
Le gouvernement RD-congolais a franchi une étape historique dans la protection de son identité visuelle. Lors du Conseil des ministres du vendredi 30 janvier 2026, la ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine, Yolande Elebe, a officialisé la reconnaissance des motifs et tissus Kuba comme patrimoine culturel national. Longtemps admirés pour leur complexité géométrique et leur influence majeure sur l’art moderne occidental, les motifs Kuba font désormais l’objet d’une protection juridique stricte.
La signature de cet arrêté ministériel vise à mettre fin à la spoliation culturelle et à affirmer la souveraineté patrimoniale de la RD-Congo sur ces œuvres ancestrales. Pour la ministre Yolande Elebe, il s’agit de transformer ces trésors en «actifs culturels et économiques stratégiques». En clair, cette reconnaissance permet de protéger les droits des artisans du Kasaï et d’assurer que l’exploitation commerciale de ces motifs profite directement aux communautés locales.
Un langage visuel au service du développement
Le ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a insisté sur la portée symbolique et économique de cette décision. «Au-delà de la simple préservation, l’objectif est de: soutenir l’artisanat local en valorisant le travail minutieux du tissage de raphia; stimuler l’économie à travers le tourisme culturel et l’industrie de la mode; transmettre les savoirs uniques encodés dans ces formes géométriques, véritables vecteurs de l’histoire du peuple Kuba», a-t-il fait savoir.
En route vers l’UNESCO
Cette consécration nationale n’est que le premier acte d’une ambition plus vaste. Le ministère de la Culture prépare activement les dossiers pour l’inscription des tissus Kuba au patrimoine mondial de l’UNESCO. Après la rumba RD-congolaise, la RD-Congo espère ainsi faire rayonner une nouvelle facette de son génie créatif sur la scène internationale.
Hénoc AKANO

