
La Fédération congolaise de football association -FECOFA- est loin d’apercevoir le bout du tunnel, deux ans après l’imposition d’un Comité de normalisation -Conor. En désignant Dieudonné Sambi pour diriger cette période charnière à la FECOFA, la Fédération internationale de football association -FIFA- avait une ligne directrice claire: faire élire un nouveau comité dans les sept mois. Pourtant, à l’approche du deuxième anniversaire, le 24 avril, du Comité Sambi, les choses tirent en longueur, malgré la désignation d’une Commission électorale et d’une Commission des recours.
Si les ligues provinciales ont, en majorité, pu renouveler leurs comités, les ligues nationales, entités subdélégataires de la FECOFA, n’y arrivent pas. Tant à la Ligue nationale de football -LINAFOOT-, à la Ligue nationale de football féminin -LINAFF- qu’à la Ligue nationale de football des jeunes -LINAFJ-, le processus tangue, faute d’une gestion des candidatures décriée par certains protagonistes qui contestent leur disqualification. Plusieurs d’entre eux ont saisi la Confédération africaine de football -CAF- pour dénoncer un vice de procédure.
Prenant note de ces plaintes, la FIFA a saisi les taureaux par les cornes pour pallier ces «dysfonctionnements» et «prévenir d’éventuelles irrégularités» dans le but de ne pas compromettre «le bon déroulement des élections à venir». Dans une correspondance adressée la semaine passée à Dieudonné Sambi, Elkhan Mammadov, Directeur de la division des Associations membres, a annoncé la désignation d’un panel d’experts, chargé «d’offrir un soutien juridique indépendant au Comité de normalisation», une sorte de normalisation… pour le Comité de normalisation.
Sans vouloir vexer le Comité Sambi, la FIFA a donné mission à ce panel, dirigé par Belinda Luntadila, de «veiller à ce que l’activité électorale soit conforme aux textes», comme pour reconnaître de manière implicite les irrégularités dénoncées par certains candidats. Pour accompagner cette avocate d’affaires dans sa tâche, la FIFA a désigné un secrétaire, en la personne de François Mulume, et deux membres: Odette Disu et Léon Kahindo. Ces experts avaient déjà accompagné le Conor lors de la préparation des élections ayant conduit à la mise en place des commissions électorale et de recours.
Cependant, la FIFA a rassuré que ce panel ne viendra nullement «remettre en question le processus en cours, mais plutôt apporter un appui afin que les résultats des élections à venir ne souffrent pas de contestations inutiles dues à d’éventuelles erreurs procédurales». Soucieuse d’offrir à la FECOFA des «élections régulières», la FIFA n’a pas lésiné sur les moyens ces deux dernières années, mettant à disposition du comité Sambi des «moyens financiers considérables». Le Conor devra, de son côté, «rassembler des copies de toutes les correspondances en réclamation ou en litige et de les lui remettre».
En interne, l’on murmure déjà le chamboulement du dernier calendrier électoral, rendu public en début du mois, qui prévoyait les élections des entités subdélégataires au 17 avril pour la LINAFJ, le 18 avril pour la LINAFF et le 19 avril pour la Linafoot. L’élection du nouveau président de la FECOFA et de son comité était fixée au 7 juin.
