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Sûreté de l'État: pourquoi le Conseiller spécial de Fatshi a traqué les inspecteurs des finances

Les médias ont fait état de l’interpellation samedi des inspecteurs des finances par les services du conseiller spécial en matière de sécurité du Président de la République. Certaines ONG ont lié à cette opération Vital Kamerhe, le directeur de cabinet de Félix Tshisekedi, l’accusant de vouloir entraver une enquête sur quinze millions de dollars dus aux sociétés pétrolières qu’il aurait réquisitionnés et une autre sur les dépenses du Trésor public depuis l’avènement de Félix Tshisekedi.
C’est incroyable de voir comment ONG et médias sont devenus fous à propos de Kamerhe et François Beya, et acceptent les déclarations les plus ignobles faites par des membres de l’Inspection générale des finances -IGF- pris en flagrant délit. Ils continuent à tout dire sur ce feuilleton sauf la vérité: rien à signaler après les fouilles dans les comptes bancaires de Kamerhe dans cette affaire de paiement des pertes et manques à gagner des sociétés pétrolières et de la décote de 15% y relative, à part l’arrestation d’un cadre du ministère de l’Economie, un certain Célestin Twite Yamwembo, qu’on a voulu forcer en vain à citer les noms des personnalités qu’on espère envoyer à l’échafaud, ont raconté plusieurs sources. «Célestin Twite, conseiller financier au cabinet du ministre de l’Economie reste, à ce stade de la mission, comptable de la justification de USD 14.775.000 retirés au profit du Comité de suivi des prix des produits pétroliers», peut-on lire dans le fameux rapport de l’IGF.
L’autre évidence dans cette affaire est que l’idée de la décote et du dépôt des fonds dans les comptes du Comité de suivi des prix des produits pétroliers est venue du gouvernement de la République et pas du Cabinet du Président de la République.

Ne jamais badiner avec la sûreté de l’Etat

Alors que le Directeur de cabinet du Président de la République et le conseiller spécial en matière de sécurité François Beya étaient injoignables le week-end, l’entourage de ce dernier a expliqué à AfricaNews pourquoi le Conseil national de sécurité a traqué les inspecteurs des finances. Il s’agit d’un dossier sensible, touchant à la sécurité du pays. Et n’eût été l’intervention musclée du Conseiller spécial, personne ne sait prédire ce que ces indélicats inspecteurs auraient pu faire des renseignements contenus dans le précieux support.
Qu’est-ce qu’il s’est réellement passé? «Profitant des instructions mal données de l’ANR dans un courrier daté du 17 août 2019, les inspecteurs des finances se sont rendus au cabinet du ministre d’Etat en charge du Budget. Alors que ce dernier était absent, ils ont brutalisé son directeur de cabinet et emporté le CD contenant des données sensibles de la République et d’autres rapports financiers confidentiels», a révélé un proche du spécial qui a requis l’anonymat. Et de poursuivre: «Ces inspecteurs des finances ont été interpellés et placés en garde à vue parce qu’ils résistaient aux ordres de restituer le CD pris dans le bureau du ministre d’Etat en charge du Budget, qu’ils ont gardé pendant des jours. Imaginez, par exemple, les données concernant le financement des opérations de l’armée dans la rue! On présume qu’il y avait intention de manipuler ces données».

Rôle trouble du Principal Bilomba et de l’Inspecteur des finances en chef

Beya et ses équipes ont donc eu raison de réagir. Surtout que des sources ont fait part du rôle trouble du Conseiller principal en charge de l’Ecofin du Président de la République, Marcellin Bilomba, qui a fait le déplacement des bureaux du Conseiller spécial pour ordonner la libération des inspecteurs des finances qui détenaient le CD recherché et étaient en train d’être verbalisés. Comment Bilomba a osé prendre la défense des inspecteurs fautifs? Suivez mon regard. Bilomba, cet homme qui entretient le bordel au Palais, a des placards infestés, à en croire plusieurs sources de la diaspora. Sur la toile, il est signalé qu’il a été définitivement condamné par le Tribunal de Genève en Suisse pour falsification de documents, délit financier mineur, trafic de personnes, etc. Il aurait également été arrêté à la frontière allemande pour suspicion de contrebande. Bilomba a été à la tête de Geneva Business Institut SA, Rue de Lyon 110, 1203 Genève, société radiée du Registre du commerce de Genève le 28 mars 2003 par ordonnance du ministère public ou du tribunal. Transkin Sarl, l’autre société de Bilomba logée à la même adresse et évoluant dans le fret et la messagerie financière, a également été l’objet de radiation du Registre du commerce sur décision judiciaire du 1er septembre 2005 pour fraudes signalées par les clients.
Devenu proche de Bilomba, l’inspecteur général des finances Victor Batubenga a dit sur RFI qu’il semble qu’il soit en train de déranger des gens avec le contrôle initié par son service, affirmant se tourner vers le Président de la République dont dépend l’IGF pour une rencontre. L’inspecteur général des finances a-t-il désormais le droit de s’exprimer dans les médias pour solliciter une audience chez le Président de la République sans s’en référer à la hiérarchie, sans tenir compte du devoir de réserve auquel il est astreint? Pareille attitude frise la rébellion et rappelle le comportement irrévérencieux de l’assistant logistique, qui avait tenté de contester l’autorité du Dircab Kamerhe, affirmant qu’il dépendait directement et uniquement du Chef de l’Etat.
Des révélations et des sorties qui font froid au dos et poussent à réfléchir sur la gestion des dossiers pareils sous d’autres cieux. Julian Assange, propriétaire de WikiLeaks inculpé par la justice américaine pour «complot dans le but de commettre une intrusion informatique», est l’objet d’une longue traque des services américains pour avoir mis la main sur les données réputées sensibles des Etats-Unis. On ne voit pas pourquoi en République Démocratique du Congo une telle démarche devrait constituer un casus belli.
En attendant de comprendre les raisons du zèle soudain de ces fonctionnaires de l’IGF dont l’immobilisme a étonné plus d’un alors que le pays a connu des scandales de surfacturation des projets et celui des projets extrabudgétaires entre 2012 et 2016, d’aucuns soupçonnent des plans visant la déstabilisation du tandem Fatshi-Kamerhe alors que le Programme des 100 jours commence à porter ses fruits. «On veut créer un conflit entre le Président et son directeur de cabinet. Ce dernier est accusé sans preuves de préparer déjà 2023 pour son propre compte. Les auteurs de ce plan veulent pousser Fatshi à la faute, l’amener à se séparer de son Dircab, le plus capé de tous ses collaborateurs, le seul qui ait une expérience avérée de la gestion de la chose publique et sache comment empêcher certaines compromissions», croit savoir un observateur de la scène politique RD-congolaise. L’allié Kamehre serait-il déjà devenu un cauchemar? La question reste posée alors que le Dircab est dans son droit d’étouffer toute action tendant à installer le chienlit au Cabinet présidentiel comme les missions intempestives de la même IGF dénoncées par la Fédération des entreprises du Congo -FEC.

Tino MABADA

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