
Les États-Unis changent de fusil d’épaule. Fini le temps où les minerais de la RD-Congo rimaient seulement avec la guerre. Désormais, Washington veut en faire un outil de paix. C’est devant le Conseil de sécurité des Nations unies, au cours d’une séance de haut niveau présidée par la ministre RD-congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba, que la position américaine a été défendue par Tammy Bruce, représentante permanente adjointe des États-Unis auprès de l’ONU. Prenant la parole au nom de Washington, Tammy Bruce a mis en avant le partenariat stratégique conclu entre Kinshasa et les États-Unis. L’objectif est, a-t-elle expliqué, de créer un cadre attractif pour les investissements américains et ceux des pays partenaires afin d’exploiter le potentiel économique de la RD-Congo.
Concrètement, a-t-elle déclaré, cet engagement prévoit un renforcement de l’appui des États-Unis aux infrastructures d’exportation RD-congolaises ainsi qu’un volet consacré à la formation d’une main-d’œuvre qualifiée. Pour la diplomate américaine, l’ambition affichée consiste à générer des emplois décents sur l’ensemble du territoire national et à arrimer l’économie RD-congolaise aux chaînes de valeur mondiales. La représentante permanente adjointe des États-Unis auprès de l’ONU a précisé que ce partenariat offre des perspectives concrètes de croissance, de stabilité et de prospérité pour les peuples RD-congolais et américain. Au-delà d’une simple voie de transport, Tammy Bruce a présenté ce corridor comme un moyen de sécuriser les chaînes d’approvisionnement en minerais critiques, d’améliorer la connectivité régionale et d’ouvrir de nouvelles voies commerciales entre l’Afrique centrale, les États-Unis et l’Europe.
Insistant sur les conditions de réussite, la diplomate américaine a martelé que la traçabilité et la transparence sont les fondements de l’investissement. Elle a appelé l’ensemble des acteurs à intégrer le lien entre la gouvernance des ressources naturelles et la prévention des conflits dans leurs politiques. Elle a également replacé ce partenariat dans la continuité des efforts diplomatiques récents. La représentante permanente adjointe des États-Unis auprès de l’ONU a évoqué les mesures prises en décembre 2025 par le Président Donald Trump, qui ont conduit à la négociation des Accords de Washington sur la paix et la prospérité entre la RD-Congo et le Rwanda, dans le prolongement de l’accord signé en juin 2025. Pour l’administration américaine, cette séquence diplomatique représente une opportunité historique de consolider durablement la sécurité dans la région des Grands Lacs.
L’enjeu des minerais critiques au cœur des débats
Les échanges au Conseil ont rappelé pourquoi la RD-Congo suscite une attention particulière. Le sous-sol congolais recèle d’importantes réserves de coltan, dont est extrait le tantale, composant indispensable des condensateurs utilisés dans les smartphones, les ordinateurs, les équipements médicaux et, désormais, les véhicules électriques. Avec l’accélération de la transition énergétique et la sortie progressive des énergies fossiles, la demande mondiale en minerais critiques connaît une croissance exponentielle.
Les Nations unies ont souligné que la manière dont la RD-Congo gérera ces ressources déterminera non seulement sa capacité à en tirer profit, mais aussi l’équilibre de la transition énergétique mondiale. En liant directement minerais, paix et développement, Washington propose une lecture qui dépasse le simple cadre commercial. L’idée est de faire des investissements et de la transparence les antidotes aux cycles de pillage et de violence qui ont longtemps marqué l’Est du pays.

