot d’or

Autre chantier initié par le comité de gestion de la SOKIMO, celui du capital humain. Plusieurs agents vont ainsi être formés pour un meilleur usage des matériels acquis dont des spectromètres. Des fonds ont déjà été sécurisés pour exécuter ce volet du projet de relance voulu par le Président Félix-Antoine Tshisekedi. «Aujourd’hui, nous avons déjà des résultats palpables», s’est satisfait le DG, non sans mentionner le rôle important des ingénieurs et de tout le personnel qui ont fait montre d’une implication sans précédent, en dépit des difficultés financières.

Réunion après visite guidée dans la salle baptisée BTP: Bonongo Tokole Pistis

Derrière le succès de Bonongo Tokole, son omniprésence dans les sites d’exploitation. Le DG n’hésite guère d’échanger sa veste d’administratif contre une combinaison d’agent de terrain pour se rapprocher davantage de ceux qui détiennent la clé de l’éclosion de l’entreprise: les ingénieurs et autres. Avec cette méthode, Bonongo Tokole Pistis, dont l’arrivée à la tête de la SOKIMO avait suscité des interrogations, fait mentir définitivement les dubitatifs pour ainsi confirmer qu’«aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre d’années».

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