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RDC: Suminwa prépare la purge de la paie

Lundi, les inspecteurs des finances quittent les bureaux. Direction les administrations. Judith Suminwa a donné le top: l’IGF descend sur le terrain pour auditer la paie de l’État au plus près. Fini l’analyse sur papier. Place à la purge. Vendredi à la Primature, la Première ministre a réceptionné le rapport à mi-parcours. Autour d’elle, le Commission de suivi. Face à elle, Christophe Bisimwa, Inspecteur général des finances-chef de service. Mission: scanner la masse salariale qui saigne le budget. L’IGF a rendu sa copie d’étape. La vraie traque commence lundi.

Phase 1 terminée: les chiffres parlent

Première étape bouclée: décorticage des états liquidatifs. L’IGF a disséqué les fichiers, comparé les lignes, traqué les incohérences. Verdict livré à Suminwa. Mais Bisimwa calme le jeu: «Nous avons présenté des conclusions à mi-parcours et non définitives». 

Phase 2: descente de terrain, lundi

Dès lundi, les inspecteurs des finances quittent leurs bureaux. Objectif: confronter les chiffres à la réalité. «Nous allons descendre auprès de tous les services qui gèrent le personnel afin d’analyser les anomalies et écarts constatés», tranche Bisimwa. Salaires de morts. Doublons. Grades inventés. L’IGF va pointer du doigt. Origine de chaque incohérence. Nom des responsables. Le rapport final ne tombera qu’après cette descente.

Exigences de la PM: un seul fichier, zéro tolérance

Bisimwa ne mâche pas ses mots. Le mal est identifié: éclatement du circuit. Trop d’intervenants, zéro plateforme commune. Résultat: fuites, opacité, argent qui s’évapore. «La grande suggestion que nous avons proposée au Gouvernement est de pouvoir unifier le circuit de la paie. L’idéal est d’aboutir à un système unifié et digitalisé dans lequel chaque acteur intervient selon ses compétences au sein d’une même plateforme. Cela permettra un meilleur contrôle du système», martèle-t-il. Message reçu 5/5 par Suminwa. Elle prépare la purge. À court terme: harmonisation des données, correction des anomalies. Ensuite: réforme structurelle. Un seul fichier. Une seule chaîne. Zéro zone grise.

Masse salariale: hausse maîtrisée, pas d’explosion

Bisimwa coupe court aux rumeurs. Entre janvier 2023 et janvier 2026, la masse salariale a grimpé. Mais sans flambée. «Les chiffres indiquent une augmentation constante, mais non soudaine. Cette évolution s’explique notamment par les ajustements salariaux intervenus au fil des années ainsi que par les engagements pris par l’État envers les agents publics», précise-t-il. Oui, les salaires restent la première dépense de l’État. Mais Suminwa vise l’équilibre: maîtriser la masse pour dégager des marges. Plus d’investissements. Moins de fuites.

Instruction présidentielle: cartographier puis frapper

Cet audit ne sort pas de nulle part. Suminwa l’a lancé sur instruction du Président de la République, lors de la 79ᵉ réunion du Conseil des ministres. Volonté claire: cartographier les irrégularités, puis purger. L’IGF a fini de compter. Lundi, elle descend. Et la paie de l’État n’aura plus nulle part où se cacher.

Natine K

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