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Kitebi: la motion sera cassée!

Le ministre délégué aux Finances, Patrice Kitebi
Le ministre délégué aux Finances, Patrice Kitebi
Mis sur la sellette officiellement pour s’expliquer sur l’utilisation d’une partie de fonds alloués au fonctionnement de l’Opposition alors que dans les coulisses, l’enjeu est de faire vaciller le Premier ministre et son gouvernement. Le ministre délégué aux Finances pourra se sauver grâce à une motion incidentielle concoctée par les députés de Bandundu et soutenue par la Majorité 
Initiée depuis près d’un mois mais bloquée à maintes reprises, la motion contre le ministre délégué aux Finances, Patrice Kitebi, est finalement programmée pour ce lundi une fois la Majorité assurée d’avoir le contrôle de la situation. Le salut viendra d’une motion incidentielle mitonnée par les députés de Bandundu, province d’origine du ministre mis sur la sellette, a assuré dimanche à AfricaNews une source crédible.
La motion contre Kitebi aujourd’hui ou jamais? Des députés approchés la semaine dernière, au cours de laquelle deux séances plénières consacrées à l’audition du ministre délégué aux Finances ont avorté, paraissaient prêts au combat. Les passions et la polémique suscitées par ce contrôle parlementaire étaient telles qu’il fallait bien en finir un jour, certainement aujourd’hui. Les paroles de Samy Badibanga Ntita, président du groupe parlementaire UDPS et Alliés, d’où est parti le fameux ultimatum, ont marqué les esprits: «il faut faire quelque chose pour montrer à l’opinion que l’Assemblée nationale n’est pas une foire». Il n’y a pas image plus forte pour montrer à quel point Samy Badibanga et ses amis étaient déterminés à «s’offrir» Kitebi.
On savait que le député MLC Germain Kambinga, opposé à la démarche de l’Opposition pour des motifs raisonnables, a été pris à contrepied par le président de son propre groupe parlementaire, Alexis Lenga. On savait aussi qu’à l’UDPS, tous ne parlaient pas un même langage. Des bruits avaient circulé ces derniers jours faisant part de la sortie d’USD 75.000 destinés à étouffer la motion mais captés par un malin député UDPS, disparu de la circulation à Kinshasa, signalé dans son fief au Kasaï Occidental avant d’être aperçu dans la capitale où il est rentré incognito. Ce cliché d’une Opposition désunie et corruptible interdisait cependant toute illusion.
Motion contre Kitebi, oui, mais qui visait-on? «En off», certains députés avaient lâché: «Nous sommes tous sans ignorer que le Premier ministre est le véritable ministre des Finances. C’est donc lui le véritable enjeu. Si Kitebi rate de fournir des explications claires sur plusieurs dossiers que nous allons sortir séance tenante, il aura ouvert la brèche et nous, nous aurons réussi notre coup». Sans blague, la politique est impitoyable!
Passerelle pour la Majorité
Au-delà de la cohésion requise à la Majorité présidentielle -MP-, les députés élus et originaires de Bandundu ont pris la mesure de la situation. Ils ont juré de faire bloc derrière Kitebi. L’astuce a consisté à peaufiner une motion incidentielle pour casser la motion Samy Badibanga, tirer d’affaires le ministre délégué aux Finances et mettre le gouvernement à l’abri. Au moment de la décision, la MP n’aura qu’à se saisir de cette arme fatale pour enrayer ce contrôle parlementaire.
Qu’ils soient ARC, MSR, PPRD, AFDC, CCU… ou CNC, les élus de la Majorité présidentielle ont intérêt à ce que les rangs des Kabilistes, leurs rangs restent soudés face à une Opposition zélée, résolument et légitimement déterminée à les monter les uns contre les autres, à les entrainer dans son jeu visant à faire tomber le gouvernement, leur gouvernement.
Si elle est confirmée, la plénière de ce lundi 10 novembre constitue un véritable test de cohésion pour les troupes kabilistes, qui ne pourront jamais mettre l’Opposition en déroute sans la solidarité entre elles. Face à cette motion stupéfiante, c’est donc à la Majorité présidentielle, et à elle seule, de prendre, et très vite, ses responsabilités. Il reste que pour certains, ce jeu éminemment politique contribue à la banalisation du contrôle parlementaire.   
AKM

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