
Depuis le jeudi 28 août 2025, une annonce secoue la scène politique RD-congolaise: Thabo Mbeki, ancien président sud-africain, veut à nouveau jouer le médiateur dans la crise qui fragilise la République Démocratique du Congo. Deux décennies après avoir parrainé le dialogue inter-congolais de Sun City en 2002, l’ex-chef d’État revient sur le devant de la scène, à un moment où le pays est déstabilisé par la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, et l’occupation de larges portions du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. À travers sa fondation, Thabo Mbeki organise une conférence sur la paix et la sécurité, du 3 au 6 septembre en Afrique du Sud.
L’initiative vise à réunir les principales forces politiques et militaires de la République Démocratique du Congo autour de la même table. Parmi les invités, figurent l’ancien président Joseph Kabila, le leader de l’AFC/M23 Corneille Nangaa, le chef rebelle Thomas Lubanga de la CRP, mais aussi des figures de l’opposition comme Moïse Katumbi, aux côtés de responsables de la majorité présidentielle.
Le rôle des Églises est également mis en avant. La Conférence épiscopale nationale du Congo -CENCO- et l’Église du Christ au Congo -ECC-, déjà impliquées dans des consultations pour un pacte social de paix dans l’Est du pays, ont été conviées. Mais certains observateurs dénoncent l’absence d’autres organisations religieuses, comme le Conseil interreligieux congolais -CIC- piloté par l’archevêque Dodo Kamba, actif dans la sensibilisation à la paix.
Pour le journaliste Edmond Izuba, cette restriction du cercle des participants constitue un risque: «Si la Fondation Thabo Mbeki souhaite réellement favoriser un dialogue inter-congolais porteur de solutions, elle gagnerait à élargir son cercle d’invités. La paix ne se décrète pas, elle se construit avec toutes les voix, même celles qui dérangent ou qui proposent une autre lecture du conflit», a-t-il déclaré sur son compte X.
Alors que d’autres initiatives diplomatiques ont vu le jour ces derniers mois à Doha, Washington ou encore dans la région des Grands Lacs, la démarche de Thabo Mbeki pourrait marquer un tournant. Reste à savoir si cette nouvelle tentative de médiation saura rassembler suffisamment d’acteurs pour ouvrir un véritable chemin vers la paix en République Démocratique du Congo.
