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Guerre dans l’Est : le rôle trouble du gouverneur militaire du Nord-Kivu, le Général Cirimwami, accablé à son tour par le rapport de l’ONU

«Le Gouverneur Cirimwami a révélé les opérations prévues aux commandants des FDLR-FOCA, ce qui explique qu’aucun commandant important n’ait été tué ou arrêté. Omega et d’autres chefs des FDLR se sont réfugiés à Kilimanyoka, dans le territoire de Nyiragongo, où ils ont renforcé leurs positions», renseigne le rapport dans sa partie consacrée aux «Opérations avortées des Forces armées de la République Démocratique du Congo contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda-Forces combattantes abacunguzi» -Pages 17 et 18-…

Le rapport à mi-parcours des membres du Groupe d’experts des Nations-Unies sur la République Démocratique du Congo, publié la semaine dernière, n’a pas fini de livrer ses secrets. Chacune de 162 pages de ce document, transmis le 29 novembre 2024 puis examiné le 27 décembre au Comité du Conseil de sécurité, renferme son lot de révélations. Parmi les mystères percés, le rôle trouble du gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général Peter Cirimwami.

Les experts des Nations-Unies indexent notamment les «liens de longue date» entre Cirimwami et les FDLR. En juin 2024, le même groupe avait déjà évoqué des contacts entre Cirimwami et deux commandants des FDLR: Fidel Sebagenzi et Pacifique Ntawunguka, alias Omega Israel.

Plus grave, le rapport de décembre fait cette fois-ci état des fuites d’informations en rapport avec la traque des FDLR. «Le gouverneur Cirimwami a révélé les opérations prévues aux commandants des FDLR-FOCA, ce qui explique qu’aucun commandant important n’ait été tué ou arrêté», lit-on dans le document des experts de l’ONU. Forts de ces renseignements du gouverneur militaire du Nord-Kivu, Omega et d’autres chefs des FDLR «se sont réfugiés à Kilimanyoka, dans le territoire de Nyiragongo, où ils ont renforcé leurs positions».

Les experts sont ainsi convaincus que ce rôle louche du général Cirimwami a contribué à faire capoter les opérations menées près de Sake, les 23 et 24 septembre, par les FARDC contre les positions des FDLR, avec pour objectif de «démanteler les bastions» de ces combattants rwandais et «neutraliser» leur commandant, le général Ntawuguka.

Selon le document onusien, «ces opérations visaient à montrer que la République Démocratique du Congo tenait compte de la pression exercée par la communauté internationale pour qu’elle mette fin à son soutien aux FDLR -voir annexe 36. Cette pression s’est intensifiée à la suite de la divulgation quelques jours avant l’offensive d’une note verbale confidentielle, signée par le chef de cabinet du Président, dont l’origine a été authentifiée, présentant une proposition de transfert en République Démocratique du Congo de six ressortissants rwandais jugés pour génocide par le Tribunal pénal international pour le Rwanda».

Pourtant, la neutralisation des FDLR fait partie des engagements pris par Kinshasa dans le cadre du processus de Luanda. En même temps, l’armée de la République Démocratique du Congo a lancé, selon le groupe d’experts, une «brève offensive militaire contre les FDLR» à la fin du mois de septembre 2024. «Ces genres d’agissements louches, qui trahissent la duplicité de leurs auteurs, mettent à mal la ligne de défense du gouvernement face aux accusations de Kigali selon lesquelles Kinshasa armerait les FDLR pour déstabiliser le Rwanda», a commenté un diplomate en poste à Kinshasa.

Natine K.

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