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RDC: Panda commente la première Médiamétrie 2025

C’est un tournant qui s’enracine. En République démocratique du Congo, les habitudes de consommation médiatique amorcent un nouveau virage avec la montée des médias numériques. Dans sa première Médiamétrie de l’année, l’Institut de sondage «Les Points» a constaté une transformation profonde et rapide du paysage audiovisuel, notamment dans la capitale RD-congolaise. Très attendu, ce premier baromètre de média en 2025 vient «quantifier, analyser et comprendre l’écoute, la vue ou la lecture des contenus». Avec des chiffres plutôt surprenants, on note la montée du téléphone portable comme un canal de consommation des médias, aux côtés des réseaux sociaux, reléguant les médias traditionnels à une place secondaire. Directeur général de l’Institut «Les Points», Panda a, dans une interview exclusive avec AfricaNews, commenté cette tendance. «De manière globale, les renseignements généraux récoltés sur le terrain nous indiquent que les Kinois consomment désormais majoritairement les médias via les réseaux sociaux», affirme-t-il, précisant que 74% des personnes interrogées utilisent leur téléphone portable comme principal support médiatique, devançant la radio -72%- et la télévision -59%.

Selon cet expert, cette tendance est justifiée par la polyvalence du smartphone et la faible accessibilité à l’électricité, faisant de cet appareil «le média le plus prisé dans les habitudes des Kinois». Au moins 69% des répondants ont également plébiscité les réseaux sociaux comme «la première source d’information» alors que les médias traditionnels sont désormais jugés «trop enclins à la censure».Ce virage au numérique n’est cependant pas sans conséquence sur le paysage médiatique qui en sort «bouleversé». A Kinshasa, les Youtubeurs, Tiktokeurs et blogueurs ont gagné en popularité, attirant beaucoup plus d’audience. Toutefois, selon cet expert des sondages, la radio conserve encore une «place importante», avec une audience globale de 48% alors que la télévision se maintient à 46%, mais avec des pics lors des grands événements. Freddy Panda a également alerté sur le «déclin du journal papier qui paraît vivre ses derniers instants» mais il croit tout de même à un petit sursaut «comme à chaque époque où les habitudes tendent à changer avec l’avènement d’un nouveau média». Selon lui, moins d’1% des organes de presse continuent à imprimer leurs éditions. Ce déclin, il le justifie par la crise économique et les coûts d’impression. Pour contourner continuer à exister, ces journaux d’hier ont migré vers la presse en ligne, «plus accessible et plus rapidement diffusée».

Cette Médiamétrie a été réalisé «avec rigueur», rassure son auteur, balayant les accusations de «parti pris». L’Institut «Les Points» a interrogé 1.000 personnes résident dans les 24 communes de la ville de Kinshasa, âgés de 15 ans à plus. «Si défendre les faits, respecter les données, et ne pas céder aux polémiques faciles, c’est être complaisant, alors nous l’assumons», tente d’ironiser Freddy Panda. Interview.

Bonjour, M. Panda. Vous venez de publier un sondage sur la médiamétrie au premier semestre 2025 dans la ville de Kinshasa. Pouvez-vous nous dire brièvement c’est quoi une médiamétrie?

Bonjour et merci pour votre question. La médiamétrie désigne l’ensemble des mesures d’audience des médias, c’est-à-dire la manière dont on quantifie, analyse et comprend l’écoute, la vue ou la lecture des contenus diffusés par les médias -radio, télévision, presse, Internet, etc. Concrètement, cela permet de savoir combien de personnes ont regardé une émission ou écouté une station de radio; quand et pendant combien de temps. Quel type de public -âge, sexe, catégorie socio professionnelle, etc.- est concerné. Quels supports ont été utilisés -TV, smartphone, ordinateur, etc. Dans une ville comme Kinshasa, une étude de médiamétrie pour le premier semestre 2025 viserait donc à comprendre quels médias sont les plus consommés, à quels moments et par quels types

de publics. Cela aide d’un côté, les médias à mieux adapter leurs contenus. Et, de l’autre, les annonceurs à choisir les bons canaux pour la publicité, et les décideurs à mieux cerner les habitudes d’information ou de divertissement de la population.

Comment avez-vous procédé à la réalisation de cette étude?

Excellente question. Pour garantir la fiabilité et la représentativité des résultats de cette enquête de médiamétrie à Kinshasa, nous avons adopté une méthodologie rigoureuse, structurée autour des éléments scientifiquement acceptés. Nous avons donc recouru aux méthodes couplées quanti-quali, notamment une enquête par sondage avec des questionnaires structurés administrés à un échantillon représentatif de la population de Kinshasa 1.000 personnes résident dans les 24 commune de la ville de Kinshasa âgé de 15 ans à plus, réalisés en face-à-face pour les zones accessibles et par téléphone dans certaines communes urbaines, avec l’objectif de recueillir des données chiffrées sur les habitudes de consommation des médias. Nous avons aussi réalisé des entretiens semi-directifs dits qualitatifs complémentaires, menés avec des groupes ciblés, notamment jeunes, adultes, professionnels des médias, etc., pour comprendre les motivations et les préférences derrière les choix médiatiques.

Pouvez-vous nous donner en quelque lignes le résultat de ce sondage? 

De manière globale, les renseignement généraux récoltés sur le terrain nous indiquent que les Kinois consomment désormais majoritairement les médias via les réseaux sociaux. Le premier semestre 2025 révèle des tendances claires sur la consommation médiatique des habitants de Kinshasa. Selon les données recueillies, les réseaux sociaux dominent désormais en termes d’audience, surpassant les canaux traditionnels. Nous avons constaté que grâce à un téléphone, on a accès à plusieurs médias. Concrètement,  74 % des personnes interrogées affirment utiliser leur téléphone portable comme principal support médiatique. Celui-ci devance de peu la radio -72 %- et la télévision -59%. Les tablettes et ordinateurs restent marginalement utilisés -11%. Ce choix est motivé par plusieurs facteurs, notamment la faible accessibilité à l’électricité dans la capitale congolaise et la polyvalence du téléphone portable. Pratique et utilisable en toutes circonstances, il permet d’accéder à la radio, la télévision, la presse écrite, ainsi qu’à diverses plateformes d’information, le tout en un seul appareil. Il s’impose ainsi comme le média le plus prisé dans les habitudes des Kinois. Pour 69 % des répondants, les réseaux sociaux constituent la première source d’information, bien devant les médias traditionnels, jugés trop enclins à la censure. Malgré cette popularité, ces plateformes suscitent une certaine méfiance en raison de la prolifération des fausses informations et des contenus manipulés par l’intelligence artificielle.

Le paysage est donc bousculé? 

C’est le cas de le dire. Le paysage audiovisuel est bouleversé. La transition vers le numérique a profondément modifié les heures et modes de consommation des médias. Les Kinois s’informent désormais en temps réel, grâce aux Youtubeurs, Tiktokeurs et blogueurs qui relaient l’actualité sous forme de dépêches. Résultat: un programme diffusé sur les réseaux atteint souvent une audience plus large qu’à la radio ou à la télévision.

Mais quelle est, aujourd’hui, la part des médias dits traditionnels?

Nous avons aussi constaté que la radio conserve toutefois une place importante, avec une audience globale de 48 %. Cependant, l’avenir semble incertain: plusieurs stations ont cessé d’émettre, laissant Top Congo FM presque seule sur le marché, avec 90 % de parts d’audience. La télévision, quant à elle, suit de près avec 46 % d’audience. Elle reste fortement consommée via la TNT -73 %- plutôt qu’en péage -27 %-, et connaît des pics d’audience lors des matchs de football ou des grands événements en direct.

Nous avons également noté le déclin du journal papier qui paraît vivre ses derniers instants, sauf si le tabloïd pourrait déjouer les pronostics comme à chaque époque où les habitudes tendent à changer avec l’avènement d’un nouveau média. Moins de 0,5 % des organes de presse continuent à imprimer leurs éditions. Face à la crise économique et aux coûts d’impression, la majorité a migré vers la presse en ligne, plus accessible et plus rapidement diffusée.

Kinshasa semble être votre zone de prédilection…

Nous soulignons effectivement que  que ce sondage s’est exclusivement déroulé dans la ville de Kinshasa, où il y a une forte concentration des médias pour des raisons évidentes. Il porte sur la consommation de l’audiovisuel local -TNT et chaînes à péage-, la presse en ligne traitant de l’actualité locale, ainsi que les journaux édités. 

Monsieur Panda, on vous accuse d’avoir de nombreux partis pris et d’être trop complaisant envers vos partenaires. En lançant cette enquête par sondage, vous affirmez qu’elle est crédible et impartiale?

Ah, le fameux “parti pris”… Dès qu’on dérange un peu, on devient forcément suspect!  Plus sérieusement, si défendre les faits, respecter les données, et ne pas céder aux polémiques faciles, c’est être complaisant, alors nous l’assumons. Comment amener les enquêtés à parler, par exemple, d’un titre qui paraît à l’improviste et dépourvu d’un site ou encore d’un site dont les informations perdent en qualité? Dans cette enquête, il n’y a rien d’autre que du travail sérieux et du respect pour ceux à qui on donne la parole: les citoyens.

Nous vous remercions d’avoir pris le temps de répondre à nos questions. 

C’est moi qui vous remercie.

AfricaNews

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