Dossier à la UneNation

Promax, ce contrat qui met le feu aux poudres au Sud-Ubangi

Au Sud-Ubangi, province issue du démembrement de la grande Équateur, il y a de l’électricité dans l’air. A la base, un contrat conclu par le gouverneur Michée Mobonga avec la société qatarie Promax united investment…

Ce contrat, signé le 20 novembre 2024, porte sur la création d’une co-entreprise irrévocable -semi-gouvernementale-, chargée notamment de fournir des infrastructures pour organiser la sécurité dans la province; élaborer la cartographie géographique minière; assurer l’exploration et l’exploitation minière ainsi que le traitement et le commerce de tous les minéraux et métaux; créer une ville manufacturière militaire…

Vanté dans l’opinion comme catalyseur du développement de la province du Sud-Ubangi, ce deal est marqué cependant par des entorses qui lui confèrent un caractère léonin et illégal.

En effet, le contrat Promax dispose que 80% des parts de cette co-entreprise irrévocable revient à la société qatarie contre seulement 20% pour la province du Sud-Ubangi. De quoi nourrir des critiques contre cet accord qui comporte des clauses relatives à la sécurité.

Pourtant, toute matière sécuritaire, selon la législation RD-congolaise, est du ressort exclusif du gouvernement central. Suffisant pour déclarer ce contrat illégal et susceptible de nuire à la sûreté et à l’intégrité territoriale de la RD-Congo.

La province du Sud-Ubangi partage une longue frontière avec la République Centrafricaine où des troupes rwandaises, les mêmes qui mènent une guerre d’agression contre la RD-Congo dans le Kivu via les rebelles d’AFC-M23, sont déployées aussi bien comme casques bleus que dans le cadre d’un accord bilatéral pour protéger le régime Touadera contre les rebelles. Ces troupes sont en plus chargées de veiller aux intérêts économico-miniers du Rwanda.

Suffisant pour pousser certains observateurs à redouter le pire dans les efforts déployés par le gouvernement central en vue de protéger l’intégrité territoriale de la RD-Congo face à l’agression rwandaise perpétrée.

Outre son caractère léonin, le contrat Promax est aussi frappé d’illégalité par la signature d’une autorité sans qualité: le conseiller principal du gouverneur.

A la conclusion de ce contrat, le 20 novembre 2024, c’est un certain Michel Mbumbu Songo, conseiller principal du gouverneur du Sud-Ubangi, qui a engagé la province en tant que ministre des Finances alors qu’en ce moment-là, ce fauteuil gouvernemental était vacant. Le ministre provincial des Finances, Jean Guy Mampuya Mameleyi, nommé aux termes de l’arrêté du 15 août 2024, avait démissionné 2 semaines plus tard. Il n’a été remplacé à ce poste que le 31 janvier 2025 par… le même Michel Sumbu Songo. Ce dernier, selon la société civile, est le fils du gouverneur Michée Mobonga.

Une tentative de rattrapage entachée de népotisme, ont dénoncé d’aucuns, non sans déplorer cette usurpation de qualité, en complicité avec le gouverneur Mobonga, dans la conclusion de l’accord avec Promax. Gravissime.

Cette usurpation de qualité pousse à s’interroger sur les bonnes intentions du gouverneur Mobonga à scruter de près les événements consécutifs à la signature du contrat avec Promax, aujourd’hui cause de la crise institutionnelle actuelle dans le Sud-Ubangi.

Ce conflit est parti de dénonciations sur le caractère illégal et léonin du contrat Promax par un groupe de députés provinciaux. Il a été exacerbé, selon les mêmes députés, par le vice-Premier ministre de l’Intérieur et Sécurité, Jacquemain Shabani, qui a décidé de la suspension des activités de l’Assemblée provinciale du Sud-Ubangi. A la suite de la décision du VPM Shabani, le ministre d’Etat à la Justice, Constant Mutamba, a, lui, instruit pour des poursuites judiciaires contre un groupe de députés provinciaux du Sud-Ubangi opposés au contrat Promax. Parmi les députés visés, l’ancien président de l’Assemblée provinciale, Martinien Ngandakwe. Ce dernier, décidé à rejoindre Kinshasa pour présenter ses moyens de défense, a dû faire face à une montagne de contraintes au point d’abandonner et de se laisser renverser par une pétition alimentaire.

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