
Les Katangais, à travers quatre notables, à savoir: Patrick Mwelwa Mulimba pour le Haut-Katanga, Félix Kabange Numbi Mukwampa pour le Haut-Lomami, le Professeur Félix Ulombe Kaputu pour le Lualaba et Augustin Kahozi Bin Malisawa pour le Tanganyika, ont, dans une note de dénonciation rendue publique dimanche 16 février 2025, exprimé leur indignation face à la situation chaotique du Grand Katanga. Dans cette déclaration rendue publique alors que la République Démocratique du Congo est secouée par une grosse tempête sécuritaire, les Katangais, très préoccupés, ont déploré que leur espace géographique, qui a toujours joué un rôle déterminant à travers différentes époques de l’histoire de la RD-Congo, en tant que poumon économique du pays, subit paradoxalement aujourd’hui, des assauts de tous ordres, bien orchestrés et coordonnés, visiblement bien conçus et planifiés pour entrainer progressivement son inéluctable décadence.
«Alors que l’alternance pacifique et civilisée du pouvoir, la première de l’histoire de notre démocratie, avait suscité un immense espoir au sein de la nation et une admiration mondiale; l’éclatement de la coalition FCC-CASH a marqué le début d’un chapitre noir dans l’histoire du Katanga et des Katangais», ont-ils rappelé. En effet, ont-ils poursuivi, les Katangais qui pensaient légitimement tirer une gloire légendaire de cette passation historique du pouvoir, guidé par l’un des leurs, «le valeureux Raïs Joseph Kabila Kabange», ont très vite réalisé l’ampleur du piège tendu à leur insu. «Ce qui semblait être une victoire pour la RD-Congo et le Katanga se révèle aujourd’hui comme un affreux leurre, dont les conséquences dévastatrices ne font que se dévoiler chaque jour», ont-ils encore déploré.
Face aux actes et aux dérives qui illustrent l’enfer dans lequel le Katanga et les Katangais sont plongés aujourd’hui, ces quatre notables ont pris, dans une note de dénonciation, signée dimanche 16 février 2025, la décision d’éveiller la conscience katangaise, d’informer l’opinion nationale RD-congolaise et d’alerter la Communauté internationale sur le profond ras-le-bol provoqué par des actes d’asservissement systématiques perpétrés ces dernières années dans les quatre provinces du Grand Katanga. Parmi ces actes, il y a, selon ces signataires, l’exode sauvage vers le Katanga. «Depuis quelques années, nous assistons à un exode massif, conçu et coordonné, des centaines de milliers des personnes en provenance des provinces de l’espace Kasaï vers le Katanga», ont-ils dénoncé.
Et de signaler: «cet exode prend rapidement les proportions d’une invasion massive, avec des arrivées incontrôlées et des installations anarchiques dans nos villes et villages, tant urbains que ruraux. Ces milliers de compatriotes, qui voyagent par train, camion ou encore à pied, viennent en conquérants, et imposent leurs pratiques souvent pervers, perturbant gravement le vivre ensemble».
Pire encore, ont-ils martelé, leur présence s’accompagne d’une montée inquiétante de l’insécurité, marqué par une recrudescence des crimes: assassinats gratuits, viols, vols et autres formes de violences, dont les Katangais sont les principales cibles. Les grandes villes et territoires du Katanga: Lubumbashi, Kolwezi, Likasi, Kamina, Pweto, Kilwa, Fungurume, Luilu, Kipushi et Kasumbalesa sont devenues des sanctuaires du crime et de l’insécurité.
«Chaque nuit, la psychose palpable s’empare de la population, et chaque matin, le constat est accablant: des corps sans vie jonchent les rues, les caniveaux ou gisent devant des maisons dans plusieurs quartiers. Des citoyens paisibles sont sauvagement tués à l’arme à feu, à la machette ou par toute autre arme blanche et, parfois, même par lapidation. Il est insupportable de constater que le régime en place, censé garantir la sécurité, reste impuissant face à cette spirale de violence», ont indiqué ces personnalités katangaises, poursuivant que «cette incapacité flagrante semble dévoiler une complicité tacite et planifiée».
Par ailleurs, ont-ils accusé, des officiers et des civils arrêtés et mis en prison sans procès à la prison de Ndolo, dans des lieux secrets à Kinshasa, à la Prison centrale de Makala et à la Prison de Kassapa. «Les Katangais n’ont pas encore pleinement conscience de l’ampleur du drame de l’exil qui a été imposé à une majorité de leurs notables. Ceux qui ont osé exprimer une voix dissidente et refusé de se soumettre aveuglement aux prédateurs au pouvoir ont été systématiquement menacés, persécutés et victimes de l’arbitraire», ont signifié ces quatre signataires. Pour eux, la plupart ont été contraint de fuir leur propre pays, vivant ainsi dans la douleur de l’exil.
«Le cas le plus emblématique est celui du pasteur Daniel Ngoy Mulunda Nyanga; arrêté, condamné, emprisonné, puis libéré avant d’être forcé à l’exil en Zambie sous statut de réfugié -HCR. Son calvaire ne s’est pas arrêté là: en violation flagrante des lois internationales régissant le statuts des réfugiés, il a été enlevé, torturé et ramené à Kinshasa où il est détenu dans un lieu secret, privé de toutes visites, qu’il s’agisse de sa famille ou de ses avocats», ont-ils rappelé, dénonçant la complicité honteuse de la Zambie, pays membre de la SADC, avec le pouvoir de Kinshasa. dans cette note de dénonciation, ces quatre notables du Katanga ont également déploré de nombreux cas d’enlèvements des RD-Congolais, principalement Katangais, ayant le statuts de réfugié, suivis de tortures et d’autres formes de violences inacceptables.
«Réveillons-nous, unissons nos forces: il est de notre devoir de redorer l’image du Katanga, de protéger son patrimoine et de redynamiser son rôle dans le programme de développement de notre cher pays, la République démocratique du Congo», ont-ils exhorté. Et de conclure: «le Katanga mérite une gouvernance plus noble et plus rationnelle. Nous devons nous engager résolument dans tout action visant à mettre fin à la culture de prédation et promouvoir les vertus républicaines. Ainsi, nous redonnerons au Congo la place qu’il mérite tant au sein de notre continent, qu’à l’échèle internationale. Levons-nous, car cette démarche nous concerne tous». Ci-dessous, la dénonciation des Katangais.
Jimbo-Yetu