
À la demande du Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi à la suite de la guerre d’agression rwandaise sous couvert du M23-AFC, l’Assemblée nationale et le Sénat sont, depuis mardi 4 février, en session extraordinaire. L’ordre du jour de ces travaux indique «l’examen de la situation sécuritaire à l’Est de la RD-Congo: propositions des stratégies diplomatiques et politiques de sortie de crise et la présentation de deux juges de la Cour constitutionnelle».
Cette session ouverte mardi connait une forte présence des parlementaires. Dans son mot d’ouverture de ces assises de tous les enjeux, le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, a indiqué que la situation qui prévaut à l’Est du pays, caractérisée par l’occupation d’une partie de son territoire par le Rwanda, sous couvert de ses supplétifs du M23-AFC, exige que le Parlement joue pleinement son rôle pour des solutions idoines. Il a déploré les morts survenues à la suite de la barbarie de ces agresseurs.
«À ce jour, plus de 900 corps des personnes tuées ont été acheminés dans les morgues des hôpitaux de Goma. C’est dire que le nombre exact des personnes tuées est certainement plus important que celui enregistré dans les formations sanitaires. Ces actes ignobles constituent une violation flagrante de notre souveraineté et une menace à la paix et à la stabilité non seulement dans la sous-région des Grands lacs mais en Afrique toute entière. Le Sénat condamne avec la plus grande fermeté cette barbarie du Rwanda et ses supplétifs. La passivité de la Communauté internationale, comme l’a souligné son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République, dans son message à la Nation du 29 janvier 2025, constitue un affront à la RD-Congo et aux valeurs universelles de justice et de paix», a-t-il souligné.
À en croire Sama Lukonde, depuis son accession à l’indépendance, la RD-Congo est la cible d’un complot international nourri par la convoitise des richesses inestimables que regorge son sol et sous-sol. «Malheureusement, cette bénédiction naturelle a engendré une spirale des conflits qui ressurgit à chaque étape cruciale de notre évolution politique», a rappelé le speaker du Sénat avant de souligner que depuis l’aggravation de la situation, la Chambre haute a entrepris un certain nombre d’actions allant dans le sens de réfléchir sur les voies et moyens pouvant permettre de juguler cette crise.
Faisant suite à l’appel à la mobilisation générale lancé par le Chef de l’Etat, lors de son adresse à la Nation du 29 janvier 2025, Sama Lukonde a invité les sénateurs à faire en sorte que les travaux de cette session puissent réellement contribuer aux stratégies de sortie de crise. «Nous tous, collectivement comme Nation, et chacun de nous, de manière singulière, quelle que soit sa province, est affecté dans son corps et dans son âme par cette situation sécuritaire et ses conséquences. Engageons-nous sans réserve, pour donner à notre mère patrie le meilleur de nous-mêmes», a-t-il exhorté.
Pour mener à bien la réflexion au niveau du Parlement, Sama Lukonde a annoncé la mise sur pied d’une commission mixte Assemblée nationale-Sénat pour réfléchir sur les stratégies diplomatiques et politiques de sortie de crise. Il a précisé que du côté du Sénat, cette commission comprendra les membres des commissions Défense et Sécurité, Relations extérieures, Socio-culturelles ainsi que Genre et Familles.
À l’entendre, les membres de cette commission mixte feront rapport aux assemblées plénières. Il convient de souligner que la suite des travaux de cette plénière inaugurale de la session extraordinaire s’est déroulée à huis clos. Ce, après une motion de la Sénatrice Vicky Katumwa qui a voulu que cette matière qui relève de la sécurité du pays ne soit pas traitée publiquement. Ainsi, la motion a été adoptée à l’unanimité. Comme à la Chambre haute, à l’Assemblée nationale aussi il a été décidé que les travaux se tiennent à huis-clos au sein de la Commission mixte Assemblée nationale-Sénat juste pour éviter les va-et-vient de la copie entre les deux Chambres et compte tenu de la sensibilité de la matière.


