
Fin du suspense. L’Intersyndicale des syndicats des enseignants du ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté -EDU-NC- appelle ses membres à reprendre le chemin des salles de classe dès ce mardi 1er septembre 2026, sur l’ensemble du territoire national. Réunie samedi 29 août 2026 en assemblée générale d’évaluation à Kinshasa, l’organisation a passé en revue les engagements pris par le gouvernement dans le cadre de la mise en œuvre des résolutions issues de la Commission paritaire Gouvernement-Banc syndical.
Plusieurs dossiers sensibles étaient au cœur des discussions: l’amélioration des conditions de travail, le paiement des enseignants non mécanisés -NU- et non payés -NP-, la mise à la retraite, la situation de la Mutuelle de santé des enseignants -MESP-, les retards récurrents de la paie dans les provinces et la signature des décrets portant statuts particuliers. Pour son évaluation, l’Intersyndicale s’est appuyée sur les travaux de la deuxième plénière de la Commission interministérielle, tenue du 12 au 14 août 2026, ainsi que sur la rencontre organisée vendredi 28 août entre la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale, Raïssa Malu, et une délégation syndicale.
Des engagements réitérés
À l’issue de ces échanges, et selon la déclaration signée par son président et porte-parole, Godefroid Matondo Nzuzi, le gouvernement a réitéré sa volonté d’accorder la priorité au paiement des NU et NP. Sur le dossier de la retraite, l’Exécutif entend accélérer le processus, avec une priorité annoncée pour les enseignants debout et les inspecteurs. Sur la MESP, il se serait engagé à œuvrer en faveur du moratoire de trois à cinq ans sollicité par l’Intersyndicale concernant l’application du régime d’assurance maladie obligatoire.
Autre point jugé prioritaire: le paiement des intervenants aux évaluations certificatives de l’édition 2025-2026 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Un dossier qui, selon l’Intersyndicale, aurait déjà franchi une étape dans la chaîne des dépenses et devrait faire l’objet d’un traitement urgent. Enfin, les deux projets de décrets portant respectivement statut particulier du personnel enseignant et statut particulier des inspecteurs auraient déjà été soumis à l’autorité compétente pour signature. L’Intersyndicale a dénoncé, par ailleurs, les retards et désagréments constatés lors de la paie dans plusieurs provinces éducationnelles.
Sur ce point, la ministre aurait pris l’engagement de rappeler à l’ordre et d’interpeller les opérateurs de paie concernés afin de mettre fin à ces pratiques. Face à ces assurances, les syndicats formulent des exigences précises et datées. Ils ont recommandé au gouvernement de rendre opérationnels, au quatrième trimestre 2026, les processus de mise à la retraite et de paiement des enseignants NU et NP, conformément aux prévisions de la loi de finances 2026. Ils ont exigé la signature, au plus tard à la mi-septembre 2026, des deux décrets relatifs aux statuts particuliers, ainsi que la finalisation du paiement des intervenants de l’Est. Ils ont demandé, enfin, d’instruire les opérateurs de paie afin d’apurer les arriérés salariaux et les frais de fonctionnement, tout en mettant fin aux retenues salariales jugées injustifiées ou non autorisées.
Une reprise sous surveillance
C’est donc sur la base de ces engagements renouvelés que l’Intersyndicale privilégie, pour l’instant, la voie de l’apaisement. Elle a demandé à tous les enseignants de reprendre les enseignements et l’encadrement des élèves dès mardi. Mais cette reprise est assortie d’un avertissement sans équivoque.
En cas de non-respect des engagements, les syndicats ont prévenu qu’ils se réservent le droit de déclencher des actions syndicales de grande ampleur, pouvant aller jusqu’à perturber le calendrier scolaire en cours. Un ultimatum qui place le gouvernement devant ses responsabilités: donner rapidement des réponses concrètes pour préserver la paix sociale dans le sous-secteur de l’Éducation nationale et éviter une nouvelle crise au cours de l’année scolaire 2026-2027.







