
Le rapport de l’ONG Human Rights Watch -HRW- documente des exécutions sommaires, des viols et des disparitions forcées entre décembre 2025 et janvier 2026. L’organisation appelle à l’ouverture d’enquêtes par la Cour pénale internationale -CPI. Le dossier sécuritaire dans l’Est de la RD-Congo s’alourdit davantage. Dans un rapport de 26 pages publié mercredi 13 mai 2026, Human Rights Watch accuse le M23 et les Forces rwandaises de défense d’avoir commis des crimes de guerre à Uvira, dans le Sud-Kivu, entre le 10 décembre 2025 et le 17 janvier 2026.
Intitulé «“Nous sommes des civils!”: meurtres, violences sexuelles et enlèvements commis par le M23 et les forces rwandaises à Uvira», le document s’appuie sur une mission d’enquête menée sur le terrain après le retrait du mouvement rebelle. Plus de 120 entretiens réalisés en mars et avril 2026 ont permis à l’ONG de reconstituer le fil des événements.
Opérations de porte-à-porte et tirs sur les fuyards
Selon Human Rights Watch, une fois le contrôle d’Uvira établi, les combattants du M23 et les militaires rwandais ont mené des opérations systématiques de porte-à-porte dans plusieurs quartiers de la ville. Le bilan est lourd: plus de 50 civils exécutés sommairement, au moins 8 femmes violées et 12 personnes portées disparues dans des circonstances assimilées à des disparitions forcées. Le rapport documente également des tirs dirigés contre des habitants qui tentaient de fuir la ville lors de la prise de contrôle.
«Après avoir pris le contrôle d’Uvira, les combattants du M23 et les forces rwandaises sont allés de porte en porte pour tuer sommairement des hommes et des garçons et ont commis des viols et des enlèvements», souligne l’ONG. HRW affirme par ailleurs que des fosses communes subsisteraient dans plusieurs secteurs de la ville. L’organisation appelle les autorités RD-congolaises à faciliter l’accès des enquêteurs indépendants et à garantir la protection des témoins.
Appel à la CPI et silence de Kigali
Human Rights Watch demande l’ouverture immédiate d’enquêtes pénales, notamment par la Cour pénale internationale -CPI-, afin que ces crimes ne restent pas impunis. L’ONG rappelle que les États-Unis ont déjà imposé, le 2 mars dernier, des sanctions à l’encontre de l’armée rwandaise et de certains de ses commandants, pour leur rôle présumé dans la prise et l’occupation d’Uvira. HRW regrette également qu’aucune suite n’ait été donnée à sa demande de communication des conclusions préliminaires du rapport.
La situation dans l’Est de la RD-Congo demeure marquée par de fortes tensions entre les forces gouvernementales et la coalition AFC/M23. Kinshasa, l’ONU et plusieurs capitales occidentales accusent Kigali de soutenir les rebelles. Ce nouveau rapport relance ainsi la pression sur la Communauté internationale, appelée à traduire en actes ses engagements en matière de lutte contre l’impunité dans la région des Grands Lacs.
Hénoc AKANO


