Dossier à la UneNationPolitique

Guerre dans l’Est: Kabund énervé à la fois contre Kigali et Kinshasa

L’ancien chef du parti présidentiel passé à l’opposition a clairement identifié le Rwanda comme «responsable de l’insécurité dans l’Est» sans épargner le régime en place qui a «facilité» cette situation par son «irresponsabilité». Conclusion, le député honoraire est d’avis que Félix Tshisekedi n’est pas «l’homme de la situation» face aux défis de l’heure…

Droit dans ses bottes, Jean-Marc Kabund n’a pas perdu de sa superbe, malgré les trente mois passés à la Prison centrale de Makala. Libéré la semaine dernière, l’ancien président du parti présidentiel, passé dans l’opposition, s’est exprimé pour la première fois au micro de «Jeune Afrique» dans une interview publié jeudi 27 février, balayant d’un revers de la main les sujets brûlants de l’heure. De son désamour envers Tshisekedi qu’il conjugue désormais dans son passé face aux «divergences insurmontables».

Actualité oblige, l’ancien bras droit de Félix Tshisekedi a évoqué la situation dans l’Est du pays, exprimant sa compassion envers les populations «victimes de la barbarie humaine» et saluant la mémoire des militaires tombés sur le champ de bataille. «Il ne fait aucun doute que la guerre menée par le M23 est bel et bien l’œuvre du Rwanda […] À court terme, la communauté internationale doit condamner le Rwanda et l’exhorter à quitter le territoire RD-congolais», a-t-il affirmé, qualifiant l’acte de Kigali d’une «agression proscrite par la Charte des Nations unies».

Pour lui, l’intégrité territoriale de la RD-Congo «est non négociable» malgré une «absence totale de l’État» et «l’irresponsabilité de la classe politique». Cependant, il a évoqué des «raisons existentielles» pour appeler le pouvoir à doter le pays d’une armée «forte, disciplinée et dissuasive» mais aussi d’une police «républicaine, de services de sécurité professionnels et capables d’anticiper, d’une justice indépendante, garante de la stabilité sociale et de la cohésion nationale, ainsi que d’une administration solide et d’une diplomatie de puissance et d’action». Il s’agit, selon lui, de «six instruments de puissance» nécessaires à la construction d’un État «dans sa dimension métaphysique». Cependant, face aux enjeux de l’heure, Kabund estime que Félix Tshisekedi «n’est ni l’homme de la situation, ni capable de renverser la tendance pour provoquer une rupture avec l’ancien système, qui doit impérativement passer par la refondation de l’État». Pour mettre fin à la guerre, Kabund préconise un «dialogue politique interne et inclusif entre les acteurs socio-politiques, y compris avec le M23», à condition que celui-ci se soit «débarrassé» du Rwanda, au terme d’un «dialogue direct entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame dans le cadre du processus de Luanda».

Malgré ces propositions, Kabund s’est dit «ni demandeur ni preneur» de la main tendue de Félix Tshisekedi pour un gouvernement d’union nationale car refusant de «cautionner une instrumentalisation politique de la crise sécuritaire» mais, il s’est fendu d’un appel à «tout Congolais épris de paix et de justice [à] faire échec à l’agression». «L’urgence nationale exige l’unité dans la diversité, à condition [de s’aligner] sur un programme commun: sauver le Congo, pas [sur les] carrières», a-t-il prévenu.

WIDAL

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page