A l’Agence congolaise de l’environnement -ACE-, l’air est pollué et les deux gestionnaires à couteaux tirés. Plus d’un million de dollars a pris une destination inconnue, selon le Directeur général adjoint, Jean-Claude Emene qui accuse son titulaire, Delphin Lama Onyangunga, de l’avoir «détourné» et de faire preuve de «mauvaise gestion». Emene a ainsi réagi aux accusations de Lama, le chargeant d’être à la base des difficultés éprouvées par cet établissement pour payer les agents et cadres.
Une nouvelle affaire de détournement des deniers publics a éclaté en RD-Congo. L’affaire accable le Directeur général de l’Agence congolaise de l’environnement -ACE-, Delphin Lama Onyangunga, accusé par son adjoint d’avoir détourné plus d’un million de dollars américain. Le Directeur général adjoint de l’ACE, Jean-Claude Emene, a sonné l’alerte dans un communiqué signé le 3 mai dernier par son assistant juridique, Chérubin Mongu, au nom de son cabinet.
Selon ce communiqué, cette somme s’est «volatilisée en un clin d’œil sans réalisation notable». Fin juillet dernier, Delphin Lama Onyangunga a été nommé Directeur général de l’ACE en remplacement de Jean-Claude Emene, relégué au rang de Directeur général adjoint. «Lors de la remise et reprise, il -Jean-Claude Emene, ndlr- avait laissé la somme de plus d’un million de dollars américain en compte, la somme de 300.000 dollars américains pour l’achat de 8 jeeps 4×4», révèle le communiqué émis le 3 mai dernier par le cabinet du DGA de l’ACE.
A ces deux actifs s’ajoutent, selon ce communiqué, la créance de plus de 2.500.000 dollars à recouvrer auprès des promoteurs-débiteurs ainsi que le dossier des arriérés de salaire pour certains agents et cadres de cet établissement public, secoué ces derniers mois par des grèves et autres manifestations publiques à travers lesquelles ces derniers réclament leurs dus. Pour tenter de se tirer d’affaire, le DG Lama, à en croire le cabinet du DGA Emene, s’est défendu devant la délégation syndicale en pointant du doigt «la gestion passée tenue de main de maître par l’actuel DGA».
Des «allégations incongrues» rejetées avec «la dernière énergie» par la team Emene, convaincue qu’il s’agit d’une démarche visant à «couvrir la gestion opaque de l’heure liée à l’incompétence» de Delphin Lama Onyangunga. Ce dernier brillerait en plus par «une mauvaise gestion» aux conséquences dangereuses pour l’ACE.
«La somme de plus d’un million de dollars s’est volatilisée en un clin d’œil sans réalisation notable et, les huit jeeps 4×4 n’ont jamais été achetées, l’argent, soit 300.000 dollars, ayant pris une autre destination qui n’est connue ni d’Adam ni d’Eve», renseigne le brûlot des services du DGA Emene, clouant ainsi le DG Lama au pilori.
Déjà, ce dernier a sévèrement été pris à partie par les agents et cadres de l’ACE lors de leur manifestation publique tenue fin février. Ils ont accusé le DG Lama de ne s’en tenir qu’à ses humeurs pour gérer l’établissement. «Ce monsieur -DG Lama Onyangunga, ndlr- ne se gêne pas d’ignorer le Conseil d’administration et la tutelle. Il affirme à qui veut l’entendre qu’il dépend lui de la Présidence de la République, au point qu’il trouve toujours des excuses pour ne pas participer aux réunions du Conseil d’administration», a accusé un agent qui s’est confié aux confrères d’«alternance.cd». Et de révéler: «les certificats environnementaux sont objet de négociations, et les notes de débit ne sont plus transmises à la direction financière.

De plus, le Directeur est également soupçonné d’avoir ouvert des comptes bancaires parallèles, et certaines notes de débit de gré à gré sont émises par son Directeur de cabinet». D’autres agents ont laissé entendre qu’entre Lama et Emene, les relations n’ont jamais été au beau fixe, le titulaire ayant tendance à ignorer son adjoint et à s’arroger tout le pouvoir exécutif.
Natine K