Dans un communiqué officiel signé à Kinshasa, le 8 juin 2026, par le président du Conseil interreligieux congolais -CIC-, l’Archevêque Dodo Israël Kamba, les confessions religieuses réunies au sein de cette plateforme appellent à l’ouverture d’un débat républicain, démocratique et inclusif sur les réformes constitutionnelles et institutionnelles en RD-Congo. Rendant public son rapport général à mi-parcours du plaidoyer national pour la création d’une Commission Vérité, Réconciliation et Cohésion nationale -CVRCN-, le CIC estime que les crises politiques récurrentes, les conflits armés persistants dans l’Est du pays, les tensions sociales et les défis liés à la gouvernance imposent aujourd’hui une réflexion collective sur l’avenir des institutions de la République. Sans prendre position sur des dispositions spécifiques de la Constitution, l’organisation considère que la question de sa révision ne doit être ni un sujet de division ni un tabou national, mais plutôt un exercice démocratique permettant à la nation RD-congolaise d’examiner les réformes susceptibles de renforcer l’efficacité de l’État, la stabilité institutionnelle et la participation citoyenne.
Fruit de plusieurs mois de consultations menées auprès des institutions publiques, des forces politiques de la Majorité et de l’Opposition, de la Société civile, des autorités coutumières, des organisations féminines, des mouvements de jeunesse ainsi que des partenaires nationaux et internationaux, ce rapport met en évidence l’existence d’une volonté largement partagée de voir le pays s’engager dans un processus de refondation fondé sur la vérité, la justice, la réconciliation et la cohésion nationale.
Dans cette dynamique, le Conseil interreligieux congolais recommande notamment l’organisation d’un dialogue national permanent sur les questions fondamentales touchant à l’avenir de la République, parmi lesquelles figurent les réformes constitutionnelles et institutionnelles. Pour ses dirigeants, toute initiative en ce sens doit demeurer conforme aux principes de l’État de droit, au respect de la souveraineté populaire et à la recherche du consensus national.
En associant la révision éventuelle de la Constitution à une démarche plus large de réconciliation et de consolidation de la paix, le CIC place le débat institutionnel au cœur de la reconstruction du contrat social RD-congolais et invite le Président de la République, le Parlement, le gouvernement, les institutions d’appui à la démocratie, les forces politiques ainsi que l’ensemble des citoyens à s’approprier cette réflexion. Une prise de position qui relance, sous l’impulsion des confessions religieuses, un débat aussi sensible que stratégique sur l’avenir politique de la RD-Congo.

