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RDC : Bahati a l’étoffe pour succéder à Ilunkamba

La messe semble être dite pour Ilunkamba et son équipe, attendus ce mardi 26 janvier 2021 à l’Assemblée nationale pour répondre d’une motion de censure initiée à leur encontre par le député Chérubin Okende. En attendant de connaitre l’épilogue de cet épisode du feuilleton Union sacrée, presque sans suspense, la peau d’Ilunkamba étant déjà vendue aux enchères avant d’être tué, la course à la primature alimente des débats dans les salons huppés. Mardi dernier, à la faveur d’une rencontre avec les députés FCC ayant rallié l’Union sacrée, Jean-Marc Kabund, président ai de l’UDPS, fer de lance du Président Félix Tshisekedi, a notamment révélé que des transfuges du FCC sortira le prochain président de l’Assemblée nationale.

Cette révélation, de l’avis de certains analystes, a levé un coin de la voile sur les responsabilités que chaque regroupement devra jouer dans la gestion de la chose publique conformément à la vision du Chef de l’Etat. Les mêmes analystes estiment qu’au regard du poids politique de chaque regroupement, l’AFDC-A de Bahati est bien partie pour s’offrir la primature. En effet, fort de ses 41 députés nationaux et face à un Katumbi hésitant et/ou trop exigeant, Modeste Bahati passe pour le leader ayant un poids numérique élevé après les dissidents FCC. «Quoi de plus normal que la responsabilité de conduire le gouvernement d’Union sacrée lui revienne?», s’interrogent des observateurs, dénonçant le martyre causé à Bahati par le FCC de Joseph Kabila, malgré son poids politique non négligeable.

«Bahati Lukwebo semble devenir la pierre angulaire de l’architecture de l’Union sacrée», constatent-ils avec éblouissement de la perspicacité de l’homme qui a su conduire à bon port la mission d’informateur en 15 jours plutôt qu’en 30 comme définis par la Constitution. «Ce qui démontre son habileté politique», soulignent les mêmes observateurs aux yeux de qui Bahati a l’étoffe pour conduire le futur gouvernement d’Union sacrée de la nation. Focus sur la carrière du leader de l’AFDC-A dans la gestion des affaires publiques.

Parcours élogieux

Plusieurs fois ministre, Modeste Bahati Lukwebo a laissé des traces indélébiles dans les différents ministères qu’il a occupés. Son passage au ministère du Travail, emploi et prévoyance sociale a marqué les esprits. C’est en effet Modeste Bahati qui a présenté la loi portant réforme de l’actuelle Caisse nationale de sécurité sociale -CNSS. En avril 2012, devant les sénateurs de la précédente législature, Bahati Lukwebo avait présenté non sans les convaincre du bien-fondé de la réforme de l’ex-INSS. Et aujourd’hui, cet établissement de l’Etat savoure les bénéficies du travail abattu par Bahati Lukwebo alors ministre de tutelle.

Résurrection de la CNSS

Dans ce même secteur, l’actuel informateur avait trouvé l’ex-INSS dans une situation financière intenable. Cette institution devait s’endetter auprès des banques pour payer les pensions à ses prestataires sociaux. Ce que Modeste Bahati, ministre de tutelle, avait pu mettre fin. Il s’en était allé en guerre contre les occupants illégaux des immeubles appartenant à la CNSS et des locataires insolvables. «Les occupants illégaux seront sanctionnés conformément à la loi», menaçait-il à l’époque, sachant pertinemment que cet argent sortirait la CNSS du bourbier. «Si l’on doit recouvrer des loyers, ces frais serviront, en priorité, à restaurer tous ces bâtiments, les maisons ainsi que les appartements et une bonne partie doit aller tout droit au paiement des prestataires», avait-il déclaré. Et aujourd’hui, ses efforts ont payé ! La CNSS a renfloué ses caisses au point de devenir actionnaire, notamment à Congo Airways. A ce jour, son siège national, sur le Boulevard du 30 Juin, ne fait plus figure de parent pauvre. C’est notamment grâce à cette vision de Modeste Bahati.

Second souffle à l’ONEM

Modeste Bahati n’a pas arrêté cette croisade de réforme en si bon chemin. L’Office national de l’Emploi -ONEM-, un autre canard boiteux de l’Etat, a retrouvé un second souffle grâce à la capacité d’initiatives de Bahati Lukwebo. Il a initié des concertations avec les syndicats patronaux pour arriver à déterminer le pourcentage à reverser à l’ONEM par les entreprises membres de la Fédération congolaise des entreprises du Congo -FEC. Ce pourcentage a été fixé à 0,5% au titre de contribution au budget du fonctionnement de l’ONEM. Et grâce à cet argent collecté, cet office a retrouvé un visage humain. Son directeur général qui croupissait dans la misère au tant que ses agents ont tous repris espoir de vivre.

Aujourd’hui, l’ONEM est même capable de payer des stagiaires ou d’encadrer des demandeurs d’emploi grâce au travail abattu par Modeste Bahati pour la viabilité de cet office. Ainsi, l’ONEM est aujourd’hui capable de remplir son objet social. Celui d’assurer les liaisons entre les employeurs et les demandeurs d’emploi ainsi que produire des statistiques sur l’embauche.

Encore des œuvres à l’Economie

Le passage de Modeste Bahati Lukwebo au ministère de l’Economie nationale a été jalonné des œuvres d’envergure. Alors que voyager par avion en RD-Congo demeure un luxe, Modeste Bahati a sensiblement réduit cette considération. En 2015, il a réussi à baisser de 30% le prix du billet d’avion pour un vol domestique. Une grande première en RD-Congo. Ce tarif, précisait le ministre d’Etat Bahati, a varié entre USD 280 et 128 pour le billet minimum; entre USD 195 et 479 pour le billet maximum à l’époque! Cela, sans compter sur d’autres mesures visant à éradiquer la fraude sur les matériaux de construction importés, notamment le ciment gris et la barre de fer.     

Au regard de ce parcours élogieux, Modeste Bahati, une fois à la Primature, pourrait davantage impulser l’action de l’Etat RD-congolais, et, par ricochet, un quinquennat de Félix Tshisekedi dont les deux premières années ont été caractérisées par le blocage de ses actions par son ex-partenaire, le FCC. Le dernier mot revient donc à Félix Tshisekedi!

Tino MABADA

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