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RDC: Le projet de Loi des finances 2026 déjà dans le moulin de l’ECOFIN

Présenté et défendu par la Première ministre Judith Suminwa, le projet de Loi des finances de l’exercice 2026, évalué à 59,021 milliards de francs congolais, soit 20,3 milliards de dollars américains, a été déclaré recevable à l’Assemblée nationale. Accepté par l’Assemblée plénière, ce projet de budget de la République a été transmis à la Commission économique, financière et contrôle budgétaire -ECOFIN- de la Chambre basse pour un examen approfondi d’une durée de 14 jours. Comparé à celui de l’année 2025, ce nouveau projet de loi connaît une progression de 16%, tel que présenté en équilibre, en recettes comme en dépenses.

Dans son exposé, la Première ministre et cheffe du gouvernement a fait remarquer que, malgré la baisse des recettes due à la guerre d’agression, le taux de change s’est stabilisé autour de 2.300 FC pour 1 dollar, contre 2.800 FC précédemment. Elle a indiqué que le projet de budget 2026 repose essentiellement sur cinq priorités majeures, à savoir: la sécurité et la défense, dotées de 11.896 milliards FC; le développement économique, l’agriculture, l’industrie et les infrastructures, avec 11.972 milliards FC; l’éducation, avec la poursuite de la gratuité de l’enseignement de base, dotée de 6.657 milliards FC; la santé universelle avec 5.579 milliards FC; enfin, la protection sociale, qui reçoit 1.211 milliards FC. Judith Suminwa Tuluka a également précisé la structure du budget en termes de budget général, évalué à 53.654 milliards FC; de budgets annexes, pour un total de 962 milliards FC; et de comptes spéciaux, à hauteur de 4.404 milliards FC.

Bien avant d’être déclaré recevable, le projet de loi des finances 2026 a fait l’objet d’un débat houleux. Un débat qui a permis aux députés d’examiner en profondeur si ce projet répondra aux attentes de la population en général et des différentes circonscriptions en particulier. C’est le cas du député Boris Mbuku, qui n’a pas mâché ses mots pour scruter le projet sous examen. Dans son intervention, il a fait des observations sur l’affectation déséquilibrée des crédits de dépense.

«On dit: ‘’La justice élève une nation’’. Mais pour que la justice élève une nation, il faut qu’elle dispose de moyens pour fonctionner. Or, quand on regarde les crédits alloués à l’organe répressif, on constate par exemple qu’au Parquet général près la Cour de cassation, on a affecté à peu près 6.329 USD. À l’Auditorat général, on a affecté 8 millions USD. L’Agence nationale de lutte contre la corruption a reçu 5 millions. Et pourtant, le travail réalisé par cette agence sera déposé devant le juge pour qu’il puisse trancher l’affaire. Quel est le critère pris en compte dans l’affectation déséquilibrée des crédits?», s’est interrogé l’élu d’Idiofa.

Au chapitre des crédits d’investissement, le député Boris Mbuku a fait le même constat. «Lorsqu’on jette un regard aux crédits alloués aux investissements dans le secteur de la justice, on a prévu la construction des maisons d’arrêt à Kinshasa/Kinkole et la réhabilitation de la Prison centrale de Makala, mais rien n’est prévu pour les provinces et les territoires», a-t-il relevé.

Pour son territoire d’Idiofa, qui compte huit prisons, Boris Mbuku a fait remarquer que rien n’a été prévu. S’agissant de l’enseignement, l’élu d’Idiofa a évoqué les difficultés que les enseignants de l’arrière-pays éprouvent pour accéder à leurs rémunérations. «Un enseignant du primaire qui perçoit 339.000 FC/mois doit parcourir plus de 40 km pour atteindre la banque payeuse, où il va passer trois à quatre jours, parfois sans rien percevoir… Au cours du mois, cet enseignant ne preste que pendant 15 jours. Quel rendement peut-on attendre d’un tel enseignant?», a-t-il demandé à la Première ministre, avant de rappeler que les enseignants de la province éducative du Kwilu III, qui ont sollicité une délocalisation de leur paie d’Afriland Bank vers une autre institution bancaire, attendent toujours la réponse du gouvernement.

L’élu d’Idiofa s’est également attardé sur la situation du ministère des Sports, qui réduit tout au football, reléguant au second plan les sports individuels comme le judo, le karaté ou la boxe, alors que ce sont ces disciplines qui ont ramené des trophées au pays. Enfin, Boris Mbuku a déploré le mauvais état des routes dans la capitale. D’où sa question à la Première ministre concernant les entreprises ayant remporté les marchés et exécutant les chantiers sur les artères de Kinshasa. Selon lui, plusieurs entreprises ont débuté les travaux depuis la saison sèche sans qu’aucun chantier ne soit achevé. «Voilà pourquoi nous exigeons la publication de la liste des entreprises qui exécutent les travaux pour un meilleur suivi», a-t-il déclaré à Judith Suminwa. En somme, plusieurs questions et suggestions ont été adressées à la Première ministre Suminwa, qui a répondu à l’ensemble des préoccupations soulevées par les élus nationaux lors du débat général.

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