
Deux gros incidents en un jour, et le Conseil d’administration se réunit en urgence. Le 11 avril 2026, le train Express Kinshasa-Matadi tombe en panne et l’ITB Kokolo frôle le naufrage lors d’une randonnée fluviale. Quatre jours plus tard, le PCA de l’ONATRA, Matthieu Mananga Ngoma, exige des comptes. La réunion du 22 avril avait tout pour être explosive: à ces défaillances techniques s’ajoute une bombe sociale, six mois d’arriérés de salaires.
Le samedi 11 avril 2026 aurait pu tourner au drame. Sur la voie ferrée, le train Express Kinshasa-Matadi a subi une avarie majeure, la deuxième en l’espace d’une semaine. L’engin a dû mettre 25 heures pour arriver à destination contre 8 heures. Sur le fleuve, l’ITB Kokolo, loué pour une sortie, a échappé de peu à la catastrophe. Deux modes, un diagnostic: «mauvaise appréciation technique» et «réel dysfonctionnement préjudiciable», a écrit noir sur blanc le PCA Matthieu Mananga Ngoma dans sa lettre du 15 avril adressée au DG Martin Lukusa Panu. Pour le président du Conseil, ces ratés «répétitifs» plombent toute relance. Il réclame un rapport détaillé avant le Conseil du 22 avril afin de «lever des options idoines».
Six mois d’impayés attisent la colère
Les avaries ont précipité le Conseil, mais c’est la question salariale qui fait monter la température. Sources syndicales à l’appui: les agents actifs cumulent six mois d’arriérés: décembre 2024, janvier 2025, puis janvier, février, mars et avril 2026. Les retraités parlent de «retards innombrables et incalculables».
Malgré la redevance logistique terrestre -RLT-, censée alimenter la trésorerie, décembre 2024 et janvier 2025 restent impayés. Pire, la direction s’apprêterait à régler mars 2026 en sautant plusieurs mois. «Où sont passées les paies de janvier, février, avril 2026 ? Et août 2025?», s’indigne un syndicaliste. La manœuvre est vue comme du «maquillage» pour simuler une gestion à jour.
«Deux poids, deux mesures»
Chez les retraités, l’exaspération vire à la menace. Un jeune pensionné promet d’user de «tous les moyens légaux» pour obtenir sa clôture des comptes. Il affirme détenir une liste d’ex-collègues payés «au lendemain de leur mise à la retraite», quand d’autres patientent des années. Face à ce double front, technique et social, les syndicats appellent la Présidence de la République et le Gouvernement à ouvrir une enquête. «Si on ne se reproche rien, on paie dans l’ordre», lâchent-ils.
Le Conseil d’administration du 22 avril devait non seulement statuer sur les incidents du 11 avril, mais aussi répondre à l’urgence sociale. Car sur le terrain, l’ONATRA ne demande plus des «options idoines». Il réclame des trains qui roulent, des bateaux qui flottent, et des salaires qui tombent sans couac.
Natine K.
