
À l’Inspection Générale des Finances, on ne «forme» plus. On arme. Lundi au Fleuve Congo Hôtel, l’IGF a clôturé la première vague de formation de ses inspecteurs, cadres et agents… et lancé la deuxième dans la foulée. L’objectif est sans détour: mettre tout le personnel à la hauteur des exigences du contrôle systémique. Place à la montée en compétences. En partenariat avec l’École Nationale d’Administration -ENA- et l’École Nationale des Finances -ENF-, l’institution de Christophe Bitasimwa veut des contrôleurs qui comprennent les chiffres, les systèmes et les nouveaux outils numériques avant même de les auditer.
90% de présence, zéro excuse
Bilan de la première vague: 90% de taux de participation. Un chiffre qui claque dans une administration où l’absentéisme est souvent la règle. Finances publiques, marchés publics, gouvernance, digitalisation: le programme a visé juste. «Les formations dispensées répondent aux exigences actuelles de modernisation et de digitalisation de l’administration publique», a souligné Yvette Barhashishwa Shabani, DG de l’ENF. Seul bémol selon elle: allonger la durée des prochaines sessions pour «couvrir davantage de matières». Cedrick Tombola Muke, DG de l’ENA, a salué la vision du gouvernement et «l’engagement du VPM Jean-Pierre Lihau en faveur de la professionnalisation des agents de l’État». Il a félicité l’assiduité des participants. Un compliment rare, donc lourd.
Des ressources humaines compétentes: le credo de Bitasimwa
Moment fort de la cérémonie, l’allocution du Chef de Service de l’IGF a planté le décor. Christophe Bitasimwa rappelle que tout part du Plan stratégique triennal : faire du capital humain le cœur de la transformation. «L’IGF doit disposer de ressources humaines compétentes capables de s’approprier la digitalisation et de maîtriser nos nouvelles méthodes de travail à travers le contrôle systémique», a-t-il déclaré.
Traduction: on scrute désormais tout. Des papiers, des systèmes, des flux, des algorithmes. Et pour ça, il faut des inspecteurs formés, aguerris, capables de comprendre la machine avant de la démonter. Le Chef de Service a remercié le président Félix Tshisekedi pour son soutien aux réformes. Sa consigne à la deuxième vague qui démarre: discipline, assiduité, engagement. «Avec cette nouvelle vague, l’IGF vise la mise à niveau de l’ensemble de son personnel», a-t-il affirmé.
Les consignes du VPM Lihau
Jean-Pierre Lihau, Vice-Premier Ministre en charge de la Fonction publique, et Grâcia Yamba Kazadi, vice-ministre des Finances représentant Doudou Fwamba empêché, ont remis les attestations aux lauréats.Le VPM a frappé fort, avec des consignes claires: «On ne peut pas bâtir une meilleure administration publique avec un personnel dépassé. La réforme administrative n’est pas une option, c’est une nécessité». Et d’ajouter, attestations en main: «La valeur de votre attestation ne se mesurera pas à l’encre qu’elle porte, mais à la qualité du travail que vous rendrez au service public».
Message reçu par le représentant des apprenants, qui s’est engagé à «mettre en pratique les notions apprises pour contribuer à la performance de l’institution».
Pour Grâcia Yamba Kazadi, l’IGF donne l’exemple. Son conseil aux autres administrations: inspirez-vous de cette démarche. «Aucune réforme durable ne peut être menée sans un investissement conséquent dans la formation des ressources humaines».
Contrôle systémique: la nouvelle ligne de front
Avec cette séquence clôture/lancement, l’IGF confirme son virage. Elle ne veut plus être réduite à une “police des dépenses”. Elle se positionne comme une institution moderne, technique, capable de faire du contrôle systémique son arme principale contre les détournements. Le pari de Christophe Bitasimwa est simple: si les inspecteurs maîtrisent les outils, les prédateurs des finances publiques auront moins de marge. La deuxième vague est lancée. Tous les agents de l’IGF sont concernés.
Dans la guerre que mène l’État contre les fuites et l’impunité, l’IGF vient de choisir ses munitions : des hommes et des femmes formés, armés, prêts pour le choc. Le ton est donné. À Kinshasa comme en provinces, les inspecteurs de l’IGF n’auront plus d’excuse.
Natine K.

