Dossier à la UneNation

RDC: Triple malaise chez Kayikwamba 

Elle s’est illustrée par sa fermeté et son éloquence sur la scène internationale. Thérèse Kayikwamba, ministre d’État en charge des Affaires étrangères, a gagné en notoriété grâce à ses prises de parole sans concession en français, anglais et en allemand, face à l’agression rwandaise contre la République Démocratique du Congo. Une stature internationale saluée.  Mais en interne, c’est une tout autre réalité. Depuis plusieurs mois, les agents et fonctionnaires de l’administration des Affaires

étrangères sont confrontés à un triple malaise: suppression de primes, non-paiement d’indemnités, et paralysie des transports. Une situation qui détériore sérieusement le climat social au sein du ministère.

Prime de passeport supprimée sans explication

Au cœur de la colère: la disparition inexpliquée de la prime tirée de la quotepart allouée à l’Administration sur la vente des passeports. Selon les informations fournies par des sources syndicales, cette quotepart, supprimée par le nouvel opérateur chargé de la production des passeports, permettait le versement de 100 dollars aux cadres et entre 50 à 55 dollars aux agents moins gradés.

Outre les primes, cette ressource servait également à financer l’entretien et le fonctionnement des bus de transport du personnel. Une suppression brutale, intervenue sans explication officielle, ni de la part du Cabinet de la ministre, ni du nouvel opérateur.

Transport du personnel paralysé

Conséquence directe: deux des trois bus affectés au transport des agents sont aujourd’hui à l’arrêt, rangés au garage faute de moyens pour les réparations. Le seul véhicule encore fonctionnel est en sursis, manquant régulièrement de carburant et de lubrifiants. Pour compenser, les agents doivent se cotiser chaque jour -2 000 francs congolais le matin et 2 000 francs en fin de journée- pour continuer à se rendre au travail.

Une prime institutionnelle impayée depuis des mois

Autre point de discorde: la prime institutionnelle, attendue depuis plusieurs mois. Malgré les sollicitations répétées, la ministre n’est toujours pas parvenue à débloquer la situation auprès de ses collègues du Budget et des Finances. Pendant ce temps, les représentations diplomatiques comme la centrale ne reçoivent leurs frais de fonctionnement qu’au compte-gouttes.

Appel au sommet de l’État

Face à ce qu’ils qualifient de «défaillance» de leur tutelle, les syndicats appellent à une intervention urgente du président de la République et de la Première ministre pour rétablir un fonctionnement digne de ce nom au sein du ministère. Alors que Thérèse Kayikwamba continue de briller sur le plan international, son ministère vacille à l’intérieur, rongé par les frustrations et les manquements. Certains agents et cadres se demandent si la diplomatie RD-congolaise pourra encore porter loin la voix du pays si, en coulisses, ses propres serviteurs sont abandonnés.

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