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François Muamba démissionne et se sépare de Kabila

La lettre rédigée le 14 juillet en un seul exemplaire et exclusivement réservée au Président de la République a fuité dans la presse malgré toutes les précautions prises par les services du désormais ex-coordonnateur du MNS qui a décidé de prendre sa route… pour un autre destin
Ça sent mauvais. François Muamba Tshishimbi, le coordonnateur du Mécanisme national de suivi -MNS-, a démissionné de ses fonctions.
L’intéressé l’a fait savoir dans une lettre unique transmise le 14 juillet 2016 au Président de la République mais dont AfricaNews a pu se procurer une copie.
François Muamba Tshishimbi s’en va.
Dans le courrier dont la teneur été confirmée par Gérard Ntumba, son directeur de cabinet, il donne les raisons de son départ en ces termes: «Par la présente, j’ai l’honneur d’informer votre haute autorité de ma décision de démissionner du poste de Coordonnateur, que j’occupe au sein du Mécanisme national de suivi -MNS- depuis le 21 mai 2013».
Puis: «En ce moment où je prends congé de mes fonctions, je mesure la portée, et vous remercie de votre volonté républicaine de m’avoir d’abord impliqué dans les négociations de Kampala -au moment où le pays était agressé de l’extérieur- et, ensuite, confié la supervision de la mise en œuvre de l’Accord-cadre subséquent, alors que je n’appartiens pas à votre famille politique».
Puis encore: «C’est au nom de ce même esprit républicain, expression de notre patriotisme, que, pour ma modeste part, je suis amené à respecter vos choix et assumer pleinement les miens.
Ayant pris la mesure du temps et des circonstances, que notre pays vit en cette année cruciale 2016, je vous précise que ma démission prend effet ce jour».
Qu’est-ce qui a pu se passer entre le Président Kabila et François Muamba?
Officiellement, le président de l’ADR, 4 députés à l’Assemblée nationale, 1 siège au Bureau de la Chambre basse et un portefeuille ministériel, celui du Tourisme occupé par son ami Elvis Mutiri wa Bashara, se limite à évoquer le respect des choix du Président de la République devant lesquels il est amené à se plier tout en assumant les siens.
Juridiquement, le Mécanisme national de suivi est en situation d’inexistence depuis le 12 mai, à en croire un expert.
Il n’y a pas eu reconduction tacite jusqu’à quelques heures de l’officialisation de la démission de son Coordonnateur. «Et Muamba n’est pas homme à accepter de travailler dans une situation confuse», commente l’expert.
Officieusement, une source proche du MNS parle du «désamour qu’il y a eu depuis un certain temps», indiquant «qu’il n’y avait plus la même vision autour du dialogue et de l’avenir du pays en cette année 2016 réputée de tous les enjeux et dangers». Une autre ajoute que sans moyens de fonctionnement conséquents, il était difficile de continuer.
Côté Majorité présidentielle, un cadre affirme, anonyme: «On reprochait beaucoup de choses à Muamba depuis un certain temps, probablement depuis que les pré-contacts ont été initiés avec l’UDPS». On n’en dit pas plus.
Sans nul doute, les différentes versions donnent raison à croire que Kabila et Muamba étaient arrivés à la croisée des chemins. Et le président de l’ADR, qui revendique sa casquette d’opposant, a décidé de prendre sa route… pour un autre destin.
Son ancien ami du MLC Olivier Kamitatu, aujourd’hui dans le groupe des ténors du G7 et des soutiens politiques du candidat à la présidentielle Moise Katumbi, a ces commentaires dans un tweet posté jeudi: «Beau geste! Il faut savoir partir! Et François Muamba y met de l’élégance».
Muamba a fourbi ses armes à l’UDPS à l’ombre d’Etienne Tshisekedi avant de rallier Mobutu dont il devient ministre de l’Economie, Industrie et Artisanat en juillet 1991. Entre 1997 et 1999, il se consacre à l’entrepreneuriat à Paris. Principal rédacteur des statuts du MLC, rallié en 1999, il y assume les charges de Secrétaire général entre 2005 et 2011.
Ministre du Budget dans le gouvernement 1+4, député national élu de Kabeya-Kamuanga et président du Groupe parlementaire MLC durant la législature 2006-2011, il crée sa propre plateforme politique, l’Alliance pour le développement et la République -ADR-, structure qui siège au gouvernement et au bureau de l’Assemblée nationale depuis le début de la législature 2011-2016.
Le 21 mai 2013, le Président Kabila le nomme Coordonnateur du Mécanisme national de suivi de la mise en œuvre des engagements souscrits aux termes de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RD-Congo et la région des Grands Lacs, signé le 24 février 2013 à Addis-Abeba, en Ethiopie.
AKM
 

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