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Respect de la constitution: Kengo, le voile se lève!

Lors de son discours inaugural de la session de septembre 2016 prononcé jeudi, le président du Sénat a estimé que le dialogue politique en cours à la Cité de l’Union Africaine, n’étant ni un parlement, ni une assemblée constituante, agira dans le cadre de ses limites. Question de rester dans le respect de la Constitution de la République.
Les deux chambres du Parlement de la RD-Congo ont ouvert ce jeudi 15 septembre 2016, leurs sessions ordinaires essentiellement consacrées à l’examen et à l’adoption du budget de l’Etat pour l’exercice 2017. Cette session se tient à un moment crucial où la classe politique et la société civile se retrouvent autour du tapis vert à la Cité de l’Union africaine dans un dialogue politique national voulu inclusif en vue de sauver le processus électoral en danger. Dans son discours inaugural, Léon Kengo wa Dondo a donné sa lecture du climat politique actuel en rapport avec le respect strict de la Constitution de la République.
Ni un parlement, ni une assemblée constituante!
Le speaker du Sénat a noté la coïncidence du début de cette session avec la célébration de la journée internationale de la démocratie dont le thème central est: «le renforcement de la démocratie, condition essentielle pour parvenir au développement durable à l’horizon 2030».
«Cette session, s’ouvre dans un double contexte particulier marqué au plan politique par les travaux du dialogue politique national inclusif et au plan économique par la morosité du cadre général socioéconomique», a-t-il dit. A cet effet, Léon Kengo a lâché que «ce dialogue politique n’étant ni un parlement, ni une assemblée constituante, agira dans le cadre de ses limites», allusion faite au respect de la loi fondamentale de la RD-Congo.
«C’est cela le vœu de la population qui tient au respect de la Constitution et des Institutions qui en sont issues», a-t-il précisé en indiquant qu’un accord sera trouvé à la suite du dialogue politique. Le speaker a salué «le compromis» trouvé entre Majorité et Opposition sur l’ordre des élections à organiser en RD-Congo dont les principales séquences sont la présidentielle et les législatives nationales couplées aux provinciales.
Léon Kengo dans une position inconfortable
La déclaration du président Kengo a suscité des vagues dans le microcosme politique. Au moment où nous bouclons cette édition, l’ancien ministre des Affaires étrangères Antipas Mbusa Nyamwisi a réagi dans son compte Twitter en clamant haut que «un accord entre individus ne peut dispenser du respect de la Constitution d’un Etat».
Un autre observateur avisé de la scène politique nationale pense que le président du Sénat se trouverait dans une position inconfortable qui le pousse aujourd’hui à faire volte-face.
Aux travaux du dialogue politique national de la cité de l’Union africaine, cette icône de la politique n’a pas été reprise sur la liste de la Majorité présidentielle, cette dernière famille le considérant comme faisant partie de l’Opposition.
Du côté de l’Opposition, en dépit des compétences et de la carte de visite ronflante du président Kengo, il est considéré non partant car invalidé par les prescrits de la Loi n° 07/008 du 4 décembre 2007 portant statut de l’Opposition politique.
L’article 4 stipule ce qui suit: «Est réputé avoir renoncé au statut de l’Opposition politique, le parti politique ou le regroupement politique qui accepte de partager les responsabilités de l’Exécutif aux niveaux national, provincial, urbain, municipal ou local».
La perche tendue d’Edem Kodjo
Fort heureusement, par un tour de passe-passe dont le facilitateur Edem Kodjo détient le secret, la perche a été tendue à la plate-forme de l’Opposition Républicaine -OR- qui a bénéficié d’un quota de cinq représentants pendant que son mentor y a participé en sa qualité de président de la chambre basse du Parlement.
Avec une marge de manœuvre aussi étroite, Kengo qui se considère comme le sauveur de la Nation depuis les événements de janvier 2015 où les Sénateurs, à en croire un bulletin édité par la Chambre haute du Parlement, ont pris leurs responsabilités à cœur pour éteindre le vaste incendie qui menaçait d’embraser tout le pays à la suite des tentatives de tripatouillage de la Constitution par la Majorité présidentielle, ne peut se contenter d’une portion congrue.
En lisant minutieusement entre les lignes sa communication d’hier, le voile se lève: il se projette à l’écran la volonté à peine perceptible du speaker du Sénat à vouloir invalider certaines résolutions du dialogue politique national réputées anticonstitutionnelles.
Octave MUKENDI

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