
Kinshasa renforce les restrictions et prolonge la suspension des exportations de cobalt jusqu’au 15 octobre 2025, avec l’introduction d’une politique de quotas. L’Autorité de Régulation et de Contrôle des Marchés des Substances Minérales Stratégiques -ARECOMS- a annoncé le 20 septembre la prolongation de l’interdiction temporaire concernant toutes les formes d’exploitation du cobalt, qu’elle soit industrielle, semi-industrielle, artisanale ou à petite échelle, jusqu’à la date mentionnée.
Cette décision prolonge une mesure initialement mise en place pour réguler le marché et protéger les intérêts économiques du pays. Elle se situe dans un contexte où la République Démocratique du Congo, le premier producteur mondial de cobalt, cherche à renforcer le contrôle de ses ressources stratégiques face à une demande mondiale croissante, notamment pour la fabrication de batteries pour véhicules électriques. L’objectif de cette suspension est de donner aux autorités le temps de finaliser un cadre réglementaire plus strict, tout en répondant aux préoccupations liées à la traçabilité et à l’impact environnemental de l’extraction. À partir du 16 octobre 2025, la suspension sera levée, mais une politique de quotas sera mise en place jusqu’à nouvel ordre pour réguler les exportations de cobalt. Certaines entreprises bénéficieront d’exemptions: celles ayant exporté moins de 100 tonnes en 2024 -à l’exception de l’Entreprise Générale du Cobalt-, celles possédant une raffinerie de cobalt sans activité minière propre au cours des cinq dernières années, ainsi que celles dont les gisements de cobalt sont épuisés.Parallèlement, la suspension des exportations de cobalt engendre des difficultés pour Glencore, qui se retrouve en mauvaise posture.
Le géant minier suisse serait en discussions pour vendre une participation majoritaire dans une filiale qui exploite un important projet de cuivre et de cobalt en République Démocratique du Congo, selon un rapport de l’agence américaine Bloomberg News.
Cette nouvelle survient un mois après que Glencore, le deuxième producteur mondial de cobalt, a annoncé qu’une grande partie de sa production de ce métal pourrait rester invendue d’ici la fin de l’année, en raison de l’interdiction des exportations de cobalt décidée par Kinshasa.
D’après le rapport, Glencore aurait exprimé de manière non officielle son intention de vendre sa participation dans Kamoto Copper Co -KCC. Parmi les acheteurs potentiels figureraient la société d’investissement Orion Resource Partners et le groupe minier Rio Tinto, selon des sources proches du dossier citées par Bloomberg.
La U.S. International Development Finance Corp. -DFC- pourrait également participer à cette opération via un partenariat avec Orion Resource Partners, basé à New York, d’après Bloomberg. KCC, qui a produit 191 000 tonnes de cuivre et 27 000 tonnes de cobalt en 2024, peine à atteindre sa pleine capacité et est empêtrée dans un long litige avec les autorités RD-congolaises concernant des milliards de dollars d’impôts et de redevances. L’avenir des contrats d’achat de la production de la mine -qui soutiennent actuellement les activités commerciales de Glencore- est un point clé des discussions avec les acheteurs potentiels. Ces négociations interviennent à un moment crucial pour Glencore. Sa forte dépendance au charbon, dont la valeur s’est effondrée, conjuguée à la baisse de la production de cuivre et à la crise du traitement et du raffinage des métaux, a entraîné une chute de près de 20 % de ses actions au cours de l’année écoulée.
Avec Agences


