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Les pères évêques se désacralisent

Après l’OR, la MP, les Confessions religieuses, l’ALLIBA et les forces de l’UDPS, le Rassemblement dirigé par Joseph Olenghankoy cloue les prélats catholiques au pilori et légitime le Premier ministre Bruno Tshibala 
Jamais dans l’histoire de l’Eglise catholique une position de la Conférence épiscopale nationale du Congo -CENCO- n’a suscité autant de polémique. Pour avoir déclaré récemment que la désignation de Bruno Tshibala au poste de Premier ministre est une entorse à l’Accord du 31 décembre, les évêques catholiques sont l’objet d’une fatwa de la part presque toutes les forces politiques et sociales. Le samedi 22 avril 2017, l’Opposition républicaine de Kengo, puis lundi 24, la Majorité présidentielle et les Confessions religieuses ont pris le contrepied des prélats catholiques, appelant les acteurs politiques et sociaux à se regrouper autour de Bruno Tshibala pour former un gouvernement chargé d’organiser les élections. Comme elles, l’Opposition signataire de l’Accord du 18 octobre et l’Alliance de Bangala -ALLIBA- sont contre l’attitude de la CENCO.
Sale temps pour la Conférence épiscopale nationale du Congo -CENCO. Après l’Opposition Républicaine, les Confessions religieuses, la Majorité présidentielle et l’Alliba, les forces politiques et cadres de l’UDPS ont également brocardé les évêques catholiques mardi 25 avril à la faveur d’une manifestation populaire à la FIKIN. Jamais auparavant, les pères évêques ne s’étaient autant déconsidérés. Leurs messages ne font plus autorité. Surtout pas celui dans lequel ils osé qualifier la nomination de Tshibala d’entorse à l’Accord de la Saint-Sylvestre. A leur tour, les forces politiques et cadres de l’UDPS décrient une distraction des prélats. «Nous disons non à la seconde distraction de la CENCO qui a encore tendance à faire sombrer la population dans un sommeil prolongé au moment où celle-ci attend impatiemment l’organisation des élections par le gouvernement Tshibala, qui incarne bel et bien l’idéologie de l’UDPS et le souhait de la population», disent-ils.
La CENCO a surtout été violemment critiquée par le Rassemblement dirigé par Joseph Olenghankoy. Ce regroupement politique révèle la confusion entretenue par l’Eglise catholique et soulève des questions sur la probité morale des évêques, accusés de rouler pour la frange du Rassemblement fidèle au trio Tshilombo-Lumbi-Katumbi. Des propos forts, surtout quand ils sont adressés aux primats. Mais en croire certaines indiscrétions, Olenghankoy et sa machine ont toutes les raisons de douter de la «probité morale» des évêques. En effet, signale-t-on, la déclaration lue vendredi 21 avril dernier par l’abbé Donatien Nshole serait élaborée ailleurs que dans une assemblée générale de la CENCO. «Pourquoi Monseigneur Fridolin Ambongo n’a pas signé le document? Pourquoi le Rassemblement/Olenghankoy qui a continué à prendre part aux travaux du Centre interdiocésain en tant que l’autre frange de ce regroupement politique serait d’un coup devenu illégitime aux yeux des prélats des jours après la nomination de Tshibala? Qu’est-ce qui s’est passé lors de la rencontre avec Félix peu avant la sortie des messeigneurs? Les masques sont-ils en train de tomber?», interroge-t-on à l’adresse des évêques, soudain mis à l’épreuve de la sainteté.
Ils avaient rendu le tablier
Olenghankoy, comme d’autres structures politiques et même les confessions religieuses avant lui, rappelle dans son message que c’est à l’issue du rapport au Chef de l’Etat faisant part de l’échec de bons offices de la CENCO et l’engagement de ce dernier à résoudre, à la demande des évêques, les deux points de blocage, notamment la désignation et nomination du Premier ministre et du président du Comité nationale de suivi de l’Accord et du processus électoral -CNSA, soulignant que les parties au dialogue de la CENCO étaient tombées d’accord sur le fait que le Président de la République consulte les forces politiques et sociales en vue de faire aboutir le compromis politique.
Le Rassemblement aile Olenghankoy rappelle également que Kabila s’est fait fort de consulter les forces politiques et sociales à l’exception du Rassemblement/Limete, qui a décliné l’invitation officielle du Président de la République, lui préférant des contacts nocturnes informels. Il insiste également sur le fait que le Chef de l’Etat a débuté la mise en œuvre de l’Accord en nommant au poste de Premier ministre Bruno Tshibala, une personnalité issue du Rassemblement dont il était du reste le porte-parole désigné par Etienne Tshisekedi, proposé sur la même liste que Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi.
Pour Olenghankoy, la CENCO se compromet et affiche sa partialité en cherchant à imposer Félix Tshilombo Tshisekedi à la Primature. Après autant des réactions, pas besoin d’un dessin pour comprendre que la Conférence des évêques catholiques fait l’unanimité contre elle.
HRM

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