
Le mardi 14 octobre, une cérémonie marquante s’est tenue à Washington, où les hymnes nationaux des États-Unis et de la République Démocratique du Congo ont été interprétés en présence de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka. Elle a inauguré le premier Forum économique et d’investissements réunissant les deux nations. Également présent, Jonathan Pratt, sous-secrétaire d’État américain aux Affaires africaines, représentant le secrétaire d’État Marco Rubio, ainsi qu’un grand nombre de leaders du monde des affaires américain, ont répondu à l’appel du Président Félix Tshisekedi pour favoriser la diversification de l’économie RD-congolaise, dans un contexte de coopération renouvelée avec le président américain Donald Trump.
Pendant deux jours, les discussions vont porter sur les opportunités de développement durable et inclusif dans divers secteurs tels que les Mines, l’Énergie, l’Agriculture, les Infrastructures, l’Éducation, les Technologies, la Santé, ainsi que les Finances et les Assurances, pour des investissements évalués à plus de 250 milliards de dollars selon les experts.
Lors de son discours préliminaire lundi, la Première ministre Suminwa a décrit la République Démocratique du Congo comme un véritable terreau d’opportunités commerciales, grâce à sa population de 100 millions d’habitants majoritairement jeune, ses 80 millions d’hectares de terres agricoles, ses vastes forêts, son potentiel hydroélectrique et ses riches ressources naturelles comprenant des minerais rares. Elle a salué la collaboration entre les présidents Félix Tshisekedi et Donald Trump, visant à établir un partenariat axé sur le développement durable et inclusif.
«Mesdames et Messieurs, sous la direction du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, la République Démocratique du Congo se transforme en profondeur pour mettre la richesse nationale au service du développement humain, conformément à notre programme gouvernemental 2024-2028 et à notre stratégie nationale de développement. J’aimerais adresser nos remerciements au Président Donald Trump pour son attention sur la situation sécuritaire de notre pays. Son engagement pour apporter la paix dans l’Est de la République Démocratique du Congo et la région des Grands Lacs africains renforce notre espoir de mettre fin à près de 30 ans de conflits qui ont causé la perte de millions de vies. Le rétablissement de la paix est essentiel pour consolider nos avancées et permettre à la RDC de devenir un moteur de développement pour l’Afrique», a affirmé la cheffe du gouvernement.
La Première ministre a également souligné que les questions de gouvernance, de climat des affaires et de lutte contre la corruption représentent des défis cruciaux à surmonter par la République Démocratique du Congo. «Le Gouvernement, que j’ai l’honneur de diriger, a fait du climat des affaires un levier central de la transformation structurelle de notre économie. Nous avons engagé des réformes profondes et ambitieuses pour instaurer un cadre économique plus prévisible, transparent et compétitif afin de rendre la RDC plus attractive à l’investissement, de favoriser la création d’emplois et de consolider la confiance entre l’État et les acteurs économiques», a-t-elle assuré. Au nombre de ces réformes il y a lieu de noter notamment: la rationalisation de la parafiscalité, la digitalisation des procédures administratives, en particulier pour la création d’entreprise,
la révision des principaux codes économiques pour aligner notre législation sur les standards internationaux, le renforcement du dialogue public-privé, ou encore la mise en œuvre d’initiatives structurantes comme la création, l’aménagement et la viabilisation des Zones Économiques Spéciales, destinées à stimuler la production locale et la création d’emplois. La Première ministre a en outre invité les investisseurs américains à Kinshasa pour poursuivre le dialogue ainsi entamé et les accompagner dans la concrétisation de leurs projets d’investissement à travers les 26 provinces du pays, chacune regorgeant d’opportunités économiques réelles et prometteuses, assurant à l’assistance qu’en choisissant d’investir aujourd’hui en RDC, c’est faire le choix de l’avenir.
L’engagement de l’Administration Trump
Jonathan Pratt, sous-secrétaire d’État américain chargé des affaires africaines par intérim, a fait part d’un message de Marco Rubio déclarant que «sous le président Trump, les États-Unis privilégient non seulement la paix, mais aussi les investissements, en garantissant un bon retour sur les investissements pour les entreprises américaines. Les États-Unis sont fiers de collaborer avec le secteur privé et de s’associer à des gouvernements pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement», a-t-il ajouté, notant que les minerais critiques constituent une question de sécurité pour les États-Unis.
Ce membre de l’administration Trump a aussi évoqué que grâce au soutien des États-Unis, la RDC et le Rwanda établiront des partenariats profitables pour le corridor de Lobito.
Cette vision du gouvernement américain est largement soutenue par le secteur privé, comme l’a indiqué Frank Moiser, directeur du Trump Economic Group pour l’Afrique, présent lors de l’événement.
Déjà un protocole d’accord à 1,5 milliard de dollars
«La trilogie “Paix, partenariat et prospérité” est un message fort ressenti par les investisseurs américains déterminés à travailler en République Démocratique du Congo», a-t-il déclaré, ajoutant que «ce modèle a prouvé son efficacité, notamment en RDC, suite au tournant marqué par la signature de la déclaration de paix entre la RDC et le Rwanda le 27 septembre». «Pour mettre fin à ces violences qui durent depuis plus de 30 ans, il manquait une composante économique. Cette fois-ci, nous allons relier la paix aux investissements», a-t-il conclu.
Joe Dumbi, conseiller spécial du président de la République pour les ressources extérieures et le suivi des projets, ainsi que des représentants d’institutions comme le Council Atlantique, Divo International et l’ambassade de la RDC aux États-Unis ont joué un rôle déterminant dans l’attrait des entrepreneurs américains pour cet événement.
Accompagnant la Première ministre Suminwa dans cette démarche cruciale, on trouve des figures importantes telles que le vice-premier ministre en charge de l’Intérieur Shabani Lukoo, le ministre des Mines Louis Watum, le ministre des Infrastructures John Banza, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’électricité Aimé Sakombi Molendo, ainsi que leurs collègues des ministères du Commerce extérieur Julien Paluku, de la Communication et des Médias Patrick Muyaya, des Postes et télécommunications José Mpanda, et de la Santé Samuel Roger Kamba.
Accompagné d’une délégation de la Fédération des entreprises du Congo -FEC- ainsi que des managers des entreprises ou organismes sous tutelle, chacun a pris et prendra part à un atelier devant un groupe d’hommes d’affaires désireux d’en savoir plus sur son domaine d’activité.
Si le ministre des Ressources hydrauliques et de l’électricité, Aimé Sakombi Molendo, a signé le même jour, au nom du gouvernement, un mémorandum d’entente avec la société américaine Hydro-Link LLC pour la construction d’une ligne de transport d’hydroélectricité reliant l’Angola aux zones minières situées dans le Grand Katanga pour 1,5 milliard de dollars, la gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka, le gouverneur par intérim du Haut-Katanga, Martin Kazembe, le Directeur général du Cadastre minier, Popol Mabolia Yenga, ont pris part aux ateliers consacrés aux secteurs des mines et de l’énergie, où les débats ont tourné sur les ressources minières de la République Démocratique et le projet grand Inga, pouvant offrir jusqu’à 55000 MW, situé non seulement à 1700 km des sites des minerais stratégiques mais aussi d’un marché de près de 20 millions de personnes dans la ville de Kinshasa et dans une région où le gouvernement prévoit de développer une zone industrielle.
