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Le Bloc Katangais interroge Washington sur son rôle dans le débat constitutionnel à Kinshasa

Coup de pression diplomatique. Le 14 juillet 2026, le Bloc Katangais, organisation de la société civile congolaise enregistrée au Canada depuis 2021, a adressé une lettre ouverte à Marco Rubio, secrétaire d’Etat des Etats-Unis. Elle demande une «clarification publique» sur la position de Washington dans le débat constitutionnel qui agite la République Démocratique du Congo. Le point de départ est une déclaration du président Félix Tshisekedi, le 7 mai 2026. Lors d’une conférence de presse, le chef de l’Etat a assuré que les Etats-Unis exigeaient des réformes «impossibles à mettre en œuvre sans toucher à la Constitution».

Pour le Bloc Katangais, ces propos accréditent l’hypothèse d’un «appui direct ou implicite de Washington» à une révision constitutionnelle. Et ce, alors même que les Accords de Washington, signés le 4 décembre 2025 entre la République Démocratique du Congo, le Rwanda et les Etats-Unis, étaient censés stabiliser l’Est du pays.

«Indulgence excessive» dénoncée

Dans son courrier, l’organisation cite une tribune de Liam Karr et Yale Ford, chercheurs à l’American Enterprise Institute, publiée récemment dans «Newsweek». Les deux analystes y appellent l’administration Rubio à «durcir le ton» face à Kinshasa, accusé de ne pas s’engager «sincèrement dans la pacification» et d’«instrumentaliser» l’accord de Washington «à des fins de politique intérieure». Le Bloc Katangais vise directement un projet de loi sur le référendum porté par le camp présidentiel. L’opposition y voit «un habillage juridique destiné à préparer un troisième mandat», interdit par la Constitution.

Des verrous juridiques et un climat pourri

L’ONG rappelle les articles 219 et 220 de la loi fondamentale. Le premier interdit toute révision en période d’état de guerre, d’urgence ou de siège. Le second verrouille le nombre et la durée des mandats présidentiels. Or l’Est de la République Démocratique du Congo est sous état de siège depuis 2021. Le texte dresse aussi le portrait d’un pays qui se crispe: «arrestations arbitraires, exils forcés, discours de haine tribale, judiciarisation de la contestation». Sur le plan social, le Bloc Katangais évoque 7 millions de déplacés internes et près de 30 % de la population en situation humanitaire aiguë.

Sanctions ciblées en ligne de mire

Le Bloc Katangais demande trois choses à Washington: réaffirmer le respect de la Constitution congolaise, s’opposer publiquement à tout projet de 3e mandat, et soutenir un dialogue national inclusif sous l’égide de la CENCO et de l’ECC.

A défaut, l’organisation suggère aux Etats-Unis et à leurs partenaires d’envisager des «sanctions ciblées» contre les responsables politiques et sécuritaires impliqués dans «les atteintes à l’ordre constitutionnel». «La perspective d’un troisième mandat inconstitutionnel risquerait d’intensifier les tensions et d’entraîner un embrasement régional, rappelant les guerres de la fin des années 1990», conclut la lettre signée de la main du professeur Jean-Paul Mbuya Mutombo, président du Bloc Katangais.  Copie a été transmise aux ambassades des Etats-Unis, de Russie, de France, de Belgique, de Grande-Bretagne et de l’Union européenne.

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Tino Mabada

Doyen de la rédaction, Tino Mabada en est également le couteau suisse. Attaché à la rigueur journalistique, il suit avec une attention particulière les enjeux liés à la gouvernance, à la justice et à la vie publique. À travers ses reportages et ses analyses, il s'attache à fournir une information claire, contextualisée et fiable, contribuant ainsi à la mission d'AfricaNews : offrir une information crédible, vérifiée et sans filtre.

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