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Voici l’entorse à la candidature de la RD-Congo à la COP27

La volonté de Kinshasa d’explorer et d’exploiter à tout prix le pétrole contenu dans les parcs de Salonga et de Virunga est de nature à constituer une sérieuse entorse à l’éligibilité de la RD-Congo pour abriter les assises de la COP 27 en 2021. Ce constat a été fait par certaines ONG œuvrant pour la protection de l’environnement lors d’un moment de réflexion au Centre CEPAS le mardi 10 juillet.
Pour ces ONG, le choix de la RD-Congo comme pays organisateur de la COP 27 dépend de certains signaux forts comme le retrait du projet de désaffection des parcs nationaux de la Salonga et de Virunga. Selon elles, ces deux parcs, classés parmi les patrimoines de l’UNESCO, offrent des perspectives de développement durable pour les générations présentes et futures.
«Nous réitérons notre appel au gouvernement de la RD-Congo à mettre un terme à ce projet visant la disparition programmée de ces parcs nationaux emblématiques riches en biodiversité, en précipitation et en eau douce ; alimentant les tourbières essentielles pour la régulation du climat mondial», ont insisté ces ONG dont les acteurs ont tellement du mal à comprendre la démarche du gouvernement au point de s’interroger: «Il existe d’autres potentiels blocs à valeur économique plus rentable à travers le pays entier. Pourquoi s’en tient-on aux aires protégées?».
L’idée d’exploiter les réserves de pétrole de ces deux parcs, de plus en plus soulevée par des pétroliers, semble séduire le gouvernement RD-congolais. Une des résolutions du Conseil des ministres du 8 juin 2018 a visiblement démontré la volonté de Kinshasa de lancer l’exploitation pétrolière à Salongo et Virunga.
Le déclassement d’une «zone à intérêt pétrolier» dans ces deux parcs a été évoqué. Cette zone concerne 172.075 hectares du Virunga, soit 21,5% de la surface totale du parc. Le gouvernement est resté muet au sujet de Salonga mais a tout de même chargé le ministre des Hydrocarbures de constituer, avec son homologue de l’Environnement et Développement durable, une commission interministérielle. Objectif: préparation du dossier du bloc 2 à soumettre au Conseil des ministres pour le déclassement par décret d’une zone à intérêt pétrolier du Parc de Salonga.
Une autre commission, toujours placée sous l’autorité du ministre des Hydrocarbures, doit voir le jour en vue de préparer le dossier des blocs 4 et 5 du Graben Albertine à soumettre au Conseil des ministres pour le déclassement par décret à intérêt pétrolier de 172.075 hectares (1720,75 Km2) soit 21,5% du Parc de Virunga.
Après des moments de tergiversation, le gouvernement s’est montré plus clairement favorable à l’exploration et à l’exploitation du pétrole dans ces parcs de Virunga et de Salongo. Pourtant, à maintes reprises, différentes ONG ont désapprouvé ce projet se fondant sur les dangers auxquels l’environnement est exposé.
Le Fonds mondial pour la nature -WWF-, co-gestionnaire du parc national de la Salonga depuis 2016, a plus d’une fois alerté sur les véritables menaces pour la production des services environnementaux et le mode de vie des populations environnantes suite aux activités d’exploration et d’exploitation pétrolière.
Selon cette organisation internationale, les blocs pétroliers visés pour exploitation chevauchent totalement le parc de la Salonga et représentent un réel danger pour la faune et la flore exceptionnelles de cet écosystème.
Pendant que l’exploitation  pétrolière des parcs de Virunga et Salonga défraie la chronique, le gouvernement RD-congolais, via son vice-Premier ministre en charge des Affaires étrangères, a, depuis le mardi 5 juin 2018, manifesté sa volonté d’accueillir les travaux de la 27ème Conférence des parties, réunion annuelle organisée entre les différents pays signataires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques en vue d’analyser les avancées de la convention et prendre des décisions pour atteindre les objectifs de lutte contre les changements climatiques.
De l’avis de She Okitundu, la candidature de Kinshasa pour l’organisation de la COP 27 consiste à donner une impulsion forte à toutes les initiatives entreprises à l’échelle nationale en faveur de l’effort commun de réduire les causes globales de la déforestation et de la pauvreté.
«Il est important que nous occupions les instances décisionnelles à l’échelle international. En organisant la COP 27 en RD-Congo, nous voulons marquer l’attachement du pays au climat. Nous sommes l’un de deux poumons de la planète. Nous assurons la survie de la planète et il est temps que nous ayons de compensations. Nous apprêtons déjà tous les instruments juridiques pour poser notre candidature en tant qu’organisateur de la COP 27 en 2021», avait annoncé le VPM She à l’occasion du lancement des assises du Forum sur l’économie du climat.
Laurent OMBA

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