La violente répression de la marche de l’Opposition programmé le 20 mai dernier n’a pas fini de livrer son triste bilan alors que plusieurs militants des partis politiques de principaux meneurs de cette procession contre la vie chère, le processus électoral chaotique et l’insécurité grandissante croupissent en prison, avec comme cas emblématique la détention de Salomon Kalonda, bras droit de Moïse Katumbi.

Junior Shungu Okito, militant du parti de l’UNADEF de Christian Mwando Nsimba Kabulo, ancien ministre d’État en charge du Plan et proche de Moïse Katumbi, se retrouve, depuis ce jour, sur le lit d’hôpital. Victime de violences physiques perpétrées par des hommes en uniforme, le jeune Shungu est, selon des informations délivrées par ses amis du parti, dans un état critique.
«Il a été pris à partie à la hauteur de l’ancienne maison communale de Ngaba par des policiers qui nous dispersaient. Ces policiers se sont littéralement comportés en délinquant et l’ont roué de coups», a témoigné un marcheur présent sous le sceau de l’anonymat.
La même source s’est dit inquiet sur la vie de Junior Shungu: «c’est une personne très intelligente sur qui le Congo peut compter. Non seulement son état est délicat mais ses bourreaux sont après lui, prêt à achever le travail qu’ils ont commencé. Nous sommes dans une situation où l’on veut effacer les traces de cette violence et Junior est un témoin gênant». Interné dans un centre de santé de la capitale, Junior Shungu devrait normalement être évacué à l’étranger pour des soins appropriés mais sa famille refuse de le sortir de l’ombre «de peur de le mettre en porte-à-faux face à ses bourreaux».
Approchée, la direction du parti Unadef a dénoncé une «dérive dictatoriale» du régime et a pris la communauté internationale à témoin.

