
Le Conseil interreligieux congolais -CIC- poursuit son marathon de consultations. Le jeudi 19 février 2026, une délégation conduite par l’archevêque Dodo Kamba a été reçue par le président du Conseil national de suivi de l’Accord -CNSA-, Joseph Olenghankoy. Pendant plus de deux heures, les échanges ont porté sur le projet de création d’une Commission Vérité et Réconciliation, envisagée comme un levier de décrispation et de justice transitionnelle, préparant le terrain à un dialogue national inclusif.
Une rencontre institutionnelle, loin des joutes politiques
Devant la presse, l’archevêque a tenu à clarifier la nature de cette visite. «Il faut admettre que le contexte ici change, parce que nous ne venons pas rencontrer le président Olenghankoy en tant qu’acteur politique, mais en tant que président d’une institution qui joue pleinement son rôle dans le pays», a-t-il expliqué, précisant avoir sollicité «les avis et les conseils» du patron du CNSA.
Des échanges de haute facture pour lever les doutes
Le président du CIC a reconnu que la discussion a nécessité de la pédagogie, compte tenu des attentes de son interlocuteur. «Il y a eu des échanges d’une telle intensité que cela n’a pas été facile de lui faire comprendre, car il avait besoin de toutes les assurances. Nous les lui avons fournies», a-t-il signifié. Pour le CIC, l’issue de cette audience est porteuse d’espoir, l’archevêque se disant rassuré par «l’accompagnement» du CNSA dans la suite du processus.
Synergie plutôt qu’interférence avec le dialogue national
Face aux craintes selon lesquelles cette initiative pourrait entraver ou retarder le dialogue inclusif annoncé, Dodo Kamba a été catégorique: «Nous avons dit non, et nous le répétons: non. Notre démarche vise à baliser le chemin, faciliter les choses, et rien ne contraint qui que ce soit». Il a rappelé la mission de «pasteur» que s’assigne le CIC: instaurer un climat de confiance pour garantir l’inclusivité des futurs échanges, dans l’intérêt supérieur de la nation.
Ouverture à la médiation angolaise et rigueur apostolique
Interrogé sur les consultations initiées par l’Angola, le prélat a affirmé que son organisation reste «ouverte à toute approche», soulignant que les initiatives régionales ne sont pas incompatibles avec la dynamique interne actuelle. L’archevêque a insisté sur l’ADN de cette mission: «Notre démarche est purement pastorale. J’insiste: cela n’engage que notre apostolat d’abord, et notre organe confessionnel tel que nous l’avons conçu». Pour rappel, le même mercredi 18 février, la délégation du CIC avait également été reçue à Faden House par l’opposant Martin Fayulu, confirmant sa volonté de consulter toutes les forces vives du pays.


