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Candidature unique: voici les premiers 14 mobilisateurs

«Présenter une candidature commune aujourd’hui représente un moyen de pression efficace pour dire à Joseph Kabila et aux tiers extérieurs que ce n’est pas pour monter les enchères que l’Opposition s’en tient au respect du délai constitutionnel», mobilisent Diongo, Makila, Mbusa, Monidela, Vuemba, Muyambo, Sessanga, Christian Momat, Martin Mukonkole, Edo Kasongo, Oscar Rachidi, Christine Bokashanga, Grégoire Lusenge et Cubain Tshimbalanga dans une tribune parue dans la presse locale
En RD-Congo, il reste encore huit mois avant la présidentielle et des opposants entreprennent de s’organiser pour s’y présenter en bloc, derrière un candidat unique. Et déjà, 14 d’entre eux, parmi les plus en vue, ont pris cet engagement sinon ils y réfléchissent sérieusement, convaincus que l’idée d’une candidature unique face au Pouvoir constitue le schéma le plus raisonnable pour une nouvelle donne tant dans l’Opposition que dans le gotha politique national. Que cette question représente, pour l’heure, le challenge politique le plus important et le plus mobilisateur de l’année. En RD-Congo, la Constitution modifiée en 2010 prévoit un seul tour du scrutin. Celui qui arrive en tête est donc élu et un foisonnement du nombre de candidats jouerait contre l’Opposition face au candidat du Pouvoir. Une réalité connue de Delly Sessanga, Franck Diongo, José Makila, Antipas Mbusa Nyamuisi, Moise Monidela, Jean-Claude Vuemba, Jean-Claude Muyambo et leurs amis dirigeants des partis politiques et de la Société civile comme Grégoire Lusenge, Martin Mukonkole, Edo Kasongo, Cubain Tshimbalanga, Oscar Rashidi, Christine Mbokashanga et Christian Momat, qui ne veulent sans doute pas revivre le scénario de juillet 2006, qui avait vu Jean-Pierre Bemba affronter Antoine Gizenga, Nzanga Mobutu, Joseph Olenghankoy, Oscar Kashala, Anatole Matusila, Azarias Ruberwa… et Roger Lumbala. Ou la déconfiture de novembre 2011, quand Vital Kamerhe et Léon Kengo wa Dondo ont défié Etienne Tshisekedi. Chaque fois, l’éparpillement des voix de l’Opposition a permis la victoire de Joseph Kabila. Alors que le sujet fait polémique dans les états-majors de l’Opposition, les 14 ont décidé de mettre le doigt dans la plaie, de prendre une précaution, appelant toutes les branches de l’Opposition à se mobiliser. Ils prennent date dans une tribune publiée le 26 avril 2016, signée de la main de chacun d’entre eux, dans laquelle ils proposent un projet commun de reconstruction démocratique autour d’une candidature commune à convenir dans un bref délai. «L’initiative de dégager cette candidature commune n’est pas le résultat d’un choix, mais la conséquence du devoir qui s’impose à chacun de nous de répondre aux immenses attentes de nos concitoyens pour se donner les moyens d’assurer le changement en faveur duquel nos concitoyens sont d’ores et déjà prêts et mobilisés», justifient-ils avant d’enchainer: «la construction d’un projet commun et d’une candidature commune constitue, aujourd’hui, l’aiguillon, la voie obligée, qui permet de concrétiser les espérances de nos concitoyens en faveur de la transformation des conditions sociales des masses populaires».
Le pourquoi de la nécessaire candidature commune ici et maintenant
N’importe quel maître de la prospective dirait que c’est prémonitoire quand une dizaine d’opposants parmi les plus en vue se mettent ensemble autour d’une “tribune” signée personnellement de la main de chacun d’entre eux. Quoi dire de plus que les lignes sont entrain de bouger ou qu’elles ont carrément bougé depuis. La tribune elle-même marque le tracé du nouveau clivage là où elle parle d’un “projet commun de reconstruction démocratique” autour d’une “candidature commune” à convenir dans le plus bref délai. Le sujet fait polémique dans les rangs de l’opposition. Justement, puisqu’il y a controverse, les tenants de cette thèse pensent dur comme fer qu’il est plus que temps de mettre le doigt dans la plaie. La logique qui les anime est celle-ci: présenter une candidature commune aujourd’hui représente un moyen de pression efficace pour dire à Joseph Kabila et aux tiers extérieurs que ce n’est pas pour monter les enchères que l’Opposition s’en tient au respect du délai constitutionnel.
Peuple congolais! l’alternance, c’est maintenant!
Chers Compatriotes, Congolaises et Congolais, notre pays, est au bord du précipice; celui de sombrer à nouveau dans une crise politique voulue aux conséquences incalculables, orchestrée et entretenue par la démesure du pouvoir en place. Dix ans après la promulgation de la Constitution du 18 février 2006, le pouvoir s’ingénie à ramener notre pays là où, par l’effort de toutes les filles et tous les fils de ce pays, nous nous sommes évertués à l’en sortir. De l’Etat failli en 1997 qu’était devenue la République démocratique du Congo; le Peuple congolais a reconstruit en 2005 dans des remarquables conditions, une démocratie dans un contexte post-conflit, avec l’appui inlassable de la Communauté internationale. Ce dont nous les remercions.
La situation politique actuelle appelle tout un chacun à plus de responsabilité en mémoire de plusieurs millions des victimes des violences encourues pour la lutte démocratique. Le défi du combat du Peuple congolais aujourd’hui va au-delà de la simple protection de la Constitution de 2006. C’est le combat de notre dignité comme peuple; celui de notre auto détermination comme peuple libre, enfin capable de décider de son destin. L’urgence consiste donc à réaffirmer notre attachement effectif à l’Etat de droit, non comme une nouvelle idéologie, mais parce que c’est l’unique moyen de nous préserver des affres d’un pouvoir personnel, absolu ou totalitaire et de la négation de notre humanité.
Chers Compatriotes, ensemble, tirant les leçons de notre histoire émaillée des crises politiques récurrentes fondées sur la contestation de la légitimité des Institutions et parfois de leurs animateurs, le Peuple congolais a décidé d’y mettre fin et de donner au pays toutes les chances de se reconstruire. Ainsi, la classe politique à l’unanimité et le peuple congolais consultés en décembre 2005 par référendum, à 85% a mis en place aux termes d’un processus politique laborieux, un nouvel ordre politique, dont l’organisation et l’exercice du pouvoir sont fondés sur l’assurance de l’alternance démocratique. C’est pour rendre donc cette alternance démocratique inéluctable que le mandat du Président de République est limité dans le temps -5 ans- et renouvelable une seule fois.
Non content d’avoir supprimé en 2011 le deuxième tour de l’élection du président de la République pour réduire les possibilités d’alternance démocratique entre deux mandats, la majorité au pouvoir s’active à supprimer purement et simplement l’élection présidentielle en piégeant le processus électoral de 2016.
Chers Compatriotes, il est donc venu le temps pour toutes les filles et fils de ce pays de réaffirmer plus que jamais notre attachement à l’alternance, que nous avons voulue immuable, en nous donnant un principe d’action pour y parvenir. Dans cette perspective, nous en appelons à tous les congolais épris de la volonté du changement, en vue de concrétiser effectivement cette espérance muette des millions de congolais de changer leurs conditions de vie de se rassembler autour d’un projet commun de reconstruction démocratique et de la refondation de la République sur les principes fondamentaux de l’ordre politique créé en 2006, en dégageant une candidature commune à l’élection présidentielle de 2016.
L’initiative de dégager cette candidature commune n’est pas le résultat d’un choix, mais la conséquence du devoir qui s’impose à chacun de nous de répondre aux immenses attentes de nos concitoyens pour se donner les moyens d’assurer le changement en faveur duquel nos concitoyens sont d’ores et déjà prêts et mobilisés.
L’avenir du Congo, notre pays est entre nos mains à tous !!!
Ne laissons pas la barbarie de quelques uns avoir raison de tous et gardons-nous de reproduire les catastrophes que notre histoire nous a trop souvent servies d’expériences au prix du sacrifice de la vie des millions de nos compatriotes.
Ne nous laissons plus jamais embarquer dans des souffrances que nous avons endurées pendant des décennies de régime dictatorial, tyrannique et totalitaire.
Et, puisque les mots ne suffisent plus.
Ne laissons plus jamais ce pays entre les mains d’un individu ou d’un groupe d’individus qui ne cherche qu’à s’accaparer du pouvoir pour des intérêts égoïstes et personnels, et ce, en violation de la Constitution et des Lois de la République Démocratique du Congo.
L’alternance démocratique n’est pas un enjeu de pouvoir, loin s’en faut. C’est celui de la maturité de l’ordre politique que nous avons bâti depuis une décennie et sans lequel, le processus de reconstruction démocratique resterait longtemps inachevé, l’alternance est à la démocratie, ce que l’oxygène est au corps humain.
L’alternance démocratique est le repère par lequel la République prend tout son sens dès lors qu’elle donne corps au principe de l’égalité devant la loi, soubassement d’un Etat de droit et des institutions fortes. Elle demeure la source pour l’exercice de notre droit souverain et inaliénable de choisir le sens de notre destinée.
Chers Compatriotes, Congolaises et Congolais, la construction d’un projet commun et d’une candidature commune constitue, aujourd’hui, l’aiguillon, la voie obligée, qui permet de concrétiser les espérances de nos concitoyens en faveur de la transformation des conditions sociales des masses populaires. Si le peuple est ainsi engagé, pour le changement, comme il l’a démontré lors des manifestations contre la tentative de la révision constitutionnelle de janvier 2015 et lors de l’organisation de la ville morte du 16 février 2016 ou encore récemment le 24 avril 2016 pour célébrer les 26 ans de l’ouverture démocratique par Mobutu; il revient à la classe politique et aux acteurs sociaux “avec l’appui de la population” de mettre à contribution leur leadership collectif et exemplaire pour formuler les conditions de réalisation de cette attente par la construction d’un cadre d’action de rassemblement autour du projet commun et d’une candidature commune à l’élection présidentielle.
Congolais, manifestez-vous !!!
Delly Sessanga
Franck Diongo
José Makila
Antipas Mbusa Nyamuisi
Moise Monidela
Jean-Claude Vuemba
Jean-Claude Muyambo
Grégoire Lusenge
Martin Mukonkole
Edo Kasongo
Cubain Tshimbalanga
Oscar Rashidi
Christine Mbokashanga
Christian Momat

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