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RDC : Les femmes handicapées plaident pour la suppression du ministère des PVH

Rehema Sergino Gino, présidente de l’ONGD Handicap Zéro, se félicite de cette proposition et se dit satisfaite qu’elles aient finalement ouvert les yeux pour, en quelque sorte, rejoindre sa position et propose la fusion du ministère des PVH avec celui des Affaires sociales sous l’appellation du «ministère d’Egalité des chances»     

La RD-Congo tendrait-elle vers la suppression du ministère des Personnes vivant avec handicap? C’est le moins qu’on puisse dire. La délégation des femmes handicapées a été consultée par la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka qui s’apprête à former son cabinet. Au sortir de cette consultation, ces femmes se sont amendées d’avoir poussé à la création du ministère des handicapés. «Nous avons eu à ne pas accepter un principe qui nous est cher: celui d’inclusion. L’inclusion des personnes en situation du handicap ne veut pas dire discrimination. Nous avons fait créer un ministère et nous nous sommes amendés auprès de la Première dame afin que la Première ministre puisse transmettre notre message auprès du Président de la République pour les actes de lui avoir induit en erreur», a déclaré Bénédicte Wanganombe, présidente de la Fédération congolaise des personnes handicapées du Congo -FECOPEHA.

Directement, Rehema Sergino Gino, présidente de l’ONGD Handicap Zéro, a réagi, saluant l’attitude de ces femmes. «En son temps, j’avais fait une déclaration demandant la suppression de ce ministère. Je suis satisfaite qu’elles aient finalement ouvert les yeux pour, en quelque sorte, rejoindre ma position», a-t-elle réagi. C’est depuis le 12 mars 2021 qu’elle s’opposait déjà à ce ministère.

«Quand en son temps, nous, Handicap Zéro, avions alerté jusqu’à demander la suppression de ce ministère qui venait d’être créé, nous étions taxés de tous les maux. Aujourd’hui, l’avenir nous donne raison. On peut encore faire mieux», a fait savoir  Rehema Sergino Gino. Contacté par «AfricaNews», la présidente de l’ONGD Handicap Zéro évoque l’article 49 alinéa 2 de notre Constitution qui proclame que «l’Etat a le devoir de promouvoir la présence de la personne avec handicap au sein des institutions nationales, provinciales et locales».

Selon elle, il ressort de cette disposition constitutionnelle que les personnes handicapées ne doivent pas seulement avoir un ministère mais cette disposition va plus loin car, elle exige la présence des personnes handicapées au sein de toutes les institutions. Raison pour laquelle, la présidente de l’ONGD Handicap Zéro formule quelques recommandations suivantes aux autorités compétentes.

«Je demande aux décideurs de maintenir le département chargé des personnes dites handicapées; fusionner le ministère actuel en charge des personnes vivant avec handicap avec un autre du même aspect humanitaire pour éviter les conflits d’attributions; assurer la participation effective des PVH dans les institutions à tous les niveaux, sur fond des articles 12 et 49 de la Constitution; appliquer une dénomination appropriée et non discriminatoire. Nous proposons en lieu et place la dénomination du «ministère d’égalité des chances»; nommer les PVH dans d’autres ministères -Intérieur et Sécurité, Santé, Environnement- et ne pas restreindre ainsi la situation de handicap à un seul département car, cela constitue également un motif de discrimination», recommande-t-elle, ajoutant cependant que «la participation à la cause des PVH doit être opposable à tous les ministères».

Et de conclure: «nous disons que nous ne voulons pas de ce ministère en charge des Personnes handicapées car, cette dénomination est pour nous une autre forme de discrimination. Les personnes handicapées ne sont pas là pour gérer uniquement le ministère en charge des Personnes handicapées mais elles peuvent aussi s’occuper d’autres ministères en fonction de compétences et formation des PVH. C’est d’ailleurs la meilleure façon de promouvoir et faire participer cette catégorie des personnes dans la gestion de la res publica et éliminer toutes les formes de discrimination dont elles sont victimes». A en croire Rehema Sergino Gino, c’est ça «l’esprit des articles 12 et 49 de notre Constitution qui mettent tous les RD-Congolais au même point d’égalité d’un côté et de l’autre, les autorités doivent promouvoir la participation des personnes handicapées au sein de toutes les institutions tant nationales, provinciales que locales».

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