
Le bureau national du Conseil de l’apostolat des laïcs catholiques -CALCC- et les délégués des mouvements d’action catholique, des commissions ecclésiales et des associations se sont réunis, samedi 30 août 2025, à Kinshasa, pour préparer leur cahier des charges pastoral autour du mois de la paix en particulier, et de l’appropriation citoyenne et populaire de la feuille de route commune de l’initiative du Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RD-Congo et dans la région des Grands lacs en général, initiée par la CENCO-ECC.
Selon le président intérimaire du bureau national du CALCC, Faustin Onombili, la démarche des laïcs trouve un écho profond dans la figure biblique de Jean-Baptiste, «voix de celui qui crie dans le désert» -Mt 3:1-3. Sa prédication annonçait la venue du Royaume de Dieu par un appel pressant à la conversion. Dans l’Évangile selon Luc 3: 10-11, Jean-Baptiste invite les foules à la solidarité en disant: «Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n’en a pas». Dans Marc 1: 4-5, il proclame un baptême de repentance, un geste communautaire de pardon et de réconciliation.
À l’entendre, ces appels résonnent clairement aujourd’hui en termes de paix, laquelle ne se réduit pas à des accords politiques ou à des slogans religieux; elle commence dans les cœurs convertis, dans des comportements justes et solidaires. C’est une véritable pastorale de proximité et une théologie citoyenne de transformation.
À l’exemple de Jean-Baptiste, les laïcs catholiques rappellent que la paix doit être vécue localement, au sein des familles, des paroisses, des quartiers et des villages. Le président intérimaire du bureau national du CALCC a souligné que cette pastorale de proximité permet d’incarner le message évangélique et de transformer les mentalités. Il s’agit d’une véritable théologie citoyenne pratique, qui fait de chaque croyant un acteur du changement social à travers la conversion intérieure, comme Saul devenu Paul après avoir rencontré le Christ, ou encore par la force du pardon, à l’image du Pape Jean-Paul II qui a su pardonner à son assassin et le conduire sur un chemin de réconciliation. Pour le CALCC, tous ces exemples montrent que la paix n’est pas une utopie, mais une expérience réelle de transformation des personnes et des sociétés.
Le mois de septembre, proclamé «mois de la paix» par les confessions religieuses, constitue un temps fort de conversion nationale pour rompre avec la haine, les divisions et les violences, et pour promouvoir le pardon, la réconciliation et la solidarité. Il s’agit d’un kairos, un moment favorable que l’Esprit suscite pour éveiller la nation. L’appel des laïcs rejoint la feuille de route commune des Églises et interpelle non seulement les croyants, mais aussi les institutions de l’État.
Le Chef de l’État et les autorités nationales sont invités à traduire cet élan spirituel et populaire en actes politiques et institutionnels concrets qui favorisent la paix et le bien-vivre ensemble. La mobilisation des laïcs catholiques s’articule aussi avec la célébration de la Journée internationale de la paix du 21 septembre, instituée par les Nations unies.
Cette convergence rappelle que la paix est à la fois un don de Dieu, fruit de la grâce et de la conversion, et une responsabilité humaine, bâtie par l’engagement citoyen et solidaire. Comme Jean-Baptiste hier, l’apostolat des laïcs catholiques aujourd’hui se fait voix prophétique. À travers leur appropriation de la feuille rendue publique le 25 août dernier et leur mobilisation pendant le mois de la paix, les laïcs catholiques offrent à la nation RD-congolaise un signe d’espérance: la paix peut devenir réalité si chacun accepte de se convertir, de pardonner et de construire, avec l’autre, une société juste et fraternelle.

