
La Journée mondiale de la liberté de la presse a été célébrée à Kinshasa le 05 mai, soit 48 heures après la date du 03 mai y dédiée. Le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a présidé, dans l’auditorium du Fleuve Congo Hôtel, la cérémonie relative à la célébration de la 32ème Journée mondiale de la liberté de la presse organisée en RD-Congo, sous le thème national: «Le journaliste congolais face au défi de l’Intelligence artificielle -IA-: information et désinformation en ce temps de guerre d’agression rwandaise».
Dans son discours, le Chef l’Etat s’est focalisé sur la place qu’occupe la presse de la RD-Congo en cette période cruciale marquée par la guerre d’agression dans la partie Est du pays. «En ces temps de guerre, la liberté de la presse ne peut être dissociée d’un devoir de responsabilité patriotique. Elle appelle chaque journaliste à faire le choix conscient d’une information qui contribue à la défense de la patrie», a déclaré Félix Tshisekedi.
Puis: «Il n’y a pas de paix durable sans liberté de la presse. Il n’y a pas de démocratie réelle sans pluralisme de l’information. Il n’y a pas de République forte sans journalistes debout». Se positionnant en fervent défenseur de la démocratie, Félix-Antoine Tshisekedi a toutefois appelé les professionnels des médias à faire preuve de professionnalisme, d’éthique et de patriotisme dans l’exercice de leur profession. «La liberté d’informer est sacrée, mais elle exige, plus que jamais, rigueur, éthique et loyauté envers la vérité et l’intérêt supérieur de notre peuple», a-t-il estimé.
Face à la désinformation et intoxication, le Président de la République a profité de l’occasion pour rassurer l’opinion de son indéfectible amour pour la RD-Congo et les RD-Congolais: «Jamais je ne braderai les richesses de la République démocratique du Congo. J’en ai fait le serment devant la Nation, et je m’y tiendrai jusqu’au bout».
Pour clore son message, Félix-Antoine Tshisekedi a lancé un dernier appel aux professionnels des médias. «Chers journalistes, face au défi auquel notre nation est confrontée, votre rôle est plus crucial que jamais. Vous êtes les gardiens de la démocratie, les sentinelles de la vérité. Ceux qui, par leur rigueur et leur éthique, peuvent contrer ces vagues de désinformation», leur a-t-il dit. Pour sa part, Christian Bosembe, président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication -CSAC-, a dressé un bilan élogieux de la gestion des médias RD-congolais depuis l’arrivée du Président Félix-Antoine Tshisekedi au pouvoir.
«Sous votre mandat, aucun journaliste n’a été tué, arrêté ou torturé à cause de ses opinions. Aucune rédaction n’a été saccagée ou fermée comme cela fut le cas dans le passé», a fait savoir Christian Bosembe. De son côté, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a déploré le musellement de la presse, la terreur, le ciblage, les intimidations, les arrestations arbitraires et la fermeture des médias dans les provinces de l’Est illégalement occupées par les forces ennemies. «Plus aucune voix ne se lève à cause des attaques à la liberté de la presse», a-t-il fustigé.
Quant au président de l’Union nationale de la presse du Congo -UNPC-, Kamanda Wa Kamanda Muzembe, il a appelé à la modernisation des textes qui régissent la profession afin de sécuriser les journalistes, évoquant la question relative aux mesures d’application de l’Ordonnance-loi n°23/009 du 13 mars 2023 fixant les modalités d’exercice de la liberté de presse, la liberté d’information et d’émission par la radio et la télévision, par la presse écrite ou tout autre moyen de communication en RD-Congo, qui ne sont pas encore prises jusqu’à ce jour.
«J’invite le président du Comité de suivi des recommandations des états généraux de la communication et médias, le ministre de la Communication et Médias à ressusciter les travaux de ce Comité en vue de finaliser les échanges sur la loi portant statut du journaliste RD-congolais, qui doit remplacer l’Ordonnance-loi n°081/0012 du 2 avril 1981 devenue anachronique», a-t-il indiqué.
Selon lui, il est également important de convenir des mesures d’identification des journalistes, surtout pour ceux qui disposaient de la qualité avant l’entrée en vigueur de ce texte. Kamanda Wa Kamanda Muzembe a insisté sur la définition des infractions par voie de presse qui reste ambigüe et laisse le champ libre aux prédateurs de la liberté de presse de mettre en danger les journalistes.
«Si l’Ordonnance-loi n°23/009 du 13 mars 2023 a érigé le droit de réponse en mode de réparation des préjudices causés aux tiers par voie de presse, elle reste cependant très liberticide en ce qui concerne les autres infractions pour lesquelles l’organe de la loi peut se saisir, sans besoin d’un rectificatif, ni d’une partie civile qui aurait subi les préjudices. Du haut de cette tribune, j’invite le gouvernement et le CSAC sur cette réflexion afin que les professionnels des médias jouissent pleinement des efforts consentis par Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, dans la consolidation de la liberté de presse. Ainsi, au nom de toute la corporation», a-t-il conclu.
C’est en 1993 que l’Assemblée générale des Nations unies a fait de la journée du 03 mai celle de la liberté de la presse. Cette initiative avait pour but de sensibiliser à l’importance de la liberté de la presse et rappeler aux gouvernements leur obligation de respecter et faire respecter le droit de liberté d’expression.
