
Le contrôle répressif du marquage moléculaire lancé dans la Zone Sud-Est par le ministère des Hydrocarbures, en partenariat avec celui de l’Intérieur, a déjà porté ses premiers fruits. Moins de 24 heures après le début des opérations, un ressortissant somalien a été expulsé du territoire congolais pour violation grave de la législation sur les hydrocarbures. C’est un coup de filet retentissant que viennent de réaliser les équipes mixtes des ministères des Hydrocarbures et de l’Intérieur. Le mardi 27 mai, à l’issue de leur première mission dans la Zone Sud-Est, plusieurs contrebandiers ont été interpellés.
À leur tête, un individu de nationalité somalienne, un certain Ali non autrement identifié, présenté comme l’un des cerveaux d’un réseau illégal opérant dans le secteur pétrolier. Celui-ci a immédiatement été expulsé de la République Démocratique du Congo.
Selon les autorités, ce réseau structuré importait, stockait, transportait et commercialisait des produits pétroliers en dehors de tout cadre légal. Le cartel utilisait un seul titre pour opérer au nom de plusieurs sociétés, une pratique strictement interdite, les titres étant intransmissibles et non cessibles. Une fraude manifeste qui leur permettait d’échapper à toute forme de régulation. Les installations abandonnées par les ressortissants étrangers ont été placées sous scellés, tandis que leurs complices congolais ont été appréhendés et seront traduits devant la justice.
Une offensive contre l’évasion fiscale
Pour le ministre des Hydrocarbures, Sakombi Molendo, nommé à ce poste en juin 2024, cette opération marque le début d’une nouvelle ère. Fermement engagé dans la lutte contre la contrebande pétrolière, il entend faire du secteur un levier stratégique de développement. L’un des objectifs majeurs de son mandat: enrayer l’évasion fiscale qui, selon ses propres estimations, fait perdre chaque année plusieurs centaines de millions de dollars à l’État congolais.
«L’entrée clandestine des produits pétroliers constitue une véritable hémorragie économique», a déclaré le ministre, pointant du doigt les circuits parallèles qui échappent à tout contrôle fiscal et logistique.
Technologie au service de la traçabilité
Déterminé à renforcer la transparence, Sakombi Molendo a lancé dès août 2024 le marquage moléculaire des produits pétroliers dans la Zone Sud-Est. Cette technologie de pointe permet d’authentifier l’origine, la nature, la qualité et la quantité des carburants, tout en luttant efficacement contre la fraude, les importations illégales et les détournements. En avril 2025, le Conseil des ministres a validé une nouvelle phase du dispositif: l’instauration de scellés électroniques intégrant le système de surveillance SigOil et la technologie RFID. Grâce à des modules GSM et GPS, ces dispositifs permettent un suivi en temps réel des camions-citernes sur l’ensemble du territoire, assurant une traçabilité optimale.
Une campagne de six jours aux conséquences lourdes
La mission conjointe des ministères de l’Intérieur et des Hydrocarbures s’étendra sur six jours. Elle vise à identifier formellement les acteurs de la fraude pour procéder au retrait de leurs titres, à leur expulsion définitive et à la fermeture de leurs installations -dépôts, stations-service…). Les RD-Congolais impliqués, quant à eux, seront déférés devant les juridictions compétentes. À l’issue de cette phase, le relais sera transmis aux autorités provinciales, en particulier à la Division provinciale des Hydrocarbures, pour poursuivre la répression sur le terrain. Cette première opération constitue une démonstration de fermeté du gouvernement congolais dans sa lutte contre la criminalité économique liée aux hydrocarbures. Elle envoie un signal clair: la fraude ne passera plus.
WIDAL
