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Election du Président au suffrage indirect: Ngoyi Kasanji lance les hostilités!

«L’argent consacré à l’organisation des élections dépasse de loin ce qui est consacré aux investissements pour la reconstruction du pays… Faut-il alors réfléchir et engager une réforme qui consiste à aller vers une élection indirecte concernant l’élection présidentielle», a lâché Ngokas sur les ondes de radio Okapi, assumant publiquement le rôle de fer de lance de son camp politique…

«Pas un sans deux», dit-on. Après la révision constitutionnelle de 2011 ramenant l’élection du Président de la République de deux à un seul tour, le camp de Joseph Kabila, fort de sa majorité dans les deux chambres parlementaires actuellement, veut rééditer l’exploit en proposant la réforme électorale basée sur l’élection présidentielle par les parlementaires. «Si l’élection présidentielle s’organise au niveau de grands électeurs, nous avons l’avantage d’avoir la crédibilité et la transparence. Nos amis qui réfléchissent pour aller vers les deux tours doivent savoir que nous n’avons pas que des tensions à observer», a déclaré Alphonse Ngoyi Kasanji, cadre du Front commun pour le Congo -FCC-, interrogé par radio Okapi, lançant les hostilités et provoquant des vives critiques dans les camps réfractaires à cette idée. Pour Olivier Kamitatu Etsu, ancien président de l’Assemblée nationale sous le régime transitoire 1+4 et cadre de l’Ensemble pour le changement de Moïse Katumbi Chapwe, les sociétaires du FCC, en proposant l’élection du Président de la République au second degré, veulent tout simplement «mettre en selle la candidature de leur autorité morale -NDLR: Joseph Kabila». Comme quoi, le débat sur les réformes électorales lancées par le groupe de 13 personnalités prend de l’ampleur. Mais, hélas, il divise les tenants de la thèse du retour aux deux tours pour l’élection présidentielle et ceux défendant l’élection du Président de la République au second degré, à savoir par les parlementaires. À une semaine de la rentrée parlementaire de septembre consacrée essentiellement à l’examen et vote du budget 2021, les langues se délient sur les réformes électorales profondes en prévision des scrutins de 2023. Dans la foulée, deux camps paraissent. L’un se prononce pour le retour de l’élection présidentielle à deux tours pour donner plus de légitimité au Chef de l’État. C’est le camp composé de la coalition Cap pour le changement -CACH- dirigé par Félix Tshisekedi et l’ensemble de l’Opposition politique. Et l’autre camp se bat pour l’élection du Président de la République au second degré. C’est le camp du FCC de Joseph Kabila, qui contrôle aujourd’hui toutes les institutions provinciales, les deux chambres du Parlement et le gouvernement central. Dans cette perspective, les sociétaires du FCC s’apprêtent à mener un lobbying dans ce sens afin que seuls les parlementaires puissent élire le magistrat suprême. Alphonse Ngoyi Kasanji, député national du FCC, s’est jeté à l’eau mardi 8 septembre, évoquant sur les antennes de radio Okapi des raisons d’ordre pécuniaire. L’ancien gouverneur est en première ligne, assumant publiquement le rôle de fer de lance de son camp politique. «L’argent consacré à l’organisation des élections dépasse de loin ce qui est consacré aux investissements pour la reconstruction du pays. Faut-il alors réfléchir et engager une réforme qui consiste à aller vers une élection indirecte en ce qui concerne l’élection présidentielle. Nous allons économiser les ressources pour pouvoir les affecter à la construction de notre pays mais aussi les élections sont toujours la source des tensions. On sait bien ce qui s’est passé en 2006, en 2011 et en 2018. Si l’élection présidentielle s’organise au niveau de grands électeurs, nous avons l’avantage d’avoir la crédibilité et la transparence. Nos amis qui réfléchissent pour aller vers les deux tours doivent savoir que nous n’avons pas que des tensions à observer», a-t-il dit. La déclaration de l’ancien gouverneur du Kasaï Oriental a provoqué des réactions virulentes dont celle d’Olivier Kamitatu Etsu, cadre d’Ensemble pour la République de Moïse Katumbi Chapwe, aujourd’hui dans l’Opposition républicaine. «Avec la subtilité d’un éléphant dans un magasin de porcelaine, par la voix de Ngoyi Kasanji, les #FCC mettent à nouveau sur la table la carte du mode indirect d’élection présidentielle du successeur de @fathi 13! Ultime possibilité de mettre en selle la candidature de leur autorité morale», a réagi l’ancien président de l’Assemblée nationale sur son compte Twitter. Patrick Muyaya, un des ténors du G13, a aussi réagi dans ces termes via le même réseau social: «La présidentielle à 2 tours de 2006 doit nous servir de modèle. Avec une large coalition AMP-PALU-UDEMO, elle a réconcilié Kabilistes, Lumumbistes et Mobutistes. Et le pays était mieux gouverné, les chiffres l’attestent. Y revenir c’est renforcer la légitimité des institutions. Aujourd’hui, les réformes électorales constituent une question cruciale au centre de la division de la classe politique. L’entérinement de Ronsard Malonda à la tête de la centrale électorale par l’Assemblée nationale avait provoqué des marches de protestation et de soutien mettant à nu la fragilité de la coalition au pouvoir FCC-CACH. Les consultations initiées par le groupe de 13 personnalités politiques et sociales dont certains députés nationaux pour rapprocher les uns et les autres en vue de la tenue des élections apaisées en 2023 sont en cours. Ce groupe attend d’être reçu par l’autorité morale du FCC. Mais c’est en ce moment même que Ngoyi Kasanji donne de la voix en rapport avec le mode de l’élection présidentielle.

Octave MUKENDI

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