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RDC : JED appelle à des pressions fortes sur les rebelles de l’AFC/M23

A l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée le 3 mai de chaque année, depuis 1993, l’organisation Journaliste en danger -JED- a appelé à des pressions fortes sur les rebelles de l’AFC/M23 pour faire cesser des graves atteintes à la liberté de la presse dans l’Est de la RD-Congo. Dans un communiqué parvenu au trihebdomadaire «AfricaNews», JED a rappelé que la tragédie sécuritaire et humanitaire qui frappe cette région depuis plusieurs années n’a pas épargné les journalistes et les médias pris en étau entre les différents groupes armés.

Cette organisation indépendante des journalistes a indiqué que les professionnels des médias sont victimes de menaces, d’enlèvements, de séquestrations, de disparitions, d’enrôlements idéologiques forcés, de fermetures et de pillages des installations médiatiques.

«Alors que la Communauté internationale célèbre, ce samedi 03 mai 2025, la 32ème Journée mondiale de la liberté de la presse, la tragédie sécuritaire et humanitaire qui frappe l’Est de la République démocratique du Congo depuis plusieurs années, n’a pas épargné les journalistes et médias pris en étau des différents groupes armés», a-t-on lu dans ce communiqué.

Pour JED, le bilan de la prise de Goma fin janvier 2025, suivie de la chute de Bukavu quelques semaines plus tard, par les rebelles de l’AFC/M23 appuyés par l’armée rwandaise, est particulièrement lourd pour la presse RD-congolaise. Au moment où s’annoncent des pourparlers diplomatiques pour un retour de la paix dans cette partie du pays, JED en appelle à des actions urgentes pour mettre fin aux violations des droits de l’homme, et aux graves atteintes à la liberté de la presse qui se commettent dans les territoires sous contrôle des rebelles de l’AFC/M23. D’après JED, seuls des médias et une presse libre peuvent accompagner efficacement les dynamiques de paix en cours dans un environnement de sécurité pour les journalistes.

«Les affrontements entre les Forces armées de la RD-Congo -FARDC-, et ces milices rebelles ont fait des milliers de morts; provoqué des mouvements massifs des populations, et réduits plusieurs médias locaux au silence. La progression des rebelles dans plusieurs localités sous leur contrôle et où ils tentent de soumettre les médias à leur idéologie, a contraint une cinquantaine de journalistes à fuir les zones occupées pour trouver refuge ailleurs», a expliqué cette organisation qui lutte pour la liberté de la presse.

Par ailleurs, JED a souligné  que le nombre des attaques ciblées contre les journalistes et les restrictions contre la liberté de l’information enregistrés, depuis le début de l’année, dans les deux provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, est le plus important de toutes les provinces de la RD-Congo. «Il s’agit des deux menaces directes à l’intégrité physique des journalistes; des radios vandalisées, fermées ou censurées pour empêcher les journalistes d’être les témoins de toutes sortes d’exactions et des crimes qui se commettent sous l’administration des rebelles. Et pour couronner le tout, l’enrôlement forcé, sous couvert des formations idéologiques, des journalistes dans des camps de formation où ils apprennent le maniement des armes», a regretté JED.

Cette structure s’est, en même temps, insurgée contre l’enrôlement forcé des journalistes dans les rangs de la rébellion qui consacre la fin des médias indépendants et la mort du journalisme professionnel dans ces territoires. De même, l’imposition d’un black-out sur toutes les informations provenant des territoires sous contrôle du gouvernement et l’interdiction faite à tous les médias de relayer des propos ou déclarations négatives sur le mouvement rebelle.

Cette même source a indiqué que ces interdictions ont été faites lors d’une réunion tenue à Bukavu -Sud-Kivu-, le 23 février 2025, par des responsables de la communication de l’AFC/M23, devant une soixantaine de responsables des médias et des journalistes de la province qui ont reçu à cette occasion une dizaine de directives. «Toutes ces attaques et menaces à l’intégrité physique des journalistes; les pressions pour forcer les médias à diffuser des informations contrôlées; ainsi que l’enrôlement idéologique des journalistes violent le droit international sur la liberté de la presse et d’expression et constituent des crimes dont les responsables ne peuvent demeurer impunis», a révélé cette organisation.

Le respect du travail des journalistes et de leurs droits recommandé

Dénonçant vigoureusement ce climat général d’insécurité dans lequel travaillent les journalistes RD-congolais dans les zones sous contrôle de la rébellion, JED a appelé ces forces rebelles au respect du travail des journalistes et de leurs droits. Et de conclure: «alors que s’annoncent des pourparlers pour la fin de la guerre à l’Est entre la République démocratique du Congo et le Rwanda sous la médiation des Etats Unis, JED demande à tous les protagonistes, que soit inscrite à l’agenda de ces négociations, la question de la liberté des médias et la protection des journalistes, pour un engagement conséquent des médias dans les processus de paix en cours dans la région».

Hénoc AKANO

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