
Sam Bokolombe Batuli, candidat aux législatives nationales de décembre 2023 à Basankusu, s’en sort blanchi, mais pas indemne, dans le procès l’opposant à la Commission électorale nationale indépendante -CENI. Cette dernière a invalidé, en janvier 2024, plus de 80 prétendants aux chambres législatives, évoquant bourrage d’urnes et autres formes de fraude électorale. Sauf que Denis Kadima et l’institution électorale n’ont jamais apporté les preuves de leurs allégations, privant par conséquent Sam Bokolombe et cie de sièges dans ces assemblées. La CENI de Kadima a fini par payer cash son erreur d’appréciation, tant elle a été déboutée par la Cour de cassation qui, dans le cas de Sam Bokolombe, a fini par «classer -l’affaire- sans suite».
L’intéressé a été notifié au travers de la correspondance du PG Firmin Mvonde du 3 février 2025. Cette missive a dévalué la CENI et son président, Denis Kadima, qui, dans ce contexte, étaient allés vite en besogne, écartant de la course des candidats sérieux à l’instar de Sam Bokolombe, élu à Basankusu en 2011 et réélu en 2018 pour le compte de la même circonscription. Moralement et politiquement, Bokolombe a été rétabli mais il reste à résoudre la question des préjudices lui causés par la mauvaise décision de Kadima. Le candidat Bokolombe Botuli a été invalidé dans des conditions burlesques qu’il avait personnellement révélées et déplorées lors d’une sortie médiatique l’année dernière.
«J’ai voté à Basankusu au centre Bondeko, bureau A. J’y suis arrivé à 16h15’. Le bureau, une salle de classe, était bondé de témoins et d’observateurs. Une centaine d’individus. Selon la procédure, je remets ma carte d’électeur au préposé de la CENI qui me tend un bulletin de vote. Le temps de vouloir me rendre vers l’isoloir, ce dernier me demande d’attendre, car la machine est bloquée et un autre électeur s’y trouve. Et moi de lui dire que je n’ai plus 20 ans. J’attendrai assis. Il me donna une chaise en bois. L’attente a duré entre 15 et 20 minutes. Pendant ce temps, certains individus partisans de mes concurrents vociféraient dehors au cri de ça traine! Ça traine! Pourquoi est-il assis? Pourtant, les témoins et observateurs étaient avec moi dans la salle et à travers les claustras tout le monde pouvait s’apercevoir de ce qui s’y passait. Ce serait donc un bourrage à ciel ouvert!», s’était exclamé le candidat invalidé.
Et de poursuivre: «après les instructions transmises au président du bureau de vote au téléphone, la machine est débloquée et remise en marche. Et mon prédécesseur a voté. Puis vint mon tour. C’est pour la première fois que j’étais en contact avec ce DEV. Un agent de la CENI m’aida à m’y prendre au risque d’indiscrétion. Le vote m’a pris 2 minutes. Aussitôt terminé, je suis sorti du bureau pour embarquer dans ma jeep et rentrer à ma résidence».
Puis de déplorer: «c’est pendant qu’on attendait le déblocage de la machine que le tourneur de la vidéo, de mauvaise foi, et par motivations politiciennes, faisait dire aux personnages en vedette, conditionnés et stipendiés, toutes les inepties et incohérences racontées à mon sujet».
Par ailleurs, Sam Bokolombe avait dit n’avoir même pas été premier en nombre de voix dans ce bureau de vote. «Drôle de bourrage!», avait-il ironisé. Il sied de rappeler que Firmin Mvonde, en avril 2024, avait lancé un appel à témoins concernant les candidats invalides aux législation de décembre 2023. Cet appel à témoins a été lancé après que la Cour de cassation a statué sur le «manqué de supports» ou preuves à la base de la décision de la CENI d’invalider cette cohorte de candidats.
