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JKK:«J’ai choisi d’œuvrer pour la paix»

Après plusieurs années de silence, l’ancien président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila, est sorti de sa réserve. Dans un message à la Nation prononcé le vendredi 23 mai, au lendemain de l’autorisation par le Sénat de poursuites militaires à son encontre, le sénateur à vie a choisi de ne pas s’attarder sur cette décision. Pendant près de 45 minutes, il s’est concentré sur la situation alarmante que traverse le pays, refusant d’être accusé de «non-assistance à plus de cent millions de compatriotes en danger».

S’appuyant sur son expérience à la tête de l’État et après consultation de plusieurs chefs d’États et anciens dirigeants de la région, Joseph Kabila a livré son analyse de la crise congolaise qu’il qualifie de «profonde et multidimensionnelle», proposant une approche globale et réaliste pour y mettre fin. Pour lui, seule une réponse holistique peut conduire à une paix durable.

Un plan en douze étapes

La feuille de route qu’il propose s’articule autour de douze grandes étapes. Il appelle tout d’abord à la fin de la «dictature, ou plutôt de la tyrannie», avant d’exiger l’arrêt de la guerre, le rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national, et le retour à une démocratie fondée sur un véritable État de droit garantissant les libertés fondamentales.

Il insiste ensuite sur la nécessité de réconcilier les Congolais, de reconstruire la cohésion nationale et de relancer le développement par une bonne gouvernance économique, une gestion rigoureuse des finances publiques et une répartition équitable des ressources nationales. Par ailleurs, Joseph Kabila plaide pour un dialogue sincère et constant avec les pays voisins, condition sine qua non d’une paix durable dans la région. Il estime qu’une telle approche permettra de restaurer la crédibilité de la RDC auprès de ses partenaires régionaux, continentaux et internationaux.

La sécurité au cœur des priorités

L’ancien président appelle également à la neutralisation de tous les groupes armés, qu’ils soient nationaux ou étrangers, ainsi qu’au rapatriement des forces étrangères présentes sur le sol national. À ce propos, il salue la décision des pays membres de la SADC de retirer les troupes de la SAMIDRC du pays.

Joseph Kabila insiste: «Le Congo mérite mieux». Conscient de l’ampleur des défis, il lance un appel solennel à tous les Congolais –sans distinction de sexe, d’ethnie, d’âge, de classe sociale, de zone géographique ou d’appartenance politique – à s’unir autour de ces objectifs communs. Il exhorte chacun à s’engager pleinement pour restaurer l’unité nationale, préserver l’indépendance du pays et construire un État digne des aspirations du peuple congolais.

Un regard critique sur la gouvernance actuelle

Sans nommer directement le président en exercice, Kabila dresse un bilan sévère de la gouvernance actuelle, dénonçant une «caricature» du leadership et une politique extérieure qu’il qualifie de «jérémiades et de mendicité». Il appelle ses compatriotes à dépasser les divisions, à mettre fin à la violence armée et à jouer chacun leur rôle pour restaurer la paix.

Un soutien aux initiatives religieuses et diplomatiques 

Joseph Kabila salue l’initiative conjointe des Églises catholique -CENCO- et protestante -ECC-, qu’il considère inclusive et méritant d’être enrichie par la participation de l’ensemble du peuple congolais. Il accueille également favorablement les initiatives régionales et internationales de paix, notamment celles de Luanda, Nairobi, l’EAC-SADC, l’Union Africaine, Doha et Washington, les voyant comme des signes de compassion et de solidarité envers le peuple congolais.

Une visite annoncée à Goma

L’ancien chef de l’État a annoncé son intention de se rendre prochainement à Goma, malgré les «décisions arbitraires» qu’il dit avoir subies lors de sa précédente tentative. Il qualifie cette visite de démarche supplémentaire dans la recherche de la paix et d’un acte concret pour contribuer à la reconstruction du pays. «Militaire, j’ai juré de défendre la patrie jusqu’au sacrifice suprême. Hier au pouvoir, aujourd’hui en dehors du pouvoir, je demeure plus que jamais fidèle à ce serment», a-t-il déclaré.

Un engagement constant envers la souveraineté nationale

Joseph Kabila a réaffirmé que la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC ne sont «pas négociables». Il renouvelle son attachement à la démocratie, à la paix, à la stabilité et à la cohésion nationale, tout en dénonçant les mensonges propagés à propos de son accord avec le président Félix Tshisekedi.

Il se dit confiant quant au rétablissement de la vérité, qu’il affirme pouvoir prouver de manière irréfutable, précisant que cet accord visait uniquement à préserver l’intérêt supérieur de la Nation. Pour conclure, Kabila dénonce une politique de diabolisation et de division, souvent fondée sur la calomnie, menée par ceux qui, hier dans l’opposition comme aujourd’hui au pouvoir, instrumentalisent l’histoire à des fins de domination. Il appelle à un sursaut national, à la responsabilité individuelle et collective, et réaffirme sa détermination à œuvrer pour un Congo en paix, uni et prospère.

WIDAL

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