Deux inaugurations en 48h pour marquer le territoire. En déplacement dans le Haut-Lomami, le président Félix Tshisekedi a mis en service mercredi l’usine de traitement d’eau de Kamina, puis jeudi un centre hospitalier moderne à Kaniama-Kasese. Double signal à l’approche de 2028: le chef de l’Etat veut prouver qu’il équipe la province et tient ses promesses électorales. Dans une province minière longtemps en manque d’infrastructures de base, Kinshasa déploie 13 millions de dollars pour l’eau potable à Kamina et ouvre un hôpital équipé à Kaniama-Kasese. Objectif: réduire la dépendance aux forages et rapprocher les soins des populations. Portée par l’Agence congolaise des grands travaux -ACGT- et présentée comme un modèle à répliquer à Kananga, au Kasai central, l’usine de Kamina, d’un coût de 13 millions de dollars, doit produire 7.000 m3 d’eau potable par jour. La deuxième phase du projet a permis la pose de 5 km de conduites pour relier l’ouvrage au château d’eau de la ville. A Kaniama-Kasese, le nouveau centre hospitalier est présenté comme équipé de «matériels de dernière génération».
Kamina: tourner la page des forages ensablés
Devant autorités provinciales, corps diplomatique et population, le Chef de l’État a coupé le ruban symbolique et dévoilé la plaque inaugurale de l’usine de captage et de traitement d’eau. Réalisé par l’ACGT, l’ouvrage a été conçu en deux phases. La première: bâtiments, équipements de captage, de traitement et de stockage. La seconde: pose de 5 km de conduites en fonte jusqu’au château d’eau du quartier de consommation.Avec ses 7.000 m3/jour, l’usine doit desservir des milliers de ménages et d’activités économiques. Elle est versée au patrimoine de la REGIDESO et vient en appui aux sept forages de Lukoka, «souvent ensablés», qui alimentaient jusqu’ici la ville.
«Ce projet contribuera à renforcer durablement la santé et le bien-être des habitants en évitant des maladies hydriques dues à l’utilisation d’eau non traitée», a souligné le DG de l’ACGT, Nico Nzau Nzau. Le ministre des Ressources hydrauliques, Aimé Sakombi Molendo, présent aux côtés de son collègue des Infrastructures John Banza Lunda, du gouverneur et de l’ambassadeur de Chine, a annoncé la réplication du modèle à Kananga et dans trois autres villes du pays.
Kaniama-Kasese: un hôpital pour désenclaver les soins
Le lendemain, cap sur Kaniama-Kasese. Même rituel républicain: ruban aux couleurs jaune-rouge-bleu coupé devant l’entrée du nouveau centre hospitalier.Juste après, le président a épinglé une distinction sur l’uniforme du lieutenant général Jean-Pierre, responsable de la réalisation de l’ouvrage, sous les applaudissements d’une foule nombreuse. Il a ensuite visité les différents services. Départ par la réception pour les consultations, puis les autres départements. Selon le commentaire officiel, l’établissement est doté de «matériels de dernière génération». Le chef de l’Etat était entouré de son cabinet, de responsables militaires et de personnel de santé en blouse bleue et jaune. Dans le Haut-Lomami, province minière du sud-est, les structures sanitaires de référence manquent. Les autorités présentent ce centre comme une réponse directe à ce déficit. Aucune date n’a encore été communiquée pour l’ouverture effective au public.
Un signal politique avant 2028
Entre l’eau à Kamina et la santé à Kaniama-Kasese, le pouvoir met en avant son agenda social en province. Kamina, ville carrefour et base militaire stratégique, souffrait d’un déficit chronique en eau. Kaniama-Kasese, elle, attendait un hôpital de référence. La coopération sino-congolaise est mise en avant pour l’usine. Le modèle «usine + conduites + château» doit désormais être dupliqué.
YA KAKESA
