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Reconfiguration de la majorité parlementaire: entre arnaque, violation de la Loi et réalisme politique

Le Président de la République, Félix Tshisekedi, a une rencontre avec les députés nationaux et sénateurs favorables à l’appel à l’Union sacrée, quelques heures après avoir désigné Modeste Bahati pour identifier la nouvelle coalition majoritaire à l’Assemblée nationale. En réaction, le Premier ministre Sylvestre Ilunga a convié à un déjeuner les membres des bureaux de l’Assemblée nationale et du Sénat, les membres de la Conférence des présidents du FCC, les présidents et membres des groupes parlementaires et politiques ainsi que les présidents des partis ayant au moins un élu au Parlement.

Les enjeux sont de taille: s’assurer le contrôle du prochain bureau de la chambre basse du Parlement, de la majorité parlementaire et, donc, du gouvernement.
Felix Tshisekedi, on le sait, mise sur le ralliement d’un grand nombre de députés en vue de faire basculer la majorité en sa faveur.

Une démarche anticonstitutionnelle de l’avis du député FCC Lumeya dhu Malegi, convaincu que pareille initiative ne saurait être prise en pleine législature.

Dans un entretien avec le média en ligne Ouragan Fm, Lumeya évoque l’article 54 qui stipule qu’au début de la législature, les partis et regroupements politiques déposent au Bureau provisoire de l’Assemblée nationale leur déclaration d’appartenance à la majorité ou à l’opposition.

De ce point de vue, le député réélu de Kikwit ne voit pas par quel autre mécanisme légal l’informateur Modeste Bahati passerait pour réussir sa mission.

L’arnaque Kabund?

Sous le sceau de l’anonymat, un autre élu FCC accuse Jean-, Marc Kabund d’avoir arnaqué le Chef de l’État.

« En désignant Bahati pour lui identifier une nouvelle coalition majoritaire à l’Assemblée nationale, le Président de la République s’est fondé sur un rapport de mobilisation faite par Kabund pour régler des comptes à ses anciens collègues membres du bureau Mabunda. Malheureusement, jouant pour obtenir l’appui du Chef, Kabund a fait croire à toute la Cour présidentielle que ces élus étaient tous acquis à leur cause, notamment déstabiliser Joseph Kabila, s’engager dans l’Union sacrée et perpétrer ensemble une série d’actions cadrant avec l’intensification de 2 précédents points », révèle l’élu Kabiliste, expliquant que les couacs constatés dans l’exécution du plan Kabund justifient la convocation de la rencontre de ce dimanche autour du Président Tshisekedi.

Selon cette source, ce qui ne se lit pas ou ne se dit pas cependant autour de la susdite démarche c’est que les élus, comme fruit des élections, sont préalablement investis comme candidats par leurs partis ou regroupements politiques. Difficile de les débaucher, de gré ou de force. « On ne peut se fonder que sur la fraude et la corruption sinon des attitudes d’intimidation pour pouvoir mobiliser les élus vers une transhumance », réfléchit ce député national, estimant que « cela saperait intensément les actions du Président de la République chaque fois que l’on devrait exploiter la donne corruption des parlementaires ». Il ajoute que « financièrement, cela finirait par coûter cher au Président de la aussi qu’il finirait par ne pas tenir longtemps à soudoyer ces députés ou élus ».

Verrous légal: article 54 du RI

Rejoignant Lumeya, le député kinois s’appuie, lui aussi, sur le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale pour rappeler à Félix Tshisekedi l’existence d’un verrous légal rendant impossible une quelconque requalification de la majorité au stade actuel, la majorité comme l’opposition n’étant indentifiables qu’au début de la législature.

« Si le FCC se réveille de son sommeil pour mieux faire valoir ses règles et les lois de la République, il est indéniable que la constitution des groupes parlementaires est le résultat des négociations politiques de haut niveau, à l’Assemblée nationale, et non pas le fruit de la volonté des députés pris singulièrement mais des engagements et accords des leurs partis et regroupements politiques », fait raisonner l’élu.

Et de suggérer à Bahati d’éviter de s’appuyer sur les députés prosélytes singulièrement. « Par réalisme politique, l’informateur devrait affronter les partis et regroupements FCC en gérant malignement les déchirements qui les divisent pour éviter de rééditer la triste forfaiture qui a miné son AFDC-A. Sinon, la fraude s’y inviterait, cela favoriserait l’achat des consciences et le Président de la République ne pourrait porter ce fardeau sans s’en sortir avec des égratignures », avise-t-il.

Pour l’élu FCC, l’article 54 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale est très verrouillé: « – un groupe parlementaire qui cesse d’avoir la moitié des membres requis perd la qualité de groupe parlementaire. Les membres deviennent de non-inscrits. Le député qui quitte son groupe parlementaire perd le droit de s’affilier à un autre groupe. il devient un non-inscrit. Les groupes parlementaires sont constitués pour la durée de la législature ».

KISUNGU KAS

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