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Révision constitutionnelle: la thèse du contrat social de Mbayo

Me Mbayo Pelesa, député national élu de Kabongo
Me Mbayo Pelesa, député national élu de Kabongo
Loin de s’arrêter à un simple débat de la rue sur le remaniement ou pas de la Constitution, Stanley MbayoPelesa, député élu de Kabongo et président national du Mouvement des indépendants réformateurs -MIR-, lance un débat de fond. Il estime que le contexte politique, économique et social a tellement évolué qu’aujourd’hui, il faut amener un nouveau contrat social au peuple via la voie référendaire
Révision de constitutionnelle par ici, changement de Constitution par là, le débat est houleux tant au sein de la classe politique qu’au sein de l’opinion publique. Chacun y va avec sa petite passion, dicté sans nul doute par son appartenance politique. Malheureusement, rien d’un débat de fond, un débat sérieux. Député national et avocat expérimenté, Stanley MbayoPelesa a la prétention de faire évoluer le débat, de l’élever. Il préconise de prendre en compte le contexte ayant poussé à l’élaboration de la Constitution actuelle, en même temps qu’il insiste sur les enjeux de l’heure auxquels la RD-Congo fait désormais face. «Si hier la réunification du pays était un impératif, aujourd’hui, le cap est fixé sur l’émergence à l’horizon 2020-2030», estime l’élu de Kabongo.
A un moment de l’histoire, il faut avoir le courage de regarder d’où l’on vient, où on est et surtout où on va…pour atteindre quel objectif. C’est très important dans la vie d’une nation car cette dernière est sans cesse appelée à évoluer. Il faut alors saisir la balle au bond, détacher l’essentiel de l’important, le dérisoire du moins important. Mbayo plante le décor. «Les gens doivent savoir que la Constitution tire son origine de l’Accord Global et inclusif signé le 17 décembre 2002 à Sun City. Les constituants d’alors, c’étaient des belligérants. L’idée qu’on avait c’était unifier le pays et impulser la démocratie. Est-ce qu’aujourd’hui nous avons le même enjeu? Parce que déjà il y a la démocratie…nous avons eu à deux reprises les élections. Nous avons maintenant un autre objectif, l’émergence d’ici 2020 à 2030», lance MbayoPelesa, député membre de la MP.
En effet, l’élu s’insurge contre le fait que la RD-Congo était alors considérée comme un gâteau que les belligérants devaient se partager. D’où l’idée de limiter le nombre des mandats du chef de l’Etat et non ceux des députés et sénateurs. L’objectif était que la Présidence tourne entre les anciens hommes forts du pays, chacun à son tour. «Ce qui est possible aujourd’hui, il y a des élus qui sont légitimes et qui peuvent carrément impulser un référendum. Alors, comme l’Opposition est en train d’aller vers la population pour une pétition, nous savons déjà que ces 100.000 signatures seront tirées ici à Kinshasa. J’ai par exemple posé la question dans ma circonscription de Kabongo, si mes électeurs ont été consultés pour cette pétition, il n’en est rien!», ajoute-t-il.
Pour palier à la question, la potion est simple: «…Nous sommes de la Majorité, nous allons donner la chance à tous les RD-Congolais de se prononcer sur la question. Il n’est pas interdit aujourd’hui de penser à un référendum qui pourra nous donner un nouveau Contrat social avec la population pour l’émergence d’ici 2020 à 2030. Et, à ce moment-là, c’est le souverain primaire qui va se prononcer», fixe le président national du MIR. Sa thèse tire toute sa sève de ce postulat.
Cap sur l’avenir
Plus rien n’est plus comme auparavant: «Le contexte politique a sérieusement évolué. A l’époque, le pays était divisé entre 5 ou 6 morceaux. On avait d’une part le RCD/KML, le RCD/N, le RCD/Goma, le MLC… contre le gouvernement d’alors», poursuit Stanley Mbayo. La sanction a été sans équivoque. Le peuple s’est lui-même occupé de tous ces belligérants qui ne pèsent plus rien sur la scène politique. «Aujourd’hui, si vous allez à l’Assemblée nationale, vous pouvez me donner le quota du RCD, un des constituants d’alors? Ils ont zéro député. Quand vous prenez le MLC, il est dans l’impossibilité d’avoir un Groupe parlementaire à lui seul, il est avec les alliés. Donc le contexte politique a tellement évolué.
Dans la même dynamique, le contexte social a aussi évolué… vous voyez avec la Révolution de la modernité, il y a toutes ces nouvelles infrastructures… nous devons aller de l’avant, vers l’émergence». L’élu de Kabongo n’y va pas des mains mortes. Il a à cœur son projet d’un nouveau contrat social à soumettre au peuple par voie référendaire. Ce contrat, estime Mbayo, doit être différent de celui des ex-belligérants. «Quand vous prenez l’exposé de motif de notre Constitution en son deuxième paragraphe, on dit clairement que c’est suite à l’Accord Global et inclusif du 17 décembre 2002, comme il y avait crise de légitimité, il fallait avoir une Constitution afin d’organiser des élections. Ce qui fut fait! Maintenant-là, nous avons d’autres enjeux. Si en 2002 l’objectif était la pacification du pays, aujourd’hui le défi s’appellent la stabilité et l’émergence», assène-t-il.
Procès contre Matata!
Dans le nouveau contrat social, affirme Stanley Mbayo, les libertés individuelles seront respectées telles qu’exigées par la Constitution: «…Nous allons respecter les principes de libertés individuelles parce que la Constitution interdit formellement même en cas de modification ou de révision, qu’on réduise les libertés individuelles. Nous allons entériner cela. Aussi, vous savez que dans cette Constitution, il est dit que la nationalité congolaise est une et exclusive. Cela crée des grands problèmes avec nos frères de la diaspora qui gardent par devers eux leurs passeports congolais. Nous devons penser à résoudre ce problème en faisant comme en France, par exemple».
Actualité oblige, le président du MIR et élu national membre de la MP n’a pas manqué de placer un mot sur la formation du gouvernement de cohésion nationale annoncée par le Chef de l’Etat Joseph Kabila. «C’est l’un des pouvoirs constitutionnels du Chef de l’Etat, c’est l’un des pouvoirs qu’il assume pleinement. Nous nous fions donc à son pouvoir discrétionnaire. Mais cependant, le Président de la République se prononce solennellement devant le Congrès, et dit: je vais mettre en place un gouvernement de cohésion nationale… par éthique politique, un Premier ministre qu’est ce qu’il fait, il lui présente sa démission. Quand il lui a déposé sa démission, le Président peut lui réitérer sa confiance. Politiquement, le chef est libéré.
Il pourra même de ce fait se choisir quelqu’un d’autre qui puisse conduire les enjeux du moment», fonce-t-il. Puis: «Dans tous les cas, ça c’est mon opinion, je pense qu’avec le gouvernement Muzito on avait parlé de la gabegie financière… On avait besoin d’avoir un comptable. Et le comptable a eu un comportement d’un boutiquier». Et de conclure: «Je profite de l’occasion pour vous informer que le Premier ministre était suppléant d’un candidat député malheureux aux législatives nationales de 2011. Ce qu’il sait au moins ce qu’est se mouiller une chemise aux élections. Quand vous êtes aux affaires, sachez respecter celui qui vous a donné la possibilité d’y être». Un procès en règle contre Matata. Mais tout de suite un bémol: au moins, reconnait l’interlocuteur d’AfricaNews, si le Chef parvenait à reconduire le PM, toute la majorité devra s’incliner!

HMK  

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