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SMIG: Suminwa a raison de stopper l’initiative de Akwakwa

En RD-Congo, le débat sur le réajustement du Salaire minimum interprofessionnel garanti -SMIG- enfle après que la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a sommé son ministre de l’Emploi et Travail, Ephraïm Akwakwa Nametu, de rapporter son arrêter y relatif. La décision de la cheffe du gouvernement, accusée à tort de vouloir protéger la Fédération des entreprises du Congo -FEC-, qui représente le banc patronal, tient sur des bases juridiques légales, contrairement à l’arrêté d’Akwakwa.

«C’est un décret du Premier ministre -Décret n°18/017 du 22 mai 2018- qui a fixé le SMIG à CDF 7.000 après concertation de toutes les parties prenantes… Comment est-ce possible, en droit, que ce soit un arrêté ministériel qui le modifie? Où est passé le principe de parallélisme de forme et de compétence?», s’est interrogé Dr. Jean-Michel Kumbu Ki Ngimbi, Professeur ordinaire et expert en gouvernance. Et d’enchaîner: «quelle est la position de la FEC? Est-elle associée à cet ouvrage juridiquement incorrect? Comment, si tel n’est pas le cas, passer outre la FEC? Ce forcing est dû à quoi et profite à qui?».

Autant d’interrogations d’une pertinence remarquable qui démontrent comment Judith Suminwa a raison de recaler l’initiative de Akwakwa. Remontée par l’arrêté du ministre de l’Emploi et Travail, la FEC a donné de la voix, mettant en lumière quelques préoccupations juridiques soulevées par la décision d’Akwakwa aussi bien sur la forme que sur le fond. Considérant que ces préoccupations nécessitent une harmonisation, le banc patronal a sollicité une audience avec le ministre Akwakwa pour «échanger sur les voies et moyens susceptibles de remédier dans le but ultime de veiller au bon climat des affaires dans son volet de récente juridique et de demeurer regardant des textes juridiques applicables dans la fixation et l’ajustement du SMIG dans le pays».

La FEC a obtenu gain de cause quand la PM Suminwa a réuni, le mardi 21 janvier à Kinshasa, toutes les parties prenantes pour discuter du SMIG et clarifier les malentendus autour de l’actualisation du SMIG. En effet, le ministre de l’Emploi et Travail, Ephraim Akwakwa, a signé, fin décembre dernier, un arrêté portant ajustement du SMIG, mais celui-ci avait été jugé non conforme aux procédures établies. Début 2025, la Première ministre a demandé au ministre de rapporter cet arrêté et de suivre la voie légale, impliquant notamment le Conseil national du travail -CNT- pour son avis consultatif légal. Cette réunion a permis de faire comprendre aux travailleurs que l’exigence de la PM Suminwa n’est pas une opposition à l’actualisation du taux journalier du SMIG, mais un impératif pour protéger leurs intérêts.

Selon cet arrêté, le SMIG devrait passer de CDF 7.075 à CDF 14.500. Le gouvernement Suminwa, au cours de cette séance de travail, a réaffirmé son souci de revaloriser le SMIG conformément aux règles légales établies dans la seule finalité d’améliorer le pouvoir d’achat des RD-Congolais. «Nous avons convenu que le taux de CDF 14.500 est accepté par toutes les parties. Néanmoins, nous allons discuter des autres questions au Conseil national du travail qui sera convoqué la semaine prochaine. La Première ministre a une grande sagesse, et c’est comme ça qu’elle nous a amenés facilement dans une solution», a reconnu le ministre Akwakwa.

De son côté, le vice-Premier ministre en charge de l’Economie nationale, Daniel Mukoko Samba, a souligné la nécessité de respecter la procédure. «Le respect de la procédure garantit la qualité de la mesure et du texte qui la porte. Il faut éviter que, demain, la mesure soit attaquée en justice. Ce besoin de rigueur et de transparence a été unanimement reconnu par les différents acteurs présents», a-t-il souligné, avant que le président de l’Intersyndicale nationale du Congo n’arrive à annoncer le compromis entre le gouvernement les autres parties prenantes.

«Nous nous sommes entendus. Les 14.500 FC sont des acquis que personne ne remet en cause. Nous sommes tombés d’accord et nous demandons à nos camarades de s’apaiser, parce que nous avons gardé ce compromis-là, qu’il faut maintenant formaliser par la procédure légale», a déclaré Guy Kuku Gedila, président de l’Intersyndicale nationale du Congo. Sa déclaration, estiment des observateurs, marque un tournant dans la perception des travailleurs envers leur gouvernement, qui s’engage à agir dans le respect des lois pour assurer leur protection.

Par ailleurs, Robert Malumba, président de la FEC, a témoigné de son soutien envers la démarche de la PM Judith Suminwa. «Il y a un taux qui a été fixé, mais il n’était pas fixé selon les règles. Néanmoins, il y a un consensus sur les montants. Le CNT sera convoqué pour régulariser la procédure», s’est-il réjoui. La réunion du mardi a balisé la voie pour garantir, grâce à la détermination de la PM Suminwa, les droits des travailleurs et améliorer leurs conditions de vie. Elle a été, a-t-on estimé, le début d’un engagement collectif pour le respect de la loi et le bien-être de chaque travailleur.

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